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Droit naturel et histoire
 
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Droit naturel et histoire [Poche]

Leo Strauss
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Poche EUR 8,74  
Poche, 4 janvier 1999 --  
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Droit naturel et histoire Droit naturel et histoire 5.0 étoiles sur 5 (4)
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Droit naturel et histoire, maître livre de Leo Strauss, est reconnu comme un classique de la philosophie de notre siècle, spécialement de la philosophie politique. Leo Strauss illustre et défend l'idée de droit naturel contre tout relativisme historique. Pour lui, le besoin du droit naturel est manifeste. En effet, rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif ; autrement dit, que le droit est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or, on ne contestera pas qu'il existe des lois ou des décisions que l'on déclarera injustes. Au nom de quoi faire cette déclaration ? La réponse est donnée majoritairement de nos jours par les sciences sociales qui rejettent le droit naturel au nom de l'histoire et au nom de la différence entre Faits et Valeurs. Leo Strauss s'inscrit en faux contre cette réduction et plaide pour le maintien de la notion de droit naturel, seule source, selon lui, d'une pensée du Juste et de l'Injuste. Depuis Grotius (Le Droit des Gens), la notion de droit naturel est au principe de la philosophie politique moderne (Hobbes, Rousseau...). Dans sa forme classique, le droit naturel est lié à une perspective téléologique de l'univers. Comment le repenser sous une forme actuelle ? Tel est le dessein de l'ouvrage de Leo Strauss. Ecrit dans une langue très claire et précise, proposant des analyses remarquables de Machiavel, Hobbes, Locke, Rousseau et Burke, Droit naturel et Histoire est un livre d'une exceptionnelle valeur. --Ce texte fait référence à lédition Poche .

Biographie de l'auteur

Disparu en 1973, Leo Strauss était un des plus remarquables philosophes de ce temps. D'origine allemande, il avait émigré aux Etats-Unis où il enseigna longtemps les grands maîtres de la philosophie politique. --Ce texte fait référence à lédition Poche .

Détails sur le produit

  • Poche: 323 pages
  • Editeur : Flammarion (4 janvier 1999)
  • Collection : Champs
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2080811584
  • ISBN-13: 978-2080811585
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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Commentaires client les plus utiles
21 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Poche
C'est d'une part le livre le plus accessible de Leo Strauss, d'autre part son ouvrage essentiel qui présente un panorama complet de l'évolution de la philosophie politique,de la philisophie politique classique à la philosophie politique moderne, issue des Lumières.
Il met l'accent sur les dérives de la modernité dont le résultat seront les totalitarismes du XX° siècle, le communisme et le nazisme, dont le point commun est la soumission à un déterminisme (de l'histoire chez les communistes, du sang et de la terre chez les nazis).
Mais il n'est pas question pour autant de procéder par "reductio ad hitlerum" (comme adhorent le faire aujourd'hui nos nouveaux gardiens de l'ordre moral), mais de pointer les dérives que contenait la philosophie politique moderne en conférent une toute puissance à la raison et en gommant la dimension transcendentale de l'homme, ce qui était le propre de la philosophie politique classique.
Le résultat en est le relativisme des valeurs et l'oubli que la finalité de la société est le bien commun.
Aujourd'hui, quand le relativisme des valeurs a triomphé, avec sa conséquence, le nihilisme, qu'il soit passif ou violent, lire "Droit naturel et histoire" est une excellente introduction au retour nécessaire aux fondamentaux de la philosophie politique.
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Jean-paul Lacharme TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
L'ouvrage de Leo Strauss mérite une lecture attentive, donc une relecture si la première a été un peu rapide (c'est mon cas, d'où la réécriture du commentaire). Son objet est fondamental : existe-il un droit naturel transcendant l'histoire et les peuples, accessible à tous par un raisonnement simple ou par intuition, droit éclairant socialement ce que sont le bien et le mal, et menant de là à l'établissement de la société la moins mauvaise permettant la vie bonne. Pour établir cela, il fallait commencer par une critique de l'historicisme et s'attaquer à l'un de ses meilleurs représentant, Max Weber (le plus grand sociologue du siècle d'après LS) via deux écrits importants : « Essai sur la théorie de la Science » et « Sociologie des Religions ». Critique de l'historicisme, car celui-ci mène au scepticisme puis au nihilisme.
Il recherche ensuite l'origine du droit naturel qu'il lie à l'apparition de la philosophie, puis passe brillamment en revue les théories classiques chez Socrate, Platon (La République), Aristote (Ethique à Nicomaque), Cicéron (La République, Des Lois), Thomas d'Aquin (Somme théologique), puis chez les modernes : Hobbes considéré comme le fondateur du libéralisme (Léviathan), Machiavel et le prudent et hédoniste Locke (Les deux traités de gouvernement civil). Il termine l'ouvrage par les analyses de deux grands auteurs caractérisant des voies de recherches orthogonales aux premières : Rousseau et Burke (peu connu du grand public).
Le style de Strauss est d'une extraordinaire clarté. Les points clés des auteurs étudiés sont mis en évidence et résumés par des formules simples, afin de pointer oppositions ou convergences. Le point de vue personnel de l'auteur n'est finalement pas évident au fil du texte. Bien que celui-ci soit notoirement classé à droite -ce qui explique l'ignorance dont il fait l'objet au sein de notre communauté de chercheurs en sciences sociales-, l'ouvrage est d'une utilité fondamentale pour repenser le politique à sa racine.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Poche
Le titre de mon commentaire est réducteur tant l'ouvrage écrit par le philosophe Leo Strauss (1899 - 1973) est riche, élégant, fin, profond. Combien de fois ai-je lu et relu des passages entiers pour saisir la subtilité du propos, la force didactique de la démonstration, la nuance de la référence philosophique ? Combien de stations de métro ai-je raté. Mes temps de déplacement ont été multipliés par trois, étant un lecteur itinérant (je lis beaucoup en marchant, crayon dans l'autre main pour les annotations). Je remercie très sincèrement le Professeur Claude Rochet (alias Jules Théophraste sur Amazon), grand admirateur de ce philosophe, de m'avoir aussi bien guidé dans le choix de cet ouvrage précieux.

Rappelant dès l'introduction la force et l'élévation de la Déclaration d'Indépendance (de la Nation américaine) :
"Nous tenons pour évidentes en elles-mêmes ces vérités, que tous les hommes naissent égaux, qu'ils ont été investis par leur Créateur de certains Droits inaliénables parmi lesquels sont les droits à la Vie, la Liberté et la recherche du Bonheur", Leo Strauss va s'attacher à dégager les lignes de force de notre compréhension de ce qu'est la substance du "droit naturel". Car le bien commun est une source fondatrice de la légitimité des décisions (Claude Rochet).

Les dangers de le méconnaître sont avérés, car ils conduisent au pire et leur actualité est criante, s'adressant aux libéraux :

"Si nos principes n'ont d'autre fondement que notre préférence aveugle, rien n'est défendu de ce que l'audace de l'homme le poussera à faire. L'abandon actuel du droit naturel conduit au nihilisme; bien plus, il s'identifie au nihilisme". (p.16)

L'auteur poursuit :

"Cela n'empêche pas nos généreux libéraux de considérer cet abandon non seulement avec placidité mais même avec soulagement. Ils semblent croire que notre incapacité à acquérir une connaissance authentique de ce qui est en soi bon ou juste nous oblige à tolérer toutes les opinions sur ce qui est bon ou juste, ou à tenir pour également respectables toutes les préférences ou toutes les "civilisations". Seule une tolérance absolue est conforme à la raison. Mais ceci nous amène à admettre un droit rationnel ou naturel de toute préférence qui tolère les autres ou, si nous nous exprimons par la négative, à admettre le droit rationnel ou naturel de rejeter ou de condamner toutes positions intolérantes ou "absolutistes" : les condamner, car elles s'appuient sur des prémisses dont on peut démontrer la fausseté, à savoir le fait que les hommes sont capables de connaître ce qui est bon". (p.17)

Continuons :

"Lorsque les libéraux vinrent à supporter difficilement la limitation absolue de la diversité ou de l'individualité qu'avaient posée les interprètes même les plus libéraux du droit naturel, ils eurent à choisir entre le droit naturel et l'épanouissement sans frein de l'individu. Ils optèrent pour la seconde solution. A ce point, la tolérance apparut comme une valeur ou un idéal entre mille, et non comme une valeur intrinsèquement supérieure à son contraire. Autrement dit, l'intolérance apparut comme une valeur égale en dignité à la tolérance. (...)"

A apprendre par coeur :

"Le relativisme libéral est enraciné dans la tradition de tolérance du droit naturel, ou dans l'idée que n'importe qui a le droit naturel de rechercher le bonheur tel qu'il l'entend; mais pris en lui-même, il est un séminaire d'intolérance."

Leo Strauss nous conduit de l'Antiquité, par une rare connaissance profonde des philosophes grecs (Socrate, Platon, Aristote,...) et latins (Cicéron notamment) dont l'enseignement est renforcé par Saint Thomas d'Aquin, aux philosophes des Lumières (Hobbes, Locke, Rousseau), qui vont, dans leurs référents hédonistes, pervertir la notion dégagée par les philosophes de l'Antiquité, du droit naturel.

"Socrate (...) sous- entendait que la "mise en doute universelle" de toutes les opinions nous conduirait non pas au coeur de la vérité mais dans le vide. Philosopher, c'est donc parvenir du monde de l'opinion [parcelle souillée d'une vérité pure] à celui de la connaissance ou de la vérité, en s'aidant des opinions". (p.118)

C'est ainsi "qu'il devient possible de comprendre pourquoi la diversité des opinions sur le droit ou la justice n'est pas seulement compatible avec l'existence du droit naturel ou l'idée de justice mais devient une de ses conditions." (p.119)

En conclusion, sur Burke, dénonçant radicalement la genèse des sociétés totalitaires héritées des Lumières, "l'ordre social ou politique sain ne devait pas être "formé selon un plan régulier ou avec une unité de projet", parce que des façons d'agir aussi "systématiques", une telle "présomption de la sagesse des inventions humaines" serait incompatible avec le plus haut degré possible de "liberté personnelle" : l'Etat doit rechercher "la plus grande diversité des fins" et doit aussi peu que possible "sacrifier l'une de ces fins à l'autre ou au tout" (...) C'est pour cette raison que la genèse de l'ordre social sain doit être aussi proche qu'il se peut d'un processus naturel imperceptible : le naturel est l'individuel, et l'universel est une création de l'entendement. Le caractère naturel et le libre épanouissement de l'individualité sont une seule et même chose. Par suite, le libre développement de l'individu, loin de conduire au chaos, est à l'origine du meilleur ordre, un ordre qui n'est pas seulement compatible avec "une irrégularité dans la masse totale", mais qui la requiert. Il y a de la beauté dans l'irrégularité : "la méthode et l'exactitude, l'âme de la proportion, sont plus préjudiciables que profitables à la cause de la beauté". (p.279)
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