La littérature américaine contemporaine est décidément d'une richesse inouïe. Siri Hustvedt - qui n'est pas pour rien la femme de Paul Auster - raconte la quête d'un psychanalyste new-yorkais confronté au décès de son père, fils d'immigré norvégien, et aussi celle de plusieurs personnes de son entourage (soeur, ami, locataire, amant de cette dernière, patients, ...). Le contexte est à l'analyse et à l'introspection pour ces personnes qui, à un moment de leur vie, s'interrogent sur le sens de celle-ci. Il n'est pas anodin que le récit soit situé deux ans après l'effondrement des tours jumelles le 11 septembre 2001, car c'est aussi à un effondrement intérieur de ces personnes et à leur difficile reconstruction qu'est consacré l'ouvrage. Comme l'indique un autre commentateur, ce livre est exigeant, car le complexe et profond développement analytique appelle un effort de compréhension du lecteur, ainsi qu'un sens de la mesure dans le temps de lecture. Le récit est toutefois très soutenu. L'intérêt du lecteur pour l'énigme posée après le décès du père - un papier retrouvé révèle un fait qu'il a toujours caché - ainsi que pour la réussite des entreprises du narrateur psychanalyste auprès de son attirante locataire ne faiblit jamais. A noter que le personnage de la soeur Inga annