Eagles

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Joe Walsh talk with @GibsonGuitar about The Eagles Documentary and 40th Anniversary http://t.co/no69huzx


Biographie

La Californie est un nouvel Eldorado au début des années 70, un puissant aimant pour tous ceux qui brandissent les étendards de la contre-culture. Musicalement, le bouillonnement est d'une telle intensité que des musiciens se précipitent de tous les Etats-Unis pour y participer. C'est le cas des quatre membres fondateurs de Eagles, puisque aucun d'eux n'est originaire de Californie. Ils ont, par contre, déjà un substantiel passé musical. Glenn Frey, guitariste originaire de Detroit a joué avec Bob Seger ; le Texan Don Henley a été le batteur de Shiloh ; Randy Meisner, qui vient d'un bled du ... Lire la suite

La Californie est un nouvel Eldorado au début des années 70, un puissant aimant pour tous ceux qui brandissent les étendards de la contre-culture. Musicalement, le bouillonnement est d'une telle intensité que des musiciens se précipitent de tous les Etats-Unis pour y participer. C'est le cas des quatre membres fondateurs de Eagles, puisque aucun d'eux n'est originaire de Californie. Ils ont, par contre, déjà un substantiel passé musical. Glenn Frey, guitariste originaire de Detroit a joué avec Bob Seger ; le Texan Don Henley a été le batteur de Shiloh ; Randy Meisner, qui vient d'un bled du Nebraska est le bassiste fondateur de Poco ; enfin, Bernie Leadon, venu de Minneapolis, a prêté ses talents de multi-instrumentiste aux Flying Burrito Brothers.

Chacun des futurs Eagles possède également une voix et des capacités certaines de chanteur. En 1971, le manager de Linda Ronstadt cherche à rassembler un groupe de country rock capable de soutenir sa protégée avec brio. Don Henley et Glenn Frey cherchent également à monter un nouveau groupe et ils se prêtent à l'expérience. C'est sur la scène de Disneyland, en juillet, que Randy Meisner et Bernie Leadon se joignent au groupe. Ce sera en fait leur seul concert ensemble pour Linda Ronstadt, même s'ils jouent tous sur son premier album.

Nouveau western

Le talent naturel des quatre musiciens et leur complémentarité immédiate les encouragent à persévérer. Lleur ami Jackson Browne les présente bientôt à David Geffen, alors qu'il s'apprête à lancer son label Asylum Records. Le nom de Eagles est vite choisi et le groupe met au point son répertoire en jouant durant un mois dans un obscur club du Colorado. L'équipe s'envole ensuite pour l'Angleterre et enregistre Eagles, son premier album avec Glyn Johns aux manettes. Ce sont deux semaines intenses, avec le producteur-despote habitué aux Who, Rolling Stones et autres Led Zeppelin, qui permettent d'emblée la réalisation d'un grand album. « Peaceful, Easy Feeling », « Take It Easy » et « Witchy Woman » sont autant de bombes qui vont imposer le son et les compositions des Eagles. Richesse d'un son foisonnant, en plus des capacités étendues de chacun des Eagles, écriture fluide de titres county-rock qui évoquent un Ouest légendaire, harmonie des voix frôlant la perfection. La sortie de l'album, en juin 1972, impose instantanément Eagles comme des maîtres de la scène country-rock.

Les musiciens tournent sans relâche en 1972 et 1973, avant de retourner en Angleterre enregistrer Desperado. Sergio Leone vient de réaliser les plus grands westerns spaghetti et l'iconographie fantasmée de l'Ouest sauvage se marie à merveille avec l'attitude rebelle des années 70. Desperado devient le point de rencontre de ces deux mondes. Les Eagles sont vêtus en hors-la-loi sur la pochette, Stetsons, jambières de cuir, colts dans les Holsters, mal rasés et cheveux longs : Clint Eastwood et Lee Van Cleef n'ont qu'à bien se tenir ! Sur Desperado, Don Henley a pris confiance dans ses talents de compositeur et co-signe la majorité des titres avec Glenn Frey, il apporte sa faconde de Texan pour retranscrire les mythes de la frontière. « Desperado » est une ballade poignante et « Tequila Sunrise » devient immédiatement l'un des titres emblématiques du groupe.

