Eddy Mitchell

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Biographie

Authentique titi parigot, Claude Moine voit le jour le 3 juillet 1942 dans le quartier de Belleville. Issu de la classe populaire, le futur Eddy Mitchell se shoote au sirop de la rue, entre la découverte du rock américain qui déferle sur l'hexagone dès les années 1950 la sincère admiration envers ces nouvelles icônes que sont John Wayne, Gary Cooper et Cary Grant dont il suit avec assiduité les aventures dans les cinémas de quartier, aux côtés de son père.

C'était le temps des yé-yés...

Décrochant son certif' en 1956, Claude Moine entre au Crédit Lyonnais comme coursier. Mais le jeune ... Lire la suite

Authentique titi parigot, Claude Moine voit le jour le 3 juillet 1942 dans le quartier de Belleville. Issu de la classe populaire, le futur Eddy Mitchell se shoote au sirop de la rue, entre la découverte du rock américain qui déferle sur l'hexagone dès les années 1950 la sincère admiration envers ces nouvelles icônes que sont John Wayne, Gary Cooper et Cary Grant dont il suit avec assiduité les aventures dans les cinémas de quartier, aux côtés de son père.

C'était le temps des yé-yés...

Décrochant son certif' en 1956, Claude Moine entre au Crédit Lyonnais comme coursier. Mais le jeune garçon apprécie la fréquentation du Golf Drouot, la seule boîte de nuit à diffuser massivement du rock 'n' roll à Paris. C'est au sein de la faune bigarrée de ce dancing que Claude fait la connaissance de Jean-Pierre Chichportich, un guitariste ambitionnant de monter une formation française jouant du rockabilly yéyé. Le timbre de voix grave et la personnalité de « Schmoll », comme le surnomment ses amis, convainquent Chichportich et les autres de le laisser assumer la partie vocale d' « Eddy Dan et ses Danners », le premier nom du groupe. Moine, qui se fait désormais appeler Eddy, en hommage à l'acteur Eddie Constantine, assure avec une certaine classe et un authentique esprit rock 'n' roll les reprises des grands standards américains, adaptés dans la langue de Johnny Hallyday pour l'occasion.

Très vite, un autre Eddie, Barclay cette fois, repère la formation naissante et signe leur premier 45-tours, « Tu parles trop ». Originellement partis pour s'appeler les Five Rocks, les cinq musiciens découvrent avec stupéfaction que Barclay a négocié dans leur dos un contrat avec une marque de sous-vétements masculins et que leur nom de scène sera désormais... Les Chaussettes Noires. C'est sous ce nom que le groupe va désormais évoluer et incarner le rock 'n' roll made in France, sortir tube sur tube et donner de cette mouvance musicale une image de musique violente, tant les concerts des Chaussettes Noires se terminent souvent en batailles rangées entre les fans et la police. En 1962, Eddy Dan qui a changé son pseudonyme en Eddy Mitchell, est appelé sous les drapeaux, ce qui marque la fin du groupe, d'autant qu'à sa sortie de caserne, le chanteur est tenté par une carrière solo. Un premier disque, « Mais reviens-moi », enregistré lors d'une permission, le convainc qu'un avenir en solitaire est possible. Il quitte définitivement les Chaussettes Noires en 1963 : le groupe ne lui survivra pas.

Du Rock n' Roll au Rhytmn n' Blues

Un premier album Voici Eddy... C'était le Soldat Mitchell ouvre la voie de la carrière de la carrière de Claude Moine en 63. Humour, voix de crooner, charisme tranquille : Eddy a trouvé son personnage. Loin des yé-yés se contentant de « faire comme les grands » (comprendre : les Américains), Schmoll ne se contente pas d'imiter, mais, au contraire, impose sa patte et sa touche personnelle à ses compositions. Si ses deux albums suivants sont effectivement composés essentiellement de reprises des grands standards d'outre-Atlantique, le musicien se découvre un style tout à fait personnel avec Toute La Ville en Parle... Eddy est Formidable en 1964 et surtout Du Rock n' Roll au Rhytm n' Blues en 1965, album qui voit le style de l'artiste évoluer hors du strict cadre « yéyé ».

Incisif, Mitchell commence également à intégrer quelques textes aussi ironiques que désabusés dans ses albums, ce qui le démarque clairement du milieu rock de l'époque. Quelques titres particuliers comme « J'ai oublié de t'oublier »  rencontrent le succès et en font un chanteur clairement à part dans l'offre musicale française. De Londres à Memphis (1967) enregistré en Angleterre et aux Etats-Unis, puis 7 Colts pour Schmoll  (68) et le nostalgique Mitchellville (69) sont autant d'hommages à la terre de naissance du rock'n' roll, mais aussi des albums bourrés de références cinéphiliques aux westerns que le chanteur apprécie tant. Cependant, avec l'arrivée des années 1970, Rock et Rhytm 'n' Blues prennent un petit coup de vieux : même s'il se distingue des anciens yé-yés, Eddy Mitchell ne rencontre qu'un succès d'estime et doit compter sur son public fidèle pour remplir les salles.

Il lui faut attendre 1974 et le carton de Rocking in Nashville, sorti opportunément en même temps qu'une anthologie des Chaussettes Noires, pour percer réellement sur la scène française. « Bye Bye Johnny Be Goode », le titre moteur de l'album est autant un hommage qu'un aveu : le rock de papa, c'est terminé et il est temps de passer à autre chose. « Pas de Boogie Woogie » («...avant la prière du soir ») en 1976 fait d'Eddy Mitchell une valeur sûre de la variété rock à la française aux côtés de son vieux compagnon de route Johnny Hallyday. Fait citoyen d'honneur de Nashville, la cité d'origine de la Country, il enregistre l'album Sur La Route De Memphis en 1976 dont le morceau éponyme devient très vite un classique dans l'oeuvre du chanteur. Nashville-Memphis, un duo urbain aussitôt évocateur dans l'esprit des fans de rock duquel Eddy Mitchell tire la substantifique moelle pour rendre hommage aux pionniers, Elvis Presley en tête.

La dernière séance

Conscient que l'âge d'or du rock est derrière lui, Eddy Mitchell compose « La Dernière séance » en 1977, qui se veut autant une référence au cinéma hollywoodien qu'à une image de carte postale d'une Amérique fantasmée. Nostalgique, l'album signe en quelque sorte l'épitaphe d'une certaine idée du rock 'n' roll à l'ancienne. Des références cinéphiliques qui font d'ailleurs lentement évoluer la carrière d'Eddy Mitchell. S'il a occasionnellement tâté de l'acting dans quelques productions cinématographiques du temps des Chaussettes Noires et de ses débuts, l'homme se retrouve de plus en plus sollicité par le cinéma au cours des années 1980 et plus uniquement dans des caméos ou des rôles de rocker de service : Je vais craquer de François Leterrier, A mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky, Frankenstein 90 d'Alain Jessua, Coup de torchon de Bertrand Tavernier ou La Galette du roi de Jean-Michel Ribes sont autant de films dans lesquels Eddy Mitchell promène sa bonhomie et son visage buriné d'ancien crooner.

Par ailleurs, la chaîne FR3 (actuelle France 3) lui propose à partir de 1982 l'animation d'un ciné-club consacré aux productions américaines des années 1950, l'une des rares émissions du service public à proposer des films en V.O. sous-titrée. L'émission, fort opportunément appelée La Dernière séance, permet au public noctambule de découvrir tout un pan du cinéma populaire américain, des meilleurs westerns de John Ford aux pires navets de science-fiction ringarde, jusqu'alors ignoré par les chaînes de télévision. Le show, dont l'éclectisme est parfaitement louable pour le cinéphile rencontre un franc succès et restera à l'antenne pendant près de quinze ans.

En dépit de ses activités d'acteur et de présentateur de télévision, Eddy Mitchell n'en oublie cependant pas sa carrière originelle et, même s'il est moins présent dans les studios d'enregistrement, sort tout de même quelques beaux albums comme Eddy Paris Mitchell en 1986, ou Ici Londres en 89. Alors que « l'autre » grand survivant du rock 'n' roll hexagonal, Johnny Hallyday, connaît une existence alternant problèmes de couple et ennuis avec le fisc, Schmoll, lui, se contente de traverser l'existence en bon père tranquille, sans faire de vagues.

Monsieur Eddy

Rio Grande, album qui sort en 1993, confirme l'attrait d'Eddy Mitchell pour le rêve américain, quand bien même celui-ci ne serait qu'une vision déformée et hollywoodienne de la société. Car finalement, ce que l'artiste aime vraiment, ce n'est pas tant les Etats-Unis que l'image que le pays projette : celui d'un American Dream associé à l'esprit pionnier, la conquête de l'Ouest et le son des guitares Country, Rock ou Blues. Du Rio Grande à Nashville, en passant par Memphis et la Route 66, l'Amérique d'Eddy Mitchell est une succession de clichés assumés et revendiqués comme tels, ce qui n'empêche pas l'artiste de se produire sur la scène de la fête de l'Huma.

Alternant les prestations au cinéma, on peut le voir en espion de la DGSE dans La Totale de Claude Zidi, en meilleur ami de Michel Serrault dans Le Bonheur est dans le pré d'Etienne Chatilliez (un rôle césarisé en 1995), en projectionniste victime d'un serial-killer dans La Cité de la peur d'Alain Berbérian ou sous son identité propre, le plus souvent en apparition clin d'oeil, comme dans Tanguy d'Etienne Chatilliez ou Les Clés de bagnole de Laurent Baffie. Musicalement, Monsieur Eddy s'oriente de plus en plus vers un registre jazzy, ce qui pouvait déjà s'entendre depuis Big Band au Casino de Paris (1995). La Nouvelle Orléans rejoint ainsi Memphis et Nashville dans l'imaginaire artistique du chanteur et c'est en compagnie de jazzmen cajuns que ce enchaîne les tournées au milieu des années 1990.

Rythme de croisière pour ce papy du rock qui, dès lors, évolue sereinement au sein de son propre univers musical dans lequel on retrouve aussi bien les sons acadiens de Louisiane que les guitares d'Elvis ou d'Eddie Cochran. Quant aux références cinéphiliques, elles sont toujours bien présentes au fil d'un morceau ou d'un autre. On ne se refait pas ; Alternant les albums studios et les tournées (Les Nouvellles Aventures d'Eddy Mitchell, Frenchy, Jambalaya...), Eddy Mitchell évoque de plus en plus son propre passé, celui du titi parisien ayant grandi avec des images de Grand Canyon dans les yeux.

Monstre sacré, mais tranquille, de la scène française, Monsieur Eddy continue à arpenter sa propre Route 66, celle qui traverse aussi bien Memphis et La Nouvelle-Orléans que Belleville ou La Courneuve. Toujours nanti de son humour à froid typique de la Nouvelle-Angleterre, l'artiste qui désormais peut se permettre d'inviter Little Richard sur Jambalaya poursuit benoîtement sa carrière et tâte même de la scène en endossant le premier rôle du Temps des cerises de Niels Arestrup au théâtre.

A l'automne 2010 sort le nouvel album Come Back, fidèle à l'esprit américain qui hante ses oeuvres depuis les années soixante-dix. Composé en majorité par Pierre Papadiamandis, il comprend des titres signes Michel Aumsallem et le single « L'Esprit grande prairie » dû à Alain Souchon et Laurent Voulzy. Eddy Mitchell effectue parrallèlement sa tournée d'adieu à travers les Zénith de l'Hexagone. Cette tournée baptisée Ma Dernière Séance s'achève le 5 septembre 2011 sur la scène de L'Olympia à Paris.

Retraité de la scène, Eddy Mitchell ne l'est pas des studios. Il s'offre en novembre 2013 un plaisir soul en enregistrant à Los Angeles (Californie) avec les mythiques Steve Cropper (guitare), Charlie McCoy (harmonica) et Booket T. Jones (orgue). Héros qui sort en novembre 2013 est également l'occasion de collaborations avec Nolwenn Leroy et l'inattendu Jean Dujardin. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Authentique titi parigot, Claude Moine voit le jour le 3 juillet 1942 dans le quartier de Belleville. Issu de la classe populaire, le futur Eddy Mitchell se shoote au sirop de la rue, entre la découverte du rock américain qui déferle sur l'hexagone dès les années 1950 la sincère admiration envers ces nouvelles icônes que sont John Wayne, Gary Cooper et Cary Grant dont il suit avec assiduité les aventures dans les cinémas de quartier, aux côtés de son père.

C'était le temps des yé-yés...

Décrochant son certif' en 1956, Claude Moine entre au Crédit Lyonnais comme coursier. Mais le jeune garçon apprécie la fréquentation du Golf Drouot, la seule boîte de nuit à diffuser massivement du rock 'n' roll à Paris. C'est au sein de la faune bigarrée de ce dancing que Claude fait la connaissance de Jean-Pierre Chichportich, un guitariste ambitionnant de monter une formation française jouant du rockabilly yéyé. Le timbre de voix grave et la personnalité de « Schmoll », comme le surnomment ses amis, convainquent Chichportich et les autres de le laisser assumer la partie vocale d' « Eddy Dan et ses Danners », le premier nom du groupe. Moine, qui se fait désormais appeler Eddy, en hommage à l'acteur Eddie Constantine, assure avec une certaine classe et un authentique esprit rock 'n' roll les reprises des grands standards américains, adaptés dans la langue de Johnny Hallyday pour l'occasion.

Très vite, un autre Eddie, Barclay cette fois, repère la formation naissante et signe leur premier 45-tours, « Tu parles trop ». Originellement partis pour s'appeler les Five Rocks, les cinq musiciens découvrent avec stupéfaction que Barclay a négocié dans leur dos un contrat avec une marque de sous-vétements masculins et que leur nom de scène sera désormais... Les Chaussettes Noires. C'est sous ce nom que le groupe va désormais évoluer et incarner le rock 'n' roll made in France, sortir tube sur tube et donner de cette mouvance musicale une image de musique violente, tant les concerts des Chaussettes Noires se terminent souvent en batailles rangées entre les fans et la police. En 1962, Eddy Dan qui a changé son pseudonyme en Eddy Mitchell, est appelé sous les drapeaux, ce qui marque la fin du groupe, d'autant qu'à sa sortie de caserne, le chanteur est tenté par une carrière solo. Un premier disque, « Mais reviens-moi », enregistré lors d'une permission, le convainc qu'un avenir en solitaire est possible. Il quitte définitivement les Chaussettes Noires en 1963 : le groupe ne lui survivra pas.

Du Rock n' Roll au Rhytmn n' Blues

Un premier album Voici Eddy... C'était le Soldat Mitchell ouvre la voie de la carrière de la carrière de Claude Moine en 63. Humour, voix de crooner, charisme tranquille : Eddy a trouvé son personnage. Loin des yé-yés se contentant de « faire comme les grands » (comprendre : les Américains), Schmoll ne se contente pas d'imiter, mais, au contraire, impose sa patte et sa touche personnelle à ses compositions. Si ses deux albums suivants sont effectivement composés essentiellement de reprises des grands standards d'outre-Atlantique, le musicien se découvre un style tout à fait personnel avec Toute La Ville en Parle... Eddy est Formidable en 1964 et surtout Du Rock n' Roll au Rhytm n' Blues en 1965, album qui voit le style de l'artiste évoluer hors du strict cadre « yéyé ».

Incisif, Mitchell commence également à intégrer quelques textes aussi ironiques que désabusés dans ses albums, ce qui le démarque clairement du milieu rock de l'époque. Quelques titres particuliers comme « J'ai oublié de t'oublier »  rencontrent le succès et en font un chanteur clairement à part dans l'offre musicale française. De Londres à Memphis (1967) enregistré en Angleterre et aux Etats-Unis, puis 7 Colts pour Schmoll  (68) et le nostalgique Mitchellville (69) sont autant d'hommages à la terre de naissance du rock'n' roll, mais aussi des albums bourrés de références cinéphiliques aux westerns que le chanteur apprécie tant. Cependant, avec l'arrivée des années 1970, Rock et Rhytm 'n' Blues prennent un petit coup de vieux : même s'il se distingue des anciens yé-yés, Eddy Mitchell ne rencontre qu'un succès d'estime et doit compter sur son public fidèle pour remplir les salles.

Il lui faut attendre 1974 et le carton de Rocking in Nashville, sorti opportunément en même temps qu'une anthologie des Chaussettes Noires, pour percer réellement sur la scène française. « Bye Bye Johnny Be Goode », le titre moteur de l'album est autant un hommage qu'un aveu : le rock de papa, c'est terminé et il est temps de passer à autre chose. « Pas de Boogie Woogie » («...avant la prière du soir ») en 1976 fait d'Eddy Mitchell une valeur sûre de la variété rock à la française aux côtés de son vieux compagnon de route Johnny Hallyday. Fait citoyen d'honneur de Nashville, la cité d'origine de la Country, il enregistre l'album Sur La Route De Memphis en 1976 dont le morceau éponyme devient très vite un classique dans l'oeuvre du chanteur. Nashville-Memphis, un duo urbain aussitôt évocateur dans l'esprit des fans de rock duquel Eddy Mitchell tire la substantifique moelle pour rendre hommage aux pionniers, Elvis Presley en tête.

La dernière séance

Conscient que l'âge d'or du rock est derrière lui, Eddy Mitchell compose « La Dernière séance » en 1977, qui se veut autant une référence au cinéma hollywoodien qu'à une image de carte postale d'une Amérique fantasmée. Nostalgique, l'album signe en quelque sorte l'épitaphe d'une certaine idée du rock 'n' roll à l'ancienne. Des références cinéphiliques qui font d'ailleurs lentement évoluer la carrière d'Eddy Mitchell. S'il a occasionnellement tâté de l'acting dans quelques productions cinématographiques du temps des Chaussettes Noires et de ses débuts, l'homme se retrouve de plus en plus sollicité par le cinéma au cours des années 1980 et plus uniquement dans des caméos ou des rôles de rocker de service : Je vais craquer de François Leterrier, A mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky, Frankenstein 90 d'Alain Jessua, Coup de torchon de Bertrand Tavernier ou La Galette du roi de Jean-Michel Ribes sont autant de films dans lesquels Eddy Mitchell promène sa bonhomie et son visage buriné d'ancien crooner.

Par ailleurs, la chaîne FR3 (actuelle France 3) lui propose à partir de 1982 l'animation d'un ciné-club consacré aux productions américaines des années 1950, l'une des rares émissions du service public à proposer des films en V.O. sous-titrée. L'émission, fort opportunément appelée La Dernière séance, permet au public noctambule de découvrir tout un pan du cinéma populaire américain, des meilleurs westerns de John Ford aux pires navets de science-fiction ringarde, jusqu'alors ignoré par les chaînes de télévision. Le show, dont l'éclectisme est parfaitement louable pour le cinéphile rencontre un franc succès et restera à l'antenne pendant près de quinze ans.

En dépit de ses activités d'acteur et de présentateur de télévision, Eddy Mitchell n'en oublie cependant pas sa carrière originelle et, même s'il est moins présent dans les studios d'enregistrement, sort tout de même quelques beaux albums comme Eddy Paris Mitchell en 1986, ou Ici Londres en 89. Alors que « l'autre » grand survivant du rock 'n' roll hexagonal, Johnny Hallyday, connaît une existence alternant problèmes de couple et ennuis avec le fisc, Schmoll, lui, se contente de traverser l'existence en bon père tranquille, sans faire de vagues.

Monsieur Eddy

Rio Grande, album qui sort en 1993, confirme l'attrait d'Eddy Mitchell pour le rêve américain, quand bien même celui-ci ne serait qu'une vision déformée et hollywoodienne de la société. Car finalement, ce que l'artiste aime vraiment, ce n'est pas tant les Etats-Unis que l'image que le pays projette : celui d'un American Dream associé à l'esprit pionnier, la conquête de l'Ouest et le son des guitares Country, Rock ou Blues. Du Rio Grande à Nashville, en passant par Memphis et la Route 66, l'Amérique d'Eddy Mitchell est une succession de clichés assumés et revendiqués comme tels, ce qui n'empêche pas l'artiste de se produire sur la scène de la fête de l'Huma.

Alternant les prestations au cinéma, on peut le voir en espion de la DGSE dans La Totale de Claude Zidi, en meilleur ami de Michel Serrault dans Le Bonheur est dans le pré d'Etienne Chatilliez (un rôle césarisé en 1995), en projectionniste victime d'un serial-killer dans La Cité de la peur d'Alain Berbérian ou sous son identité propre, le plus souvent en apparition clin d'oeil, comme dans Tanguy d'Etienne Chatilliez ou Les Clés de bagnole de Laurent Baffie. Musicalement, Monsieur Eddy s'oriente de plus en plus vers un registre jazzy, ce qui pouvait déjà s'entendre depuis Big Band au Casino de Paris (1995). La Nouvelle Orléans rejoint ainsi Memphis et Nashville dans l'imaginaire artistique du chanteur et c'est en compagnie de jazzmen cajuns que ce enchaîne les tournées au milieu des années 1990.

Rythme de croisière pour ce papy du rock qui, dès lors, évolue sereinement au sein de son propre univers musical dans lequel on retrouve aussi bien les sons acadiens de Louisiane que les guitares d'Elvis ou d'Eddie Cochran. Quant aux références cinéphiliques, elles sont toujours bien présentes au fil d'un morceau ou d'un autre. On ne se refait pas ; Alternant les albums studios et les tournées (Les Nouvellles Aventures d'Eddy Mitchell, Frenchy, Jambalaya...), Eddy Mitchell évoque de plus en plus son propre passé, celui du titi parisien ayant grandi avec des images de Grand Canyon dans les yeux.

Monstre sacré, mais tranquille, de la scène française, Monsieur Eddy continue à arpenter sa propre Route 66, celle qui traverse aussi bien Memphis et La Nouvelle-Orléans que Belleville ou La Courneuve. Toujours nanti de son humour à froid typique de la Nouvelle-Angleterre, l'artiste qui désormais peut se permettre d'inviter Little Richard sur Jambalaya poursuit benoîtement sa carrière et tâte même de la scène en endossant le premier rôle du Temps des cerises de Niels Arestrup au théâtre.

A l'automne 2010 sort le nouvel album Come Back, fidèle à l'esprit américain qui hante ses oeuvres depuis les années soixante-dix. Composé en majorité par Pierre Papadiamandis, il comprend des titres signes Michel Aumsallem et le single « L'Esprit grande prairie » dû à Alain Souchon et Laurent Voulzy. Eddy Mitchell effectue parrallèlement sa tournée d'adieu à travers les Zénith de l'Hexagone. Cette tournée baptisée Ma Dernière Séance s'achève le 5 septembre 2011 sur la scène de L'Olympia à Paris.

Retraité de la scène, Eddy Mitchell ne l'est pas des studios. Il s'offre en novembre 2013 un plaisir soul en enregistrant à Los Angeles (Californie) avec les mythiques Steve Cropper (guitare), Charlie McCoy (harmonica) et Booket T. Jones (orgue). Héros qui sort en novembre 2013 est également l'occasion de collaborations avec Nolwenn Leroy et l'inattendu Jean Dujardin. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Authentique titi parigot, Claude Moine voit le jour le 3 juillet 1942 dans le quartier de Belleville. Issu de la classe populaire, le futur Eddy Mitchell se shoote au sirop de la rue, entre la découverte du rock américain qui déferle sur l'hexagone dès les années 1950 la sincère admiration envers ces nouvelles icônes que sont John Wayne, Gary Cooper et Cary Grant dont il suit avec assiduité les aventures dans les cinémas de quartier, aux côtés de son père.

C'était le temps des yé-yés...

Décrochant son certif' en 1956, Claude Moine entre au Crédit Lyonnais comme coursier. Mais le jeune garçon apprécie la fréquentation du Golf Drouot, la seule boîte de nuit à diffuser massivement du rock 'n' roll à Paris. C'est au sein de la faune bigarrée de ce dancing que Claude fait la connaissance de Jean-Pierre Chichportich, un guitariste ambitionnant de monter une formation française jouant du rockabilly yéyé. Le timbre de voix grave et la personnalité de « Schmoll », comme le surnomment ses amis, convainquent Chichportich et les autres de le laisser assumer la partie vocale d' « Eddy Dan et ses Danners », le premier nom du groupe. Moine, qui se fait désormais appeler Eddy, en hommage à l'acteur Eddie Constantine, assure avec une certaine classe et un authentique esprit rock 'n' roll les reprises des grands standards américains, adaptés dans la langue de Johnny Hallyday pour l'occasion.

Très vite, un autre Eddie, Barclay cette fois, repère la formation naissante et signe leur premier 45-tours, « Tu parles trop ». Originellement partis pour s'appeler les Five Rocks, les cinq musiciens découvrent avec stupéfaction que Barclay a négocié dans leur dos un contrat avec une marque de sous-vétements masculins et que leur nom de scène sera désormais... Les Chaussettes Noires. C'est sous ce nom que le groupe va désormais évoluer et incarner le rock 'n' roll made in France, sortir tube sur tube et donner de cette mouvance musicale une image de musique violente, tant les concerts des Chaussettes Noires se terminent souvent en batailles rangées entre les fans et la police. En 1962, Eddy Dan qui a changé son pseudonyme en Eddy Mitchell, est appelé sous les drapeaux, ce qui marque la fin du groupe, d'autant qu'à sa sortie de caserne, le chanteur est tenté par une carrière solo. Un premier disque, « Mais reviens-moi », enregistré lors d'une permission, le convainc qu'un avenir en solitaire est possible. Il quitte définitivement les Chaussettes Noires en 1963 : le groupe ne lui survivra pas.

Du Rock n' Roll au Rhytmn n' Blues

Un premier album Voici Eddy... C'était le Soldat Mitchell ouvre la voie de la carrière de la carrière de Claude Moine en 63. Humour, voix de crooner, charisme tranquille : Eddy a trouvé son personnage. Loin des yé-yés se contentant de « faire comme les grands » (comprendre : les Américains), Schmoll ne se contente pas d'imiter, mais, au contraire, impose sa patte et sa touche personnelle à ses compositions. Si ses deux albums suivants sont effectivement composés essentiellement de reprises des grands standards d'outre-Atlantique, le musicien se découvre un style tout à fait personnel avec Toute La Ville en Parle... Eddy est Formidable en 1964 et surtout Du Rock n' Roll au Rhytm n' Blues en 1965, album qui voit le style de l'artiste évoluer hors du strict cadre « yéyé ».

Incisif, Mitchell commence également à intégrer quelques textes aussi ironiques que désabusés dans ses albums, ce qui le démarque clairement du milieu rock de l'époque. Quelques titres particuliers comme « J'ai oublié de t'oublier »  rencontrent le succès et en font un chanteur clairement à part dans l'offre musicale française. De Londres à Memphis (1967) enregistré en Angleterre et aux Etats-Unis, puis 7 Colts pour Schmoll  (68) et le nostalgique Mitchellville (69) sont autant d'hommages à la terre de naissance du rock'n' roll, mais aussi des albums bourrés de références cinéphiliques aux westerns que le chanteur apprécie tant. Cependant, avec l'arrivée des années 1970, Rock et Rhytm 'n' Blues prennent un petit coup de vieux : même s'il se distingue des anciens yé-yés, Eddy Mitchell ne rencontre qu'un succès d'estime et doit compter sur son public fidèle pour remplir les salles.

Il lui faut attendre 1974 et le carton de Rocking in Nashville, sorti opportunément en même temps qu'une anthologie des Chaussettes Noires, pour percer réellement sur la scène française. « Bye Bye Johnny Be Goode », le titre moteur de l'album est autant un hommage qu'un aveu : le rock de papa, c'est terminé et il est temps de passer à autre chose. « Pas de Boogie Woogie » («...avant la prière du soir ») en 1976 fait d'Eddy Mitchell une valeur sûre de la variété rock à la française aux côtés de son vieux compagnon de route Johnny Hallyday. Fait citoyen d'honneur de Nashville, la cité d'origine de la Country, il enregistre l'album Sur La Route De Memphis en 1976 dont le morceau éponyme devient très vite un classique dans l'oeuvre du chanteur. Nashville-Memphis, un duo urbain aussitôt évocateur dans l'esprit des fans de rock duquel Eddy Mitchell tire la substantifique moelle pour rendre hommage aux pionniers, Elvis Presley en tête.

La dernière séance

Conscient que l'âge d'or du rock est derrière lui, Eddy Mitchell compose « La Dernière séance » en 1977, qui se veut autant une référence au cinéma hollywoodien qu'à une image de carte postale d'une Amérique fantasmée. Nostalgique, l'album signe en quelque sorte l'épitaphe d'une certaine idée du rock 'n' roll à l'ancienne. Des références cinéphiliques qui font d'ailleurs lentement évoluer la carrière d'Eddy Mitchell. S'il a occasionnellement tâté de l'acting dans quelques productions cinématographiques du temps des Chaussettes Noires et de ses débuts, l'homme se retrouve de plus en plus sollicité par le cinéma au cours des années 1980 et plus uniquement dans des caméos ou des rôles de rocker de service : Je vais craquer de François Leterrier, A mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky, Frankenstein 90 d'Alain Jessua, Coup de torchon de Bertrand Tavernier ou La Galette du roi de Jean-Michel Ribes sont autant de films dans lesquels Eddy Mitchell promène sa bonhomie et son visage buriné d'ancien crooner.

Par ailleurs, la chaîne FR3 (actuelle France 3) lui propose à partir de 1982 l'animation d'un ciné-club consacré aux productions américaines des années 1950, l'une des rares émissions du service public à proposer des films en V.O. sous-titrée. L'émission, fort opportunément appelée La Dernière séance, permet au public noctambule de découvrir tout un pan du cinéma populaire américain, des meilleurs westerns de John Ford aux pires navets de science-fiction ringarde, jusqu'alors ignoré par les chaînes de télévision. Le show, dont l'éclectisme est parfaitement louable pour le cinéphile rencontre un franc succès et restera à l'antenne pendant près de quinze ans.

En dépit de ses activités d'acteur et de présentateur de télévision, Eddy Mitchell n'en oublie cependant pas sa carrière originelle et, même s'il est moins présent dans les studios d'enregistrement, sort tout de même quelques beaux albums comme Eddy Paris Mitchell en 1986, ou Ici Londres en 89. Alors que « l'autre » grand survivant du rock 'n' roll hexagonal, Johnny Hallyday, connaît une existence alternant problèmes de couple et ennuis avec le fisc, Schmoll, lui, se contente de traverser l'existence en bon père tranquille, sans faire de vagues.

Monsieur Eddy

Rio Grande, album qui sort en 1993, confirme l'attrait d'Eddy Mitchell pour le rêve américain, quand bien même celui-ci ne serait qu'une vision déformée et hollywoodienne de la société. Car finalement, ce que l'artiste aime vraiment, ce n'est pas tant les Etats-Unis que l'image que le pays projette : celui d'un American Dream associé à l'esprit pionnier, la conquête de l'Ouest et le son des guitares Country, Rock ou Blues. Du Rio Grande à Nashville, en passant par Memphis et la Route 66, l'Amérique d'Eddy Mitchell est une succession de clichés assumés et revendiqués comme tels, ce qui n'empêche pas l'artiste de se produire sur la scène de la fête de l'Huma.

Alternant les prestations au cinéma, on peut le voir en espion de la DGSE dans La Totale de Claude Zidi, en meilleur ami de Michel Serrault dans Le Bonheur est dans le pré d'Etienne Chatilliez (un rôle césarisé en 1995), en projectionniste victime d'un serial-killer dans La Cité de la peur d'Alain Berbérian ou sous son identité propre, le plus souvent en apparition clin d'oeil, comme dans Tanguy d'Etienne Chatilliez ou Les Clés de bagnole de Laurent Baffie. Musicalement, Monsieur Eddy s'oriente de plus en plus vers un registre jazzy, ce qui pouvait déjà s'entendre depuis Big Band au Casino de Paris (1995). La Nouvelle Orléans rejoint ainsi Memphis et Nashville dans l'imaginaire artistique du chanteur et c'est en compagnie de jazzmen cajuns que ce enchaîne les tournées au milieu des années 1990.

Rythme de croisière pour ce papy du rock qui, dès lors, évolue sereinement au sein de son propre univers musical dans lequel on retrouve aussi bien les sons acadiens de Louisiane que les guitares d'Elvis ou d'Eddie Cochran. Quant aux références cinéphiliques, elles sont toujours bien présentes au fil d'un morceau ou d'un autre. On ne se refait pas ; Alternant les albums studios et les tournées (Les Nouvellles Aventures d'Eddy Mitchell, Frenchy, Jambalaya...), Eddy Mitchell évoque de plus en plus son propre passé, celui du titi parisien ayant grandi avec des images de Grand Canyon dans les yeux.

Monstre sacré, mais tranquille, de la scène française, Monsieur Eddy continue à arpenter sa propre Route 66, celle qui traverse aussi bien Memphis et La Nouvelle-Orléans que Belleville ou La Courneuve. Toujours nanti de son humour à froid typique de la Nouvelle-Angleterre, l'artiste qui désormais peut se permettre d'inviter Little Richard sur Jambalaya poursuit benoîtement sa carrière et tâte même de la scène en endossant le premier rôle du Temps des cerises de Niels Arestrup au théâtre.

A l'automne 2010 sort le nouvel album Come Back, fidèle à l'esprit américain qui hante ses oeuvres depuis les années soixante-dix. Composé en majorité par Pierre Papadiamandis, il comprend des titres signes Michel Aumsallem et le single « L'Esprit grande prairie » dû à Alain Souchon et Laurent Voulzy. Eddy Mitchell effectue parrallèlement sa tournée d'adieu à travers les Zénith de l'Hexagone. Cette tournée baptisée Ma Dernière Séance s'achève le 5 septembre 2011 sur la scène de L'Olympia à Paris.

Retraité de la scène, Eddy Mitchell ne l'est pas des studios. Il s'offre en novembre 2013 un plaisir soul en enregistrant à Los Angeles (Californie) avec les mythiques Steve Cropper (guitare), Charlie McCoy (harmonica) et Booket T. Jones (orgue). Héros qui sort en novembre 2013 est également l'occasion de collaborations avec Nolwenn Leroy et l'inattendu Jean Dujardin. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


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