Portishead, c'est un duo ... ici de trois personnes. Geoff Barrow, grouillot dans les studios de Bristol aux machines, Beth Gibbons, chanteuse au chômage, et le guitariste Adrian Utley qui cosigne les 2/3 des titres.
La musique, quand on est à Bristol au début des années 90, est fortement influencée par Massive Attack et les gens qui gravitent autour (Tricky, Neneh Cherry, ... tous remerciés dans les notes du livret). Alors, après la musique du cafard qui se danse au début des années 80 (Cure, Joy Division, ...), arrive avec Portishead la musique du cafard qui fait lentement dodeliner de la tête. Basée sur des rythmiques lentes, lourdes, imitant ou samplant des vieilleries soul ou jazzy, avec par-dessus la belle voix triste de Beth Gibbons.
Moins mélodiques que les premiers Massive Attack, moins noire que Tricky, l'ambiance relativement uniforme de cette dizaine de titres posera les fondations définitives de ce que l'on appellera désormais trip-hop. Boosté par le succès des deux simples « Sour times » et « Glory box », ce « Dummy » reste à ce jour le meilleur de la discographie clairsemée de Portishead.
Tout de même déconseillé aux dépressifs ...