Marcel Dupré est né à Rouen en 1886. Son père, Albert Dupré (qui deviendra en 1911 titulaire des grandes orgues de l'église abbatiale Saint-Ouen à Rouen) commence très tôt la formation musicale de son fils. À l'âge de quatre ans, il est atteint d'ostéomyélite et doit subir l'ablation de la clavicule droite et garder le lit pendant plus de six mois. Il commence à travailler avec Alexandre Guilmant en 1897 ; et l'année suivante, à onze ans, il devient titulaire du grand orgue de Saint Vivien à Rouen. En 1902, il entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Louis Diémer et, en 1906, Charles-Marie Widor le désigne comme son suppléant au grand orgue de l'église Saint-Sulpice En 1914, la cantate « Psyché » lui vaut le Premier Grand Prix de Rome ; la guerre l'empêche cependant d'aller séjourner à la Villa Médicis. Étant inapte au service militaire, il reste à Paris, et écrit les Quatre motets Op. 9, dont la première audition sera donnée à Rouen en 1917. En 1939, il fait le tour du monde, donnant quarante concerts en Australie et soixante aux États-Unis et au Canada, dont l'intégrale de Bach à Montréal. En 1925, il s'était installé à Meudon et, en 1926, après la mort de Gigout, il fut nommé professeur d'orgue au Conservatoire de Paris et y enseignera jusqu'en 1954. Après de nombreuses années comme suppléant, Dupré succèdera enfin à Widor en 1934 comme titulaire du grand orgue de Saint-Sulpice, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort. Pendant deux ans, de 1954 à 1956, il dirigea le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il est mort à Meudon (Hauts-de-Seine) en 1971.
Bien entendu, il a beaucoup écrit pour l'orgue seul. Pour orgue et orchestre, on trouve une Symphonie en sol mineur (1927-1928) Op. 25, et un Concerto en mi mineur (1934) Op. 31. Il compose également une « Ballade » (1932) Op. 30 et une Sinfonia (1946) Op. 42 pour piano et orgue. Dans le domaine de la musique de chambre, on lui doit une Sonate pour violon et piano, Op. 5 (1909), la « Cantilène et Légende » pour violoncelle et piano (1916) Op. 13, la « Berceuse enfantine » pour les mêmes instruments (1916), deux recueils de mélodies « À l'amie perdue » Op. 11 et « sept mélodies orchestrales » (1911), « Marquise », « Les Deux Soeurs » et « Deux Chansons de Bilitis » (1943), ainsi qu'un Oratorio, « La France au Calvaire » pour soli, choeurs, orchestre et orgue, Op. 49, sur un poème de René Herval, exécuté le 25 juin 1956 pour l'inauguration de la réouverture de la cathédrale de Rouen.