Après la tournée Desperado en 1973, le groupe s'envole de nouveau pour l'Angleterre en vue d'enregistrer son troisième album. Les premières séances de On the Border marquent vite la rupture avec Glyn Johns, les Eagles choisissent alors de confier la réalisation de l'album à Bill Szymczyk, producteur d'un certain Joe Walsh. Si l'album se veut plus rock que country, il respecte cependant l'habituel habile dosage entre les titres pêchus et les ballades ; c'est d'ailleurs le tempo lent de « The Best of My Love » qui permet aux Eagles d'élargir encore leur public. L'autre nouveauté de On the Border est l'intronisation de Don Felder comme cinquième membre des Eagles. Avec le succès conséquent de leurs trois premiers albums, Eagles devient un des groupes phares de cette moitié de décennie ; il a imposé un style fait de mélodies polies, de chants aériens, de soudaines fulgurances de guitares, ils symbolisent la poésie des grands espaces, le mythe du cow boy solitaire au coeur tendre.

Les hors-la-loi font sauter la banque

L'arrivée de One of These Nights en 1975 est dans la continuité de ces débuts, la pochette représente un magnifique et inquiétant totem indien, le contenu montre un groupe arrivé à l'équilibre parfait de ses influences rock, country et folk western ; chaque ballade est puissante, chaque tempo rapide est poétique. Là est le secret de la formule chamanique des Eagles : insuffler de la violence dans les moments tendres et du lyrisme dans les tempos échevelés. De « One of These Nights » à « After the Thrill Is Gone » en passant par « Lyin' Eyes » et « Take It to The Limit », c'est le meilleur des Eagles qui est présent sur cet album, un groupe au sommet de son art et de ses capacités créatives.

L'infernal balancier album/tournée reprend par une tournée mondiale qui débute aux Etats-Unis, mais le 20 décembre 1975 Bernie Leadon quitte la tournée et Eagles : il est remplacé au pied levé par Joe Walsh. Phénomène musical et commercial majeur, les Eagles vont réaliser un incroyable tour de force : publier un Greatest Hits après seulement quatre albums. Le pari est fou, son résultat est démesuré : Their Greatest Hits (1971-1975) devient une des plus grosses ventes d'albums de tous les temps, avec vingt six millions de copies vendues aux Etats-Unis seulement ; il ne sera concurrencé que par le Thriller (1982) de Michael Jackson. Cette course effrénée de broncos sauvages va mener les Eagles encore plus loin, encore plus haut, en décembre 1976 avec la sortie de l'album Hotel California.

L'arrivée de Joe Walsh a enrichi la palette du groupe : il est plus inventif et moins marqué country que Bernie Leadon. Les Eagles ont changé d'époque,  sont descendus de leurs chevaux, les voilà en voiture cherchant un hôtel dans une Californie crépusculaire. Comment décrire l'un des plus grands morceaux de l'histoire du rock ? La montée d'arpèges comme un interminable escalier, les voix hantées qui peuplent les chambres désertes, la rythmique soyeuse renvoyée par les miroirs brisés, le refrain ironique comme un seau à champagne abandonné, « Hotel California » est unique et il nous a tous emprisonnés, son texte à double sens évoquant l'enfer de la drogue. L'album est moins country qu'à l'habitude, le son lui-même est différent, plus sec, plus mat, Hotel California se veut plus contemporain, plus « pop » également. Nul recoin de la planète n'est épargné : Hotel California est l'album de l'année 1976, qui contient une collection de titres fabuleux tels « New Kid in Town » ou « Life in the Fast Lane », qui sont acclamés par un public où toutes les générations se mélangent. La rançon à payer pour les hors-la-loi du rock est une énième tournée, celle de la lassitude pour Randy Meisner, qui quitte le groupe en septembre 1977.

