Sans entrer dans l'éternel débat gentils-étrangers-déracinés-vilains-français-racistes, ce film reste valable, et parfaitement regardable. Ce n'est pas tant un film sur le racisme vil et basique, mais plus un remaquable témoignage sur la bêtise, et la lâchété. Un film ou l'on constate avec effroi la force aveugle et imbécile de l'effet de groupe, ou plutôt de "meute". Mais ce qui fait qu'il viellit bien, ce sont ses interprêtes. Tous, sans exception (Lanoux, Carmet, Jean Bouise, Marielle, hallucinant "Zitrone-local" Isabelle Huppert, le fils, le gérant et les clients du camping, les travailleurs immigrés...), tous sont excellents, et signent pour pas mal d'entre eux un des meilleurs rôles de leur carrière. Et c'est à mon avis en celà que ce film est encore dérangeant : les acteurs ne jouent pas, ils vivent tous leurs rôles. Regardez V.Lanoux expliquer comment "il collait les fells au mur", les huissiers coincés "bcbg" effarés devant un soutien-gorge, les réactions sur la plage au moment du règlement des "chouchous", le bal populaire flon-flon, les retrouvailles "bidochonesques" dans le camping, etc etc. Que les victimes de ce film soient nord-africaines ou pas, celà ne change pas grand chose, si ce n'est une connotation raciste, qui accentue la tension que l'on ressent encore à la vision de ce film. Mais c'est plus la médiocrité, la bêtise humaine, et la misère "intellectuelle" qui sont les moteurs de ce film, qui mérite des louanges.