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Droit de l'homme et diplomatie : Entre éthique et volonté de puissance
 
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Droit de l'homme et diplomatie : Entre éthique et volonté de puissance [Broché]

Bertrand Badie

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Descriptions du produit

Futuribles

« En ces temps d’après-guerre froide, on joue beaucoup avec les droits de l’homme » écrit Bertrand Badie, professeur de science politique, spécialiste des relations internationales à l’Institut d’études politiques de Paris et qui, dans cet ouvrage, s’attache à examiner l’hypothèse d’une improbable alchimie, « d’une pratique nouvelle et déconcertante de la vie internationale » qui combine les jeux classiques de la puissance et les droits de l’humanité.
Droits de l’homme et diplomatie relèvent en effet de répertoires qui ne se ressemblent pas et qui distinguent clairement « posture et action » (Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères), la première relevant du « moralisme affiché » et la seconde de « la justesse des résultats obtenus ». Mais pour B. Badie, cette mésentente entre l’international et les droits de l’homme n’est pas une fatalité. Si la « diplomatie des droits de l’homme » est « le rendez-vous de toutes les ambiguïtés de la vie internationale, vrai laboratoire de cynisme, d’hypocrisie et de manipulations », elle est aussi, écrit l’auteur, « le début d’une histoire nouvelle : en semant la graine de la mauvaise conscience et en préparant des étapes ultérieures autrement plus décisives ».
L’ouvrage analyse donc cette émergence d’un « humanisme international entre illusions et réalités ». Il ne s’agit pas de proclamer la fin d’un ordre international dominé par le principe de souveraineté des États et les jeux réalistes de la puissance mais d’adopter un regard sociologique attentif aux mutations affectant la politique internationale et qui révèlent un nouvel « univers de référence » et de « nouveaux acteurs ».
Nouvel « univers de référence » car dans l’interdépendance qui caractérise le système international contemporain, la puissance est moins efficace alors que le transnational se banalise et que la sécurité nationale perd « sa valeur emblématique et souveraine », « s’efface peu à peu devant une sécurité humaine qui ne connaît plus de frontières ». De là, un humanisme international qui devient dorénavant « le substrat banal de toute politique internationale » et d’où découle peu à peu la conviction « qu’à un univers mondialisé correspond une exigence d’ordre social qui passe par une intégration internationale minimale ».
Une multitude d’acteurs (organisation non gouvernementales, médias, villes, intellectuels, acteurs religieux, réseaux associatifs…) s’est de surcroît saisie des questions internationales qui ne ressortissent plus du monopole d’État mais « d’un monde qui fait de l’international un objet d’informations et de débats publics ». Dans le système qui émerge, l’équilibre est forcément instable entre le monde des États et l’espace public international, mais c’est désormais « des modalités même de leur articulation que dépend l’évolution des grands enjeux internationaux ». Selon l’auteur c’est finalement à partir d’un calcul très réaliste et utilitaire des États « des façons d’être, de faire et d’assurer sa propre sécurité » que devrait se renforcer la dimension responsable et morale de l’action internationale et se créer « les bases solides d’un indispensable universalisme. » --Yann Vinh

Présentation de l'éditeur

Il devient banal de parler des droits de l'Homme dans la vie internationale : certains Etats se prévalent d'une diplomatie des droits de l'Homme dont la constance et l'efficacité sont sujettes à caution : les ONG humanitaires croissent et se multiplient sans convaincre toujours ; la promotion des grandes causes justifie couramment interventions, ingérences ou actions violentes. On se demande parfois si le remède n'est pas pire que le mal...

Cinq grandes questions au moins se posent :
- Les droits de l'Homme sont-ils toujours premiers : ne cachent-ils pas d'autres fonctions politiques ?
- Les Etats sont-ils bien armés pour défendre les droits de l'Homme face aux résistances du réalisme, face aux impératifs économiques, face aux défauts de puissance, face aux coûts de l'intervention, face à un droit résolument souverain, face aux interdépendances entre gouvernants ?
- L'espace public international, fait d'opinions publiques, de réseaux associatifs, de mouvements transnationaux et surtout d'une capacité et de prise de parole, n'est-il pas mieux adapté ? Parvient-il à mettre les Etats sous surveillance ou se prête-t-il à des connivences ?
- La judiciarisation progressive de la scène internationale, de La Haye à Arusha, de Pinochet à Habré, ne révèle-t-elle pas, encore au-delà, un déplacement du sujet : du peuple souverain au nom duquel on rendait la justice à une humanité méta-souveraine au nom de qui on ne sait pas encore rendre la justice ?
- La démocratie ne va-t-elle pas prendre sa revanche là où on ne l'attendait pas : dans le calcul réaliste de ceux qui découvrent aujourd'hui que les dictatures étaient hier utiles et qu'elles sont coûteuses et encombrantes aujourd'hui alors que triomphent les besoins d'intégration ?

Parfois capable et parfois dépassé, parfois demandeur et parfois méfiant, l'Etat est au centre des vagues causées par cette demande internationale de droits de l'Homme. Celle-ci tient précisément sa complexité de la pluralité des logiques qui la fondent, des conséquences imprévues qui la surprennent, de la résistance institutionnelle qui la bloquent. En cela, elle est très symptomatique des données nouvelles de la vie internationale, de ses impasses et de ses promesses.

L'auteur vu par l'éditeur

Professeur de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie est l'auteur de plusieurs ouvrages pour la plupart publiés chez Fayard. Tous sont des livres de fonds régulièrement réimprimés (et également traduits) : L'Etat importé (1993), Un monde sans souveraineté (1999).
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