Un curieux hasard fait de Timothy B. Schmit, qui lui avait déjà succédé au sein de Poco, son remplaçant au sein des Eagles. Les tournées incessantes, les honneurs, les parties, ralentissent le vol des Eagles et leur nouvel album The Long Run met trois ans avant de sortir, alors qu'il ne s'était jamais écoulé plus de 18 mois entre les précédents disques. Donner une suite à Hotel California n'est pas une chose facile, d'autant qu'en trois ans le rock « classique » a été balayé par le punk puis la new wave. Les Eagles semblent maintenant surannés, leur décor est devenu une ville-fantôme balayée de poussière. The Long Run contient bien un tube avec « Heartache Tonight », mais l'ensemble ne révèle pas la flamme habituelle, le souffle de légende habitant les autres albums des Eagles. Cette baisse de créativité et d'enthousiasme n'est pas démentie par le pâle Eagles Live de 1980, double album boursouflé, plus contractuel que nécessaire : les versions des classiques du groupe sont dépourvues d'intérêt, trop proches des versions studio pour reproduire l'énergie d'un enregistrement en public, seule leur magnifique version du « Seven Bridges Road » de Steve Young sortant du lot.

C'est sans surprise qu'en mai 1982, la séparation des Eagles est annoncée et elle va durer douze ans. Après des carrières solo d'intensité variée, suite au succès surprenant de l'album hommage Common Thread: The Songs of The Eagles en 1993 (trois millions de ventes aux Etats-Unis), les Eagles reprennent la route en 1994 pour une tournée censée durer huit mois et qui se prolonge, durant finalement deux ans de plus. L'ennuyeux est la parution de Hell Freezes Over, mélange de quelques nouveaux titres et d'enregistrements en public. Malgré son incongruité, l'album est un des succès de 1994, principalement aux Etats-Unis (quinze millions à lui tout seul sur le territoire), où plus de soixante millions d'albums se sont vendus, en vingt deux ans de carrière.

Résurrection

En voie de disparition les Eagles ? Entre une intronisation au Rock 'n' Roll Hall of Fame de 1998 (où les sept membres originaux sont pour la première fois ensemble sur scène) et le sublime Millenium Concert de Los Angeles inclus dans le coffret Selected Works 1972-1999 paru en 2000, le groupe semble plus momifié que potentiellement vivant. Mais le Grand Scénariste du Rock 'n' roll veille. Long Road Out of Eden c'est un peu l'équivalent d'Impitoyable, de Clint Eastwood, pour le western : une ultime chevauchée, un dernier règlement de compte, une mise au point finale.

Les quatre survivants, Don Felder ayant été débarqué soudainement (il intente un procès au groupe en 2001, qui se conclut par un accord à l'amiable fin 2007), livrent un album intemporel, un recueil de ballades et de rock teinté de country comme il n'en existe plus, album nostalgique évidemment, crépusculaire un peu, plein d'espoir également car le soir qui se couche annonce l'éveil du matin. Les Eagles sont en vie et ils vont bien, prêts à délivrer une dose de plaisir comme en témoigne le majestueux « Long Road Out of Eden », « Waiting in the Weeds », « Guilty of the Crime » ou encore « Busy Being Fabulous ». Long Road Out of Eden est un double CD ambitieux qui fait mieux que ressusciter Eagles : il montre que leur style a largement sa place dans le concert musical des années 2000 tant il est inégalé. Copyright 2014 Music Story François Alvarez

La Californie est un nouvel Eldorado au début des années 70, un puissant aimant pour tous ceux qui brandissent les étendards de la contre-culture. Musicalement, le bouillonnement est d'une telle intensité que des musiciens se précipitent de tous les Etats-Unis pour y participer. C'est le cas des quatre membres fondateurs de Eagles, puisque aucun d'eux n'est originaire de Californie. Ils ont, par contre, déjà un substantiel passé musical. Glenn Frey, guitariste originaire de Detroit a joué avec Bob Seger ; le Texan Don Henley a été le batteur de Shiloh ; Randy Meisner, qui vient d'un bled du Nebraska est le bassiste fondateur de Poco ; enfin, Bernie Leadon, venu de Minneapolis, a prêté ses talents de multi-instrumentiste aux Flying Burrito Brothers.

