Amazon.fr
Si Feeder souffrait jusque-là d'un déficit en termes d'image de rock-star, ce nouvel album vient à point pour remettre les pendules à l'heure et redorer le blason d'une formation qui s'avère particulièrement furieuse. Ce quatrième album est l'occasion pour ce groupe méconnu, emmené par la voix coléreuse du leader et guitariste Grant Nicholas, d'éclater enfin au grand jour, à la suite de l'excellent "Buck Rogers", bombe indie-rock au refrain explosif qui les a révélés à l'Angleterre tout entière, dès sa sortie en single au mois de janvier.
Echo Parkest un album de rock brutal sans prétention et sans fioritures, conduit par un discours arrogant aux accents pop et bardé riffs hurlants, à l'image du très bruyant "Just A Day". Mais malgré toute l'ombre qu'a cherché à leur faire une presse médisante, le trio se montre aussi tout à fait capable de produire de titres calmes et harmonieux, sur lesquels la finesse mélodique n'a d'égale que la brutalité du reste. Car, à côté de quelques pavés d'une puissance à faire péter les baffles, Feeder se permet des douceurs et des légèretés en forme de ballades reposantes, augmentées de voix et de churs étonnants ("Piece By Piece"), ou même d'ingénieuses mélodies de guitares qui résonneront dans nos têtes pendant longtemps, à l'instar de "Turn", mélopée pop-rock entêtante transpercée de quelques sonorités stridentes bien choisies.
Produit par Gil Norton, maître dans l'art des masterisations dynamiques (Pixies, Foo Fighters…), Echo Parkest un album bien pensé qui élargit la palette sonore de ces artistes restés dans l'ombre durant une bonne dizaine d'années. Feeder étonne ici par des goûts mélodiques jusque-là inexploités et une finesse dans les arrangements qui s'accommodent largement de quelques incursions dans un domaine électronique, à grands renforts d'effets en tous genres. Bonne surprise ! --Toma Blondeau
Compact
Rock. Il est, évidemment, bien simple de "ranger" ce disque (non, surtout ne le faites jamais, il doit tourner en boucle sur votre platine) entre deux groupes (et pas des moindres) précédemment produits par Norton. Force est, cependant, de reconnaître que son son est si particulier qu'il en dénaturerait presque les artistes ! En réalité, il unifie sous une production certes caractéristique, des songwriters rock de haute volée. Énergie, contenue ou non, et mélodies splendides font parfait ménage. C'est, donc, le cas de Grant Nicholas, âme première de Feeder, groupe gallois dont c'est là le troisième effort. Alors que "Piece By Piece" évoque le Eels des débuts, toutes ces chansons courent dans l'esprit comme des merveilles désannihilantes de nos jours trop longs ou trop lourds. - 12 titres, 45m 38s -