Certes, on n'est ni au niveau de la "Blonde au béton", ni du "Dernier coyote" et encore moins du "Poète". Ce qui ne m'empêche pas de penser que le moins bon Connelly sera toujours au-dessus du meilleur Chattam ou Jean-Christophe Grangé.
Ce roman comporte tous les ingrédients qui font de Connelly un de mes auteurs de polars préférés: une écriture soignée sans être maniérée, une intrigue faussement simple, un profond sens du réalisme (après tout, contrairement à de nombreux auteurs de polars, Connelly a été "crime reporter" pour le Los Angeles Times et a donc vécu de près ce qu'il décrit) et surtout ce dosage très adroit entre le banal et le spectaculaire qui lui permet d'éviter le piège du sensationnalisme et des rebondissements à gogo tout en ménageant des surprises et un suspense quasi constant. Cette qualité se retrouve dans son écriture même, à la fois confondante de simplicité mais qui parvient toujours à éviter les clichés et les longueurs -en cela, soucieuse de ses lecteurs.
Personnellement, j'ai préféré "Echo Park" à "Deuil interdit", le dernier "Harry Bosch", même s'il est évident qu'aucun des deux n'a apporté de véritable renouvellement à la série. Il est vrai que cela reste difficile pour Connelly d'innover après des romans comme "La lune était noire", "Darling Lilly", "L'oiseau des ténèbres", "Créance de sang": romans qui ont tous injecté à leur façon du sang neuf dans la production habituelle de l'auteur, quelle que soit leur qualité intrinsèque. Mais comme j'ai lu tous les livres de l'auteur et qu'aucun ne m'a suffisamment déçu pour que j'abandonne, je continuerai de guetter la prochaine évolution du maître avec impatience.