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4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La tanière du dragon,
Par Alexis Bidault "Ex-Cowboy" (Tours, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dragonslayer (CD)
Démarré comme un projet solo par Spencer Krug, moitié chantante de Wolf Parade et collaborateur régulier de Frog Eyes, Sunset Rubdown est au fil du temps et des chansons devenu un véritable groupe, au sein duquel, sans présager de la part de démocratie qui y règne, les musiciens qui le composent ont l'occasion de véritablement s'exprimer.On s'en rend immédiatement compte à l'écoute de ce Dragonslayer où les omnipotents claviers de Krug ne règnent plus en maitre, mais sont rejoints en tête de proue par des guitares malines, des percussions hypnotiques, et une basse cajoleuse. Cette nouvelle configuration apporte un surplus d'énergie, et peut-être de cohésion aux chansons, qui perdent par la même occasion une partie de leur originalité et de leur excentricité. On pense ainsi beaucoup plus à Wolf Parade ici qu'on ne le faisait à l'écoute de Shut Up I Am Dreaming ou Random Spirit Lover. On pense aussi parfois à Arcade Fire, pour cette faculté que les deux groupes ont désormais en commun à rendre fédératrices et vibrantes les émotions qu'expriment sans détour et avec force trémolos leurs morceaux. Il nous semble aussi que l'esprit du génial Bowie des années 70 est invoqué par ces chansons lyriques et épiques, qui ne reculent devant aucune ascension, pas même les plus ardues et qui, grâce à des qualités mélodiques hors du commun, repoussent ingénument les risques de se casser la gueule avec fracas en s'empêtrant dans des boursouflures progressives. L'emphase et la théatralité, trop souvent fossoyeuyes du bon goût, sont ici, fait rare, les meilleurs amis de ces chansons radieuses, aux structures alambiquées mais fluides, savantes mais pop, qui dévalent des montagnes russes de notes avec une grâce rarement démentie et sans jamais tomber dans l'écueil d'en faire trop. Non, ces hymnes intimes, qu'on n'entendra jamais dans les stades, nous transportent et nous transpercent, portés par le chant qui touche au coeur de Krug, parfois accompagné par des contrepoints toujours parfaits d'une voix féminine qui réhausse encore ces morceaux, déjà bien assaisonnés, d'une pointe de magie. Ainsi, on l'aura compris, les meilleurs moments de cet album touchent au sublime et s'incrustent dans nos synapses au fur et à mesure des écoutes répétées qui révèlent de nouvelles strates hypnotiques d'instruments et de sons. Comme tous les élèves que l'on s'est habitué à voir tutoyer l'excellence, Sunset Rubdown a élevé notre exigence au point qu'on en attend et espère toujours plus de lui que de ses congénères qui se débattent sans inspiration dans la normalité convenue d'un indie-rock de plus en plus formaté qui n'a jamais aussi mal porté son nom. De ce fait, au cours de ce Dragonslayer, Sunset Rubdown semble parfois perdre de sa superbe et au moins deux chansons ne se hissent pas à la hauteur qu'atteignent sans effort la troublante Silver Moons, le grandiose Dragon's Lair qui conclut le disque, l'agité Black Swan ou encore le sublime December Song. Plus ordinaires, ces chansons possèdent pourtant toutes ces moments où l'on abandonne tout réticence pour s'y abandonner, qui font qu'on ne souhaiterait pour rien au monde ne les avoir jamais rencontrées. Plus ramassé et concis que son prédecesseur, l'inusable Random Spirit Lover, plus classique à bien des égards, ce très beau Dragon's Lair est une nouvelle preuve éclatante du talent de songwriter de Spencer Krug et de la vitalité essentielle de sa musique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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