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Après un album de reprises de rock'n'roll, le récréatif Run Devil Run, Paul McCartney s'offre à 60 ans une pause bien méritée avec un album qui est comme un retour à la case départ de sa carrière en solo, celle du chef- d'oœuvre toujours inégalé : Ram. Le vétéran ne se prend pas la tête, ouvrageant quelques chansons pop que nombre de ses collègues mettraient volontiers à leur répertoire, des Crowded House à Elvis Costello. Serein, l'ex-Beatle aborde tous les thèmes qui lui tiennent à cœur et notamment les femmes, dédiant à son épouse disparue, Linda, l'exquis "Magic". C'est toutefois sur les tempos bluesy que sa sincérité fait mouche : sur "Lonely Road" par exemple, ou les dix minutes de "Rinse The Raindrops" qui referme un album plus qu'honnête dont la sortie, sacré hasard du calendrier, coïncide avec celle de disques parallèlement mis en boîte par les dinosaures Mick Jagger et Elton John. --Hervé Comte
Compact
Beatleserie. Cela fait un bail que "Macca" n'avait pas sorti, hormis son disque de reprises, un album de véritables chansons. Driving Rain se veut non simplement un retour à une certaine simplicité, mais aussi à quelque chose qui préexistait aux Wings, à savoir des conditions d'enregistrement presque artisanales. Le corollaire en est que la seule force des compositions est censée "tenir" le disque et, sur ce registre, l'on n'est pas déçu. Si l'on ne retourne pas pour autant véritablement vers ce qui a pu faire le succès des Beatles, à savoir ce talent mélodique hors pair couplé à une extraordinaire faculté à proposer arrangements et harmonies vocales irréels, l'album s'écoute sans déplaisir, parfois une certaine nostalgie et évidemment beaucoup de regrets.