Chacun des futurs Eagles possède également une voix et des capacités certaines de chanteur. En 1971, le manager de Linda Ronstadt cherche à rassembler un groupe de country rock capable de soutenir sa protégée avec brio. Don Henley et Glenn Frey cherchent également à monter un nouveau groupe et ils se prêtent à l'expérience. C'est sur la scène de Disneyland, en juillet, que Randy Meisner et Bernie Leadon se joignent au groupe. Ce sera en fait leur seul concert ensemble pour Linda Ronstadt, même s'ils jouent tous sur son premier album.

Nouveau western

Le talent naturel des quatre musiciens et leur complémentarité immédiate les encouragent à persévérer. Lleur ami Jackson Browne les présente bientôt à David Geffen, alors qu'il s'apprête à lancer son label Asylum Records. Le nom de Eagles est vite choisi et le groupe met au point son répertoire en jouant durant un mois dans un obscur club du Colorado. L'équipe s'envole ensuite pour l'Angleterre et enregistre Eagles, son premier album avec Glyn Johns aux manettes. Ce sont deux semaines intenses, avec le producteur-despote habitué aux Who, Rolling Stones et autres Led Zeppelin, qui permettent d'emblée la réalisation d'un grand album. « Peaceful, Easy Feeling », « Take It Easy » et « Witchy Woman » sont autant de bombes qui vont imposer le son et les compositions des Eagles. Richesse d'un son foisonnant, en plus des capacités étendues de chacun des Eagles, écriture fluide de titres county-rock qui évoquent un Ouest légendaire, harmonie des voix frôlant la perfection. La sortie de l'album, en juin 1972, impose instantanément Eagles comme des maîtres de la scène country-rock.

Les musiciens tournent sans relâche en 1972 et 1973, avant de retourner en Angleterre enregistrer Desperado. Sergio Leone vient de réaliser les plus grands westerns spaghetti et l'iconographie fantasmée de l'Ouest sauvage se marie à merveille avec l'attitude rebelle des années 70. Desperado devient le point de rencontre de ces deux mondes. Les Eagles sont vêtus en hors-la-loi sur la pochette, Stetsons, jambières de cuir, colts dans les Holsters, mal rasés et cheveux longs : Clint Eastwood et Lee Van Cleef n'ont qu'à bien se tenir ! Sur Desperado, Don Henley a pris confiance dans ses talents de compositeur et co-signe la majorité des titres avec Glenn Frey, il apporte sa faconde de Texan pour retranscrire les mythes de la frontière. « Desperado » est une ballade poignante et « Tequila Sunrise » devient immédiatement l'un des titres emblématiques du groupe.

Après la tournée Desperado en 1973, le groupe s'envole de nouveau pour l'Angleterre en vue d'enregistrer son troisième album. Les premières séances de On the Border marquent vite la rupture avec Glyn Johns, les Eagles choisissent alors de confier la réalisation de l'album à Bill Szymczyk, producteur d'un certain Joe Walsh. Si l'album se veut plus rock que country, il respecte cependant l'habituel habile dosage entre les titres pêchus et les ballades ; c'est d'ailleurs le tempo lent de « The Best of My Love » qui permet aux Eagles d'élargir encore leur public. L'autre nouveauté de On the Border est l'intronisation de Don Felder comme cinquième membre des Eagles. Avec le succès conséquent de leurs trois premiers albums, Eagles devient un des groupes phares de cette moitié de décennie ; il a imposé un style fait de mélodies polies, de chants aériens, de soudaines fulgurances de guitares, ils symbolisent la poésie des grands espaces, le mythe du cow boy solitaire au coeur tendre.

Les hors-la-loi font sauter la banque

L'arrivée de One of These Nights en 1975 est dans la continuité de ces débuts, la pochette représente un magnifique et inquiétant totem indien, le contenu montre un groupe arrivé à l'équilibre parfait de ses influences rock, country et folk western ; chaque ballade est puissante, chaque tempo rapide est poétique. Là est le secret de la formule chamanique des Eagles : insuffler de la violence dans les moments tendres et du lyrisme dans les tempos échevelés. De « One of These Nights » à « After the Thrill Is Gone » en passant par « Lyin' Eyes » et « Take It to The Limit », c'est le meilleur des Eagles qui est présent sur cet album, un groupe au sommet de son art et de ses capacités créatives.

