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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
George Szell rendait « aux trois dernières symphonies de Dvorak leur communauté d'écriture avec celles de Schumann et de Brahms,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorak : Symphonies n° 8 et n° 9 "Du Nouveau Monde" (CD)
C'est dans le même esprit d'analyse, de méticulosité, de respect absolu des structures formelles qu'il les interprète. Une telle approche réussit tout particulièrement à la [...] "Symphonie du Nouveau Monde", ennoblie par tant de perfection dans la mise en place architecturale [...] La Symphonie en sol, de structure plus rustique, laisse voir par contre davantage la densité de son discours que la générosité de son message » écrivait Pierre-Emile Barbier dans le magazine Diapason d'octobre 1998 au sujet de cet autre double-album, incluant les enregistrements ici réédités.Avant la présente version de mars 1959, Szell avait déjà enregistré deux fois la célèbre n°9 : en avril 1937 à Londres avec la Philharmonie tchèque, et en janvier 1952 pour Columbia, avec l'orchestre de Cleveland. Cette précédente mouture se distinguait par des timbres plus bruts (cors rauques, cordes sèches mais aussi très émouvantes dans les sourdines crépusculaires à la fin du Largo) et des rythmes souvent plus nerveux qu'ici (décapante lecture du Finale). En 1959, la lenteur du Largo se justifie par la retenue générale et par quelques moments magiques : mesure 73-77 (6'20-6'54), Szell anticipe le « meno mosso » par un ralenti (noire à 35, 40 en 1952) qui suspend le temps comme rarement entendu dans ce passage. L'interprétation du Finale accuse aussi le contraste rythmique : noire à 150 pour attiser la fougue de l'Allegro, contrebalancée par des moments de répit étalés fort langoureusement : les cordes entre 6'41-7'20, mesures 227-241. La prise de son focalise maints détails qui participent à l'impression d'une extraordinaire netteté d'exécution. Dans le premier mouvement, notez les appels tranchants des violoncelles (4'39-4'46). Ou dans le Finale, les figurations d'altos (4'22-4'56) aiguisées très prestement comme en 1952. Quand Szell joua la symphonie n° 8 en 1948 à Cleveland, ce fut seulement la seconde fois que l'interprétait cet orchestre fondé trente ans auparavant. Durant le quart de siècle que dura ensuite son mandat à la tête de cette phalange, elle y fut reprogrammée à sept reprises, et captée par Emi en avril 1970, peu avant la mort du maestro. Dans l'enregistrement d'octobre-novembre 1958, le chef hongrois valorise la filiation romantique de cette oeuvre joyeuse et ensoleillée, en y faisant sentir les influences germaniques plutôt que la verdeur du folklore tchèque. Cette lecture s'habille moelleusement dans un quatuor de cordes très étoffé qui assouplit le lyrisme plutôt qu'il n'en marque les élans : ainsi le doux phrasé des violoncellistes dans la transition Poco meno mosso (4'08) du premier mouvement. La tension s'en trouve parfois amoindrie : les échanges flûtes / hautbois (mesure 145, 4'50) amènent prudemment le climax. L'exubérance qu'on attend dans la conclusion s'escamote par une volonté de minimiser l'éclat des cuivres : mesure 283 (8'58), le trémolo des violons masque la vigoureuse descente arpégée des trombonistes. Idem à 9'45 (311-312) : la batterie de sextolets (ré à l'octave) par les trompettes reste peu audible, alors qu'elle s'osait stridente en 1951 avec le Concertgebouworkest (Decca). Dans l'Adagio, Szell ne traîne pas (le dansant passage en ut majeur, 3'01-5'20, s'ébat sans mollesse, croche à 72) mais lisse le relief et estompe les menaces dramatiques telles l'appel de cor mesure 104 (6'27). Le pastoralisme endosse alors de confortables couleurs : mesures 122-128 (7'11-7'28), la voix suave des flûtes domine l'alliance avec hautbois et trompette. En revanche, le plaintif Allegretto Grazioso se languit en-deça du tempo requis (noire pointée =47 au lieu de 50) mais surtout se complait aux tournures sentimentales : mesure 151 (3'10), apprécierez-vous ces languides portamentos des violons qui glissent sur la tierce (si-ré) et la quarte (mi-si) ? Outré ? Cela n'empêche pas la clarté d'articulation : notez comment les violoncelles décortiquent leurs doubles-croches dans le Trio médian en sol majeur. Szell arbore le Finale avec transparence mais chaleur, visant l'expressivité plutôt que le brio. A la reprise de l'intrépide bacchanale (lettre R, 8'20), on espère enfin un crépitement dont cette férule a le secret. Deux pieds sur l'accélérateur pour le Piu animato (8'35), coup de frein pour le ritardando (8'46), à fond les manettes pour le Piu animato (8'50). Toutes ces vertigineuses fluctuations en quelques secondes ! Quel autre chef oserait ? Combien d'orchestres se seraient dégonflés ? Des instants époustouflants. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Bel enregistrement,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorak : Symphonies n° 8 et n° 9 "Du Nouveau Monde" (CD)
Je suis très satisfaite de l'enregistrement de cette oeuvre & ne regrette pas mon achat. De plus ces deux symphonies ne sont pas toujours proposées ensemble.
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