Je ne suis pas fana de cette littérature façon "culte", dont les ficelles sont un tantinet trop grosses et les ressorts philosophiques au point de rupture, si bien qu'entre les lignes il n'y ait rien dont on puisse durablement se rassasier. Dusapin a d'autant plus de mérite d'avoir produit, composer plutôt ce chef d'oeuvre de liberté qui mêle allégrement les styles, les sons, les atmosphères théatrales, la touche de mystère, qui, faute de vraie dramaturgie, assure la conduite du récit, mais l'assure musicalement. La réalisation orchestrale m'a paru très bien, etles voix correctes. Après tout, en opera, le musicien exige la maîtrise totale, en artisan furieux qu'il se doit d'être.
Et puisqu'il y a encore - et tant mieux - un marché pour l'opéra, réjouissons-nous de la place occupée par des musiciens de cette trempe, qui vont j'espère parvenir à endiguer cette absurde résurrection de tacherons italiens du début XXième que l'on doit, hélas, au festival de Montpellier. Les musiciens de cette belle ville nous prouvent dans ce disque qu'ils vallent mieux en créant des oeuvres de leur temps que de jouer les croquemorts pour de vieux musicologues aigris qui sont également des compositeurs ratés.