L'infernal balancier album/tournée reprend par une tournée mondiale qui débute aux Etats-Unis, mais le 20 décembre 1975 Bernie Leadon quitte la tournée et Eagles : il est remplacé au pied levé par Joe Walsh. Phénomène musical et commercial majeur, les Eagles vont réaliser un incroyable tour de force : publier un Greatest Hits après seulement quatre albums. Le pari est fou, son résultat est démesuré : Their Greatest Hits (1971-1975) devient une des plus grosses ventes d'albums de tous les temps, avec vingt six millions de copies vendues aux Etats-Unis seulement ; il ne sera concurrencé que par le Thriller (1982) de Michael Jackson. Cette course effrénée de broncos sauvages va mener les Eagles encore plus loin, encore plus haut, en décembre 1976 avec la sortie de l'album Hotel California.

L'arrivée de Joe Walsh a enrichi la palette du groupe : il est plus inventif et moins marqué country que Bernie Leadon. Les Eagles ont changé d'époque,  sont descendus de leurs chevaux, les voilà en voiture cherchant un hôtel dans une Californie crépusculaire. Comment décrire l'un des plus grands morceaux de l'histoire du rock ? La montée d'arpèges comme un interminable escalier, les voix hantées qui peuplent les chambres désertes, la rythmique soyeuse renvoyée par les miroirs brisés, le refrain ironique comme un seau à champagne abandonné, « Hotel California » est unique et il nous a tous emprisonnés, son texte à double sens évoquant l'enfer de la drogue. L'album est moins country qu'à l'habitude, le son lui-même est différent, plus sec, plus mat, Hotel California se veut plus contemporain, plus « pop » également. Nul recoin de la planète n'est épargné : Hotel California est l'album de l'année 1976, qui contient une collection de titres fabuleux tels « New Kid in Town » ou « Life in the Fast Lane », qui sont acclamés par un public où toutes les générations se mélangent. La rançon à payer pour les hors-la-loi du rock est une énième tournée, celle de la lassitude pour Randy Meisner, qui quitte le groupe en septembre 1977.

Un curieux hasard fait de Timothy B. Schmit, qui lui avait déjà succédé au sein de Poco, son remplaçant au sein des Eagles. Les tournées incessantes, les honneurs, les parties, ralentissent le vol des Eagles et leur nouvel album The Long Run met trois ans avant de sortir, alors qu'il ne s'était jamais écoulé plus de 18 mois entre les précédents disques. Donner une suite à Hotel California n'est pas une chose facile, d'autant qu'en trois ans le rock « classique » a été balayé par le punk puis la new wave. Les Eagles semblent maintenant surannés, leur décor est devenu une ville-fantôme balayée de poussière. The Long Run contient bien un tube avec « Heartache Tonight », mais l'ensemble ne révèle pas la flamme habituelle, le souffle de légende habitant les autres albums des Eagles. Cette baisse de créativité et d'enthousiasme n'est pas démentie par le pâle Eagles Live de 1980, double album boursouflé, plus contractuel que nécessaire : les versions des classiques du groupe sont dépourvues d'intérêt, trop proches des versions studio pour reproduire l'énergie d'un enregistrement en public, seule leur magnifique version du « Seven Bridges Road » de Steve Young sortant du lot.

C'est sans surprise qu'en mai 1982, la séparation des Eagles est annoncée et elle va durer douze ans. Après des carrières solo d'intensité variée, suite au succès surprenant de l'album hommage Common Thread: The Songs of The Eagles en 1993 (trois millions de ventes aux Etats-Unis), les Eagles reprennent la route en 1994 pour une tournée censée durer huit mois et qui se prolonge, durant finalement deux ans de plus. L'ennuyeux est la parution de Hell Freezes Over, mélange de quelques nouveaux titres et d'enregistrements en public. Malgré son incongruité, l'album est un des succès de 1994, principalement aux Etats-Unis (quinze millions à lui tout seul sur le territoire), où plus de soixante millions d'albums se sont vendus, en vingt deux ans de carrière.

