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La deuxième partie nous ramène en Europe pour un panorama beaucoup plus sombre. L'Europe est en perte de vitesse et son déclin est assuré sauf si se mettent en place des politiques volontaristes en matière de démographie, d'éducation et d'innovation, c'est à dire une approche qui tourne le dos aux politiques traditionnelles de traitement social du chômage. L'ouvrage a le mérite de recentrer le débat des politiques économiques autour de 2 questions fondamentales : démographie (et ses corollaires, immigration et école) et productivité. Le coup de sifflet à la construction européenne donné par les Français signe l'échec de la France dans la bataille d'idées, et le triomphe des vues britanniques.
La troisième partie est consacrée à la situation française, réquisitoire sans appel contre Jacques Chirac et une classe politique frileuse qui accumule les rapports d'experts sans jamais mettre en oeuvre les réformes suggérées.
Un éloge de Tony Blair assure la transition vers la dernière partie qui revient, avec une certaine hauteur de vues, sur les mutations actuelles et futures du capitalisme.
Libéral ? Sans doute, mais j'y ai plutôt lu un plaidoyer réformiste et extrêmement volontariste, qui sait aussi parier sur un renouveau de la critique sociale.
Quelques formules, pour la bonne bouche :
"Aujourd'hui, faut-il aider les riches ?" (titre du chapitre 1). "Pas de réformes sans croissance" avait estimé Jacques Chirac. "Pas de croissance sans réformes" a répondu l'Histoire. Et enfin, mon préféré, bien dans l'air du temps : "Le capitalisme mourra-t-il de la baisse tendancielle du taux de motivation ?" (titre du chapitre 2, 4ème partie).
Un seul petit regret, l'absence des graphiques qui émaillent les chroniques de l'auteur dans Le Monde.
L'auteur assène parfois trop et démontre pas assez, mais on ne peut être que d'accord que sur le conservatisme et le dogmatisme de gauche comme de droite qui condamne à l'avance tout changement. Un regret: le thème de l'environement semble absent de cette réflexion très globale. Mais cela a le mérite d'être franc, direct et sans concession.
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