Troisième épisode des aventures du plus fabuleux des Taraf, Dumbala Dumba débute dans les rues de Cléjani, village près de Bucarest. Une voix de femme, un chien qui aboie, un vieillard édenté faisant la leçon à un gamin : le décor est planté. Bienvenue en Tsiganie, quartier où résonnent horas, sirbas, cintec et autre jamparales. Découverts en 1990 par deux belges, Stéphane Karo et Michel Winter, les membres du Taraf de Haïdouks sont tous d'authentiques lautari. Formés dès leur plus jeune âge, ils connaissent le répertoire traditionnel roumain sur le bout des archets. Au sein du taraf, orchestre à géométrie variable, ces virtuoses peuvent jouer durant des heures et à toutes occasions, du mariage à l'enterrement en passant par les baptèmes ou les récoltes. Mais qu'elle soit triste ou joyeuse, dépouillée ou luxuriante, la musique de ses bandits d'honneur reste avant tout prodigieusement libre et inventive. Sur Dumbala Dumba, on ne sait jamais vraiment, à l'image du peuple tsigane lui-même, où l'on va. Accompagné, entre autre, par la chanteuse Viorica, on passe sans complexe d'une complainte (Hora ca la ursari) à une fanfaronnade (Tot taraful), d'une ballade épique (Mestere Manole)à une chanson humoristique (Cuculetu). L'accordéon y aboie au clair de lune, le violon grinche avant de mieux s'emballer et le cymballum lui emboite le pas. Espiègles, sincères, parfois grivois et un peu arnaqueurs, les musiciens du Taraf sont d'infatigables agitateurs de l'ordre public. Ils sont incontrôlables et terriblement malicieux. Presque magiques.