Résurrection

En voie de disparition les Eagles ? Entre une intronisation au Rock 'n' Roll Hall of Fame de 1998 (où les sept membres originaux sont pour la première fois ensemble sur scène) et le sublime Millenium Concert de Los Angeles inclus dans le coffret Selected Works 1972-1999 paru en 2000, le groupe semble plus momifié que potentiellement vivant. Mais le Grand Scénariste du Rock 'n' roll veille. Long Road Out of Eden c'est un peu l'équivalent d'Impitoyable, de Clint Eastwood, pour le western : une ultime chevauchée, un dernier règlement de compte, une mise au point finale.

Les quatre survivants, Don Felder ayant été débarqué soudainement (il intente un procès au groupe en 2001, qui se conclut par un accord à l'amiable fin 2007), livrent un album intemporel, un recueil de ballades et de rock teinté de country comme il n'en existe plus, album nostalgique évidemment, crépusculaire un peu, plein d'espoir également car le soir qui se couche annonce l'éveil du matin. Les Eagles sont en vie et ils vont bien, prêts à délivrer une dose de plaisir comme en témoigne le majestueux « Long Road Out of Eden », « Waiting in the Weeds », « Guilty of the Crime » ou encore « Busy Being Fabulous ». Long Road Out of Eden est un double CD ambitieux qui fait mieux que ressusciter Eagles : il montre que leur style a largement sa place dans le concert musical des années 2000 tant il est inégalé. Copyright 2014 Music Story François Alvarez

La Californie est un nouvel Eldorado au début des années 70, un puissant aimant pour tous ceux qui brandissent les étendards de la contre-culture. Musicalement, le bouillonnement est d'une telle intensité que des musiciens se précipitent de tous les Etats-Unis pour y participer. C'est le cas des quatre membres fondateurs de Eagles, puisque aucun d'eux n'est originaire de Californie. Ils ont, par contre, déjà un substantiel passé musical. Glenn Frey, guitariste originaire de Detroit a joué avec Bob Seger ; le Texan Don Henley a été le batteur de Shiloh ; Randy Meisner, qui vient d'un bled du Nebraska est le bassiste fondateur de Poco ; enfin, Bernie Leadon, venu de Minneapolis, a prêté ses talents de multi-instrumentiste aux Flying Burrito Brothers.

Chacun des futurs Eagles possède également une voix et des capacités certaines de chanteur. En 1971, le manager de Linda Ronstadt cherche à rassembler un groupe de country rock capable de soutenir sa protégée avec brio. Don Henley et Glenn Frey cherchent également à monter un nouveau groupe et ils se prêtent à l'expérience. C'est sur la scène de Disneyland, en juillet, que Randy Meisner et Bernie Leadon se joignent au groupe. Ce sera en fait leur seul concert ensemble pour Linda Ronstadt, même s'ils jouent tous sur son premier album.

Nouveau western

Le talent naturel des quatre musiciens et leur complémentarité immédiate les encouragent à persévérer. Lleur ami Jackson Browne les présente bientôt à David Geffen, alors qu'il s'apprête à lancer son label Asylum Records. Le nom de Eagles est vite choisi et le groupe met au point son répertoire en jouant durant un mois dans un obscur club du Colorado. L'équipe s'envole ensuite pour l'Angleterre et enregistre Eagles, son premier album avec Glyn Johns aux manettes. Ce sont deux semaines intenses, avec le producteur-despote habitué aux Who, Rolling Stones et autres Led Zeppelin, qui permettent d'emblée la réalisation d'un grand album. « Peaceful, Easy Feeling », « Take It Easy » et « Witchy Woman » sont autant de bombes qui vont imposer le son et les compositions des Eagles. Richesse d'un son foisonnant, en plus des capacités étendues de chacun des Eagles, écriture fluide de titres county-rock qui évoquent un Ouest légendaire, harmonie des voix frôlant la perfection. La sortie de l'album, en juin 1972, impose instantanément Eagles comme des maîtres de la scène country-rock.

