Il devait penser que j'étais encore interdit aux mineurs et qu'il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment, je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire au juste parce que je n'ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaîtra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine.
Momo ne connaît pas son âge, mais il connaît le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et, conformément à ce droit sacré à la dignité, Madame Rosa, ancienne prostituée reconvertie en nounou pour "enfants de putes", n'est pas obligée d'aller à l'hôpital. Il va donc tout mettre en oeuvre pour la préserver contre l'acharnement thérapeutique. Car, s'il sait que l'on peut vivre sans amour, il sait aussi reconnaître cette chose formidable quand elle se présente. Il sait que sans l'amour qu'elle lui infuse, sans l'amour qui déborde de son propre coeur, en vrac pourvu que ça sorte, la vie serait une lutte perdue d'avance pour les petits pensionnaires de la rue Bisson, à Belleville.
Pour nous parler d'un monde à part où les prostituée sont "des personnes qui se défendent avec leur cul", où les enfants vendent les chiens parce qu'ils les aiment trop, où les gens ont une grandeur d'âme insoupçonnée, Momo amalgame les mots sans toujours en saisir le sens, ce qui donne lieu à des phrases souvent incorrectes, mais toujours vraies et parfois même très crues. Cette oeuvre bouleversante mais jamais larmoyante, publiée sous le nom d'Émile Ajar, a remporté le Goncourt 1975, inscrivant ainsi Romain Gary dans la légende, puisqu'il est le seul romancier à avoir décroché deux fois le prestigieux prix. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à lédition Broché .
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22 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
À conseiller vivement !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie devant soi (Broché)
C'est une belle histoire d'amour d'un petit garçon, surnommé Momo, pour Madame Rosa, une ancienne prostituée devenue, par la force des choses, sa mère adoptive. Avec son franc-parler, le visage peinturluré, cette vieille femme juive au grand coeur est une survivante des camps d'Auschwitz. Elle habite au sixième étage d'un immeuble sans ascenseur, mais avec son âge avancé elle ne peut plus gravir ces nombreuses marches et préfère rester cloîtrée chez elle dans son « trou juif » que d'aller finir ces jours à l'hôpital, ainsi, elle peut bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d'eux-mêmes » qui n'est pas respecté par L'Ordre des médecins.Alors Momo, avec l'aide du peuple de Belleville résidant dans le quartier, va tout faire pour garder sa nounou en vie. Mais Momo se sent de plus en plus impuissant devant la lente et pitoyable déchéance de Madame Rosa dont l'issue ne peut être que fatale. Ce livre peuplé de personnages pittoresques et inoubliables, vivants dans une misère cachée, est un magnifique roman triste et drôle. Cette histoire racontée par un enfant avec ses propres mots, dictés par le regard qu'il porte sur la vie, est un cocktail plein d'humanité, de solidarité entre différentes ethnies. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"Il faut aimer",
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie devant soi (Broché)
Gary vieillissant, massacré par les critiques littéraires qui le trouvent ringard, se dédouble en Ajar... et le succès est immédiat."La vie devant soi" est le livre d'un homme amer, abattu par la vie, qui écrit comme pour dire à tous les enfants du monde que la vie est une chienne, qu'ils doivent se préparer à vivre aussi seuls que Momo, que les adultes sont des salauds, mais que justement, pour vivre, mériter d'être un être humain, "il faut aimer". C'est en cela que ce livre est le plus beau de Gary, car c'est l'appel ultime d'un vieil homme, un cri d'amour, à la vie qui est si belle, et aux humains qui sont si frêles. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
ou l'amour tout court,
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie devant soi (Broché)
Avant Daniel Pennac, Romain Gary, alias Emile Ajar, avait su nous faire aimer Belleville et son melting pot. Mais la comparaison s'arrête là. Cette histoire d'amour entre Momo et Madame Rosa est tout simplement belle. Emile Ajar a le génie de s'immiscer dans la tête d'un petit garçon, dont les réflexions sur le monde sauront vous émouvoir. Ce livre m'a convaincu que l'innocence de l'enfance était étonnante de clairvoyance. Tout comme cette histoire d'amour n'est entachée d'aucun préjugé, le choix d'attribuer le prix Goncourt 1975 à l'illustre inconnu qu'était Emile Ajar à l'époque était une éloge à l'écriture, sans l'ombre d'une plume ou d'un éditeur influents. Il me semble que cette époque est déjà lointaine...
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