Ce disque de Manuel Göttsching, guitariste du groupe psychédélique allemand
Ash Ra Tempel, n'a qu'un seul défaut : constitué d'un seul morceau, il est répétitif et long, très long (quasiment une heure). Mais ne dit-on pas que plus c'est long, plus c'est bon ? Divisé en 9 parties, je n'en distingue pour ma part que deux : la première demi-heure, entièrement synthétique, où s'entrecroisent rythmiques digitales et sons électroniques pulsés ; et les 30 dernières minutes (qui ont ma préférence), où Göttsching improvise des solos (et c'est un excellent guitariste) sur ces séquences hypnotiques. Il a enregistré ça d'une traite, un soir de Décembre 1981, de retour d'une tournée avec Klaus Schulze. Rien à ajouter, rien à enlever, nickel. Refusé par Virgin (pas assez vendeur, coco !), il faudra attendre 1984 pour que Schulze le publie sur son label, Inteam. La suite de l'histoire est désormais connue (enfin, par ceux que cette musique intéresse) : à la fin des années 80, les DJ italiens de Sueno Latino, bientôt suivis par les petits gars de Detroit (Derrick May, Carl Craig), remixeront le titre et en feront un hymne de clubs (un « club anthem »). Voila comment, de légende du krautrock, on se retrouve, sans le vouloir, auteur d'un disque extrêmement important dans l'évolution de la musique électronique et de son explosion au cours des années 90.