Les musiciens tournent sans relâche en 1972 et 1973, avant de retourner en Angleterre enregistrer Desperado. Sergio Leone vient de réaliser les plus grands westerns spaghetti et l'iconographie fantasmée de l'Ouest sauvage se marie à merveille avec l'attitude rebelle des années 70. Desperado devient le point de rencontre de ces deux mondes. Les Eagles sont vêtus en hors-la-loi sur la pochette, Stetsons, jambières de cuir, colts dans les Holsters, mal rasés et cheveux longs : Clint Eastwood et Lee Van Cleef n'ont qu'à bien se tenir ! Sur Desperado, Don Henley a pris confiance dans ses talents de compositeur et co-signe la majorité des titres avec Glenn Frey, il apporte sa faconde de Texan pour retranscrire les mythes de la frontière. « Desperado » est une ballade poignante et « Tequila Sunrise » devient immédiatement l'un des titres emblématiques du groupe.

Après la tournée Desperado en 1973, le groupe s'envole de nouveau pour l'Angleterre en vue d'enregistrer son troisième album. Les premières séances de On the Border marquent vite la rupture avec Glyn Johns, les Eagles choisissent alors de confier la réalisation de l'album à Bill Szymczyk, producteur d'un certain Joe Walsh. Si l'album se veut plus rock que country, il respecte cependant l'habituel habile dosage entre les titres pêchus et les ballades ; c'est d'ailleurs le tempo lent de « The Best of My Love » qui permet aux Eagles d'élargir encore leur public. L'autre nouveauté de On the Border est l'intronisation de Don Felder comme cinquième membre des Eagles. Avec le succès conséquent de leurs trois premiers albums, Eagles devient un des groupes phares de cette moitié de décennie ; il a imposé un style fait de mélodies polies, de chants aériens, de soudaines fulgurances de guitares, ils symbolisent la poésie des grands espaces, le mythe du cow boy solitaire au coeur tendre.

Les hors-la-loi font sauter la banque

L'arrivée de One of These Nights en 1975 est dans la continuité de ces débuts, la pochette représente un magnifique et inquiétant totem indien, le contenu montre un groupe arrivé à l'équilibre parfait de ses influences rock, country et folk western ; chaque ballade est puissante, chaque tempo rapide est poétique. Là est le secret de la formule chamanique des Eagles : insuffler de la violence dans les moments tendres et du lyrisme dans les tempos échevelés. De « One of These Nights » à « After the Thrill Is Gone » en passant par « Lyin' Eyes » et « Take It to The Limit », c'est le meilleur des Eagles qui est présent sur cet album, un groupe au sommet de son art et de ses capacités créatives.

L'infernal balancier album/tournée reprend par une tournée mondiale qui débute aux Etats-Unis, mais le 20 décembre 1975 Bernie Leadon quitte la tournée et Eagles : il est remplacé au pied levé par Joe Walsh. Phénomène musical et commercial majeur, les Eagles vont réaliser un incroyable tour de force : publier un Greatest Hits après seulement quatre albums. Le pari est fou, son résultat est démesuré : Their Greatest Hits (1971-1975) devient une des plus grosses ventes d'albums de tous les temps, avec vingt six millions de copies vendues aux Etats-Unis seulement ; il ne sera concurrencé que par le Thriller (1982) de Michael Jackson. Cette course effrénée de broncos sauvages va mener les Eagles encore plus loin, encore plus haut, en décembre 1976 avec la sortie de l'album Hotel California.

L'arrivée de Joe Walsh a enrichi la palette du groupe : il est plus inventif et moins marqué country que Bernie Leadon. Les Eagles ont changé d'époque,  sont descendus de leurs chevaux, les voilà en voiture cherchant un hôtel dans une Californie crépusculaire. Comment décrire l'un des plus grands morceaux de l'histoire du rock ? La montée d'arpèges comme un interminable escalier, les voix hantées qui peuplent les chambres désertes, la rythmique soyeuse renvoyée par les miroirs brisés, le refrain ironique comme un seau à champagne abandonné, « Hotel California » est unique et il nous a tous emprisonnés, son texte à double sens évoquant l'enfer de la drogue. L'album est moins country qu'à l'habitude, le son lui-même est différent, plus sec, plus mat, Hotel California se veut plus contemporain, plus « pop » également. Nul recoin de la planète n'est épargné : Hotel California est l'album de l'année 1976, qui contient une collection de titres fabuleux tels « New Kid in Town » ou « Life in the Fast Lane », qui sont acclamés par un public où toutes les générations se mélangent. La rançon à payer pour les hors-la-loi du rock est une énième tournée, celle de la lassitude pour Randy Meisner, qui quitte le groupe en septembre 1977.

Un curieux hasard fait de Timothy B. Schmit, qui lui avait déjà succédé au sein de Poco, son remplaçant au sein des Eagles. Les tournées incessantes, les honneurs, les parties, ralentissent le vol des Eagles et leur nouvel album The Long Run met trois ans avant de sortir, alors qu'il ne s'était jamais écoulé plus de 18 mois entre les précédents disques. Donner une suite à Hotel California n'est pas une chose facile, d'autant qu'en trois ans le rock « classique » a été balayé par le punk puis la new wave. Les Eagles semblent maintenant surannés, leur décor est devenu une ville-fantôme balayée de poussière. The Long Run contient bien un tube avec « Heartache Tonight », mais l'ensemble ne révèle pas la flamme habituelle, le souffle de légende habitant les autres albums des Eagles. Cette baisse de créativité et d'enthousiasme n'est pas démentie par le pâle Eagles Live de 1980, double album boursouflé, plus contractuel que nécessaire : les versions des classiques du groupe sont dépourvues d'intérêt, trop proches des versions studio pour reproduire l'énergie d'un enregistrement en public, seule leur magnifique version du « Seven Bridges Road » de Steve Young sortant du lot.

C'est sans surprise qu'en mai 1982, la séparation des Eagles est annoncée et elle va durer douze ans. Après des carrières solo d'intensité variée, suite au succès surprenant de l'album hommage Common Thread: The Songs of The Eagles en 1993 (trois millions de ventes aux Etats-Unis), les Eagles reprennent la route en 1994 pour une tournée censée durer huit mois et qui se prolonge, durant finalement deux ans de plus. L'ennuyeux est la parution de Hell Freezes Over, mélange de quelques nouveaux titres et d'enregistrements en public. Malgré son incongruité, l'album est un des succès de 1994, principalement aux Etats-Unis (quinze millions à lui tout seul sur le territoire), où plus de soixante millions d'albums se sont vendus, en vingt deux ans de carrière.

Résurrection

En voie de disparition les Eagles ? Entre une intronisation au Rock 'n' Roll Hall of Fame de 1998 (où les sept membres originaux sont pour la première fois ensemble sur scène) et le sublime Millenium Concert de Los Angeles inclus dans le coffret Selected Works 1972-1999 paru en 2000, le groupe semble plus momifié que potentiellement vivant. Mais le Grand Scénariste du Rock 'n' roll veille. Long Road Out of Eden c'est un peu l'équivalent d'Impitoyable, de Clint Eastwood, pour le western : une ultime chevauchée, un dernier règlement de compte, une mise au point finale.

Les quatre survivants, Don Felder ayant été débarqué soudainement (il intente un procès au groupe en 2001, qui se conclut par un accord à l'amiable fin 2007), livrent un album intemporel, un recueil de ballades et de rock teinté de country comme il n'en existe plus, album nostalgique évidemment, crépusculaire un peu, plein d'espoir également car le soir qui se couche annonce l'éveil du matin. Les Eagles sont en vie et ils vont bien, prêts à délivrer une dose de plaisir comme en témoigne le majestueux « Long Road Out of Eden », « Waiting in the Weeds », « Guilty of the Crime » ou encore « Busy Being Fabulous ». Long Road Out of Eden est un double CD ambitieux qui fait mieux que ressusciter Eagles : il montre que leur style a largement sa place dans le concert musical des années 2000 tant il est inégalé. Copyright 2014 Music Story François Alvarez


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