C'est dans cet OVNI que l'on pourra le découvrir. Le mix de Dixie Dregs a toujours été unique : les musiques s'y rencontrent, s'y mèlent mais ne perdant jamais leurs qualités propres, elles se voient dépassées dans un style et un son inimitable et parfaitement reconnaissable. Le niveau des musiciens est incroyable et l'émulation qui naît de leur complicité sert merveilleusement des compos pêchues, virtuoses et aventureuses. Rock, country, funk, prog et jazz rock tout y passe dans des assemblages nouveaux et exhaltants. "Broad strut street" a des allures de grand rock song instrumental, "Twiggs approved" un funk blues appuyé où le son de Steve Morse (qui officie aujourd'hui dans Deep Purple) est effarant. La grande baffe, bien sûr c'est le long morceau "I'am freaking out" (tr. "je flippe à mort") : vu le niveau de ce qui suit cela peut se concevoir. Si le jeu de Rod Morgenstein a pu vous impresionner dans (Platypus ou même Jazz is Dead), jetez une oreille ici. Fou tout simplement. Andy West, un bassiste absolument monumental, brille sur tout l'album, et particulièrement ici dans une belle tuerie slap : genre croisement de Stanley Clarcke, John Entwistle et Chris Squire (pour le jeu au médiator). Quant à Steve Morse son style exceptionel est au zénith sur cet album et bien sur lors des joutes habituelles dans la musique de Dixie avec le violon d'Alan Sloan, qui virevolte du violon country au meilleur jazz rock à la Ponty.On dit du Dregs qu'il est l'influence majeure de Dream Theater. Mouaaiiis? Les deux pieds ancrés dans les terrains du blues et du country, la fusion de Dixie Dregs groove, balance, surprend et tourbilonne : la virtuosité folle n'y est jamais de l'épate, et Dixie n'est jamais heavy. Des qualités qui font toute la différence.