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Mais que signifie à la fin le nez rouge, comme abandonné, oublié sur la couverture ? Il est d'abord l'absence, ou le dévoilement trop tardif d'un père dont il a connu l'histoire trop tard, trop tard pour découvrir quel héros était ce père, ce qui lui aurait évité les sarcasmes méprisants du "morveux" qu'il était alors. Du mépris, il en avait aussi, et à revendre, pour l'oncle Gaston et la Nicole, sa petite femme potelée. Mais voilà qu'un jour, tous sur leur trente et un, ils sont allés ensemble au cinéma, comme on va à la messe. Et dans le générique, un nom allemand est apparu, et tous ont été parcourus par un frisson que l'auteur, adolescent, ne pouvait pas comprendre. Pas encore. Il a fallu attendre la fin du film, et que Gaston s'installe devant une bière, au café d'en face, pour lui rapporter toute l'histoire. Celle qui a fait de son père, d'un simple instituteur qui faisait aussi le clown le dimanche, pour arrondir (tous) les mois difficiles, un résistant. Un résistant - avec son nez rouge - à toutes les indignités de la guerre et à toutes les mascarades, à toutes les pitoyables pitreries d'après-guerre, où les accusés finissent par apparaître comme les véritables augustes aux cheveux rouges. Ce livre vous happe, et derrière les "effroyables jardins", on en découvre d'autres, incroyablement soignés et beaux comme des paradis, où l'on peut continuer, dignement, à "être des hommes". --Laure Anciel --Ce texte fait référence à lédition Broché .
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"Que je te dise : la Résistance, on s'y est mis, les autres je sais pas, en tous cas au début Comme si on serait allés au bal " avoue Gaston au petit garçon. Le Gaston, c'est le cousin du papa ; et le papa, c'est celui qui terrorise son fils a vouloir jouer l'Auguste à tout bout de champ. Arrive le jour où le fils doit être "affranchi" et de l'origine et du sens de cet accoutrement que le père revêt sans talent mais avec un bonheur non dissimulé. Cette pitrerie : un acte de mémoire, un acte de déférence. Et le Gaston de raconter l'apprentissage de la Résistance, la capture, l'Allemand philosophe A peine soixante pages et les vies sont rajustées, humblement, à leurs vécus.
Effroyables jardins laisse pantois, presque abasourdi de cette justesse si sobre. La langue de Michel Quint, mélange de pudeur et d'audace, joue sur une partition chaloupée pourtant sans anicroche. L'auteur détourne le drame et invite au sourire au moment où certainement le cur n'y serait pas. Mais voilà, le récit l'emporte avec son bagou et sa simplicité.--Sylvaine Jeminet-- --Ce texte fait référence à lédition Broché .
Présentation de l'éditeur
Michel Quint
Lu par André Dussolier
1CD
17euros
"Certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de Maurice PAPON, la police a empêché un clown, un auguste, au demeurant fort mal maquillé et au costume de scène bien dépenaillé, de s'introduire dans la salle d'audience du palais de justice de Bordeaux." --Ce texte fait référence à l'édition CD .
Quatrième de couverture
-Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ? »
L'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à Verdun et de son père, ancien résistant.
Le deuxième volet d'Effroyables Jardins a paru en 2002 aux éditions Joëlle Losfeld sous le titre Aimer à peine.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.