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Commentaires client les plus utiles
20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Une plongée dans l'esprit d'un criminel de masse,
Par D. L. Rougery (Paris) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eichmann à Jérusalem (Poche)
Hannah Arendt, philosophe allemande juive émigrée aux Etats-Unis, assiste au procès d'Adolphe Eichmann (chargé des déportations sous l'Allemagne nazie) en Israël et propose le concept de "banalité du mal" pour qualifier la destruction massive et "bureaucratique" des Juifs dans les pays occupés par les Nazis. Plongée dans l'esprit (plutôt vide...) d'un grand criminel, le livre est aussi une histoire de la destruction des Juifs d'Europe. Polémique et riche l'ouvrage donne à méditer.
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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Qui furent les coupables ?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eichmann à Jérusalem (Poche)
Plus de 60 ans après, on peut encore se poser quelques questions fondamentales : qu'est-ce qui s'est passé ? Qui furent les coupables ?
En rapportant les minutes du procès d'Eichmann à Jérusalem, Arendt commence par incriminer quelques iniquités du côté de l'accusation qui veut orienter "son" procès. Ce n'est plus le procès au nom de l'humanité, mais au nom des juifs ; non le procès d'un crime contre l'humanité, mais contre les juifs. Le procès d'une barbarie de masse à travers un seul homme. Très pratique pour éviter de creuser et de poser les vraies questions. Hannah Arendt annonce l'ère de la "banalité du mal", c'est à dire non plus le mal par libre arbitre, celui qui nous révulsait en même temps qu'il nous fascinait, mais le mal par serment d'allégeance ; la petite obéissance pseudo-kantienne appliquée au Reich, la hiérarchie du Reich, les lois du Reich, le Cosmos du Reich, et donc : le Führer. L'allégeance au-delà de toute volonté, de toute initiative personnelle, au-delà de la conscience morale, d'un petit rond-de-cuir arriviste, insignifiant, vide, parfois grotesque, quasi comique ; un authentique "Ponce Pilate" qui dit : "je ne suis pas coupable, je n'ai fait qu'obéir, je m'en lave les mains." La nouvelle nature du mal dans l'ère des masses. L'intérêt de l'ouvrage va bien au-delà : il raconte les étapes successives de la destruction des juifs d'Europe après les échecs des alternatives (expulsion à Madagascar, en Amérique du sud, etc), et la spirale infernale de l'engloutissement, concomitamment à la chute d'une idéologie martiale et conquérante, de toute une nation dans une barbarie d'État. Une barbarie qui ne fut pas le seul fait des allemands, mais de tous les collabos, dont bien des dirigeants juifs eux-mêmes, qui n'hésitèrent pas à envoyer à l'abattoir les "petits" pour préserver les "éminents" ! L'horreur devenue une banale composante administrative sur le corps de millions de martyrs anonymes. Pour ceux continuant de penser qu'Hannah Arendt était pronazie, antisioniste, qu'elle cherchait à défendre Heidegger ou je ne sais quelle connerie, je suggère d'intensifs cours de remise à niveau en lecture. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un livre essentiel sur la genèse de l'Etat sioniste.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eichmann à Jérusalem (Poche)
Dans cet enquête historique, les universitaires tentent de faire croire que le seul intérêt de cet ouvrage porterait sur une notion philosophique " la banalité du mal". Il n'en est rien.
En réalité, Hannah Arendt explore l'histoire des sionistes de 1933 à 1939 et des conseils juifs qui collaborent ouvertement et délibérément avec les nazis, jusqu'à livrer des centaines de milliers de juifs sur la base d'accord entre les sionistes et les nazis. On apprend ainsi que les sionistes, ultra-minoritaires, saluèrent l'arrivée au pouvoir d'Hitler, qu'ils poussèrent les juifs allemands à porter l'étoile jaune et s'opposèrent au boycott du régime nazi. Le sionistes s'opposaient aux assimilationistes, ils voyaient les nazis comme des alliés idéologiques qui poursuivaient le même but : l'expulsion des juifs d'Europe en Palestine. " Soyons fiers de porter l'étoile jaune !" le slogan le plus populaire de ces années là que Robert Welsch, le rédacteur en chef de Judische Rundchau avait conçu, exprimait l'atmosphère d'émotion générale formulé en guise de réponse au Jour du boycott du 1er avril 1933- plus de six ans avant que les nazis contraignent effectivement les juifs à porter un insigne." ( page 135) " Au cours de ces premières années, les autorités nazies et l'Agence juive pour la Palestine (la Haavara) conclurent un accord de transfert selon lequel un émigrant en Palestine pourrait transférer son argent sous forme de produits allemands et les échanger en arrivant, contre les livres palestiennes" ( page 136) Elle explique que ce procès fut conduit dans le seul but de légitimer le nouvel Etat sioniste et son gouvernement dont les principaux membres avaient collaboré avec le régime hitlérien. Ce qui failli provoquer un grave crise. Cette collaboration alla jusqu'à la livraison de centaines de milliers de juifs hongrois en 1944, dans les camps de concentration, sous la direction du docteur sioniste Kastner. Kastner fut convoqué à la barre, le journal Haaretz révéla que ce n'est pas simplement Kastner qu'il faudrait aussi juger mais l'ensemble du gouvernement de 1948 pour sa responsabilité dans les déportations de juifs dans les camps de la mort. Kastner, durant le procès, fut assassiné sur les marches du palais de justice, son assassin écopa de quelques mois de prison et le gouvernement érigea une stèle commémorative en l'honneur de Kastner. Voici ce qu'elle écrit page 234 : " Partout où les juifs vivaient, il y avait des dirigeants juifs reconnus comme tels, et cette direction, presque sans exception a coopéré, d'une façon où d'une autre, pour une raison ou une autre, avec les nazis." Un livre essentiel, qui rompt avec l'histoire binaire, grossière et infantile, qui oppose les victimes aux bourreaux, à des fins manipulatrices. Un livre essentiel qui permet de comprendre les bases fondatrices de 'Etat sioniste et explique les agissements racistes et criminels contre le peuple palestinien. Ce que Warschawski a appelé : l'ethnocide des palestiens. Arendt, en faisant le pari de la vérité historique et de l'antisémitisme, sans complaisance, s'est alors attiré les foudres des sionistes. Un nunméro du Nouvel observateur de 1977 n'hésita pas qualifier Arendt de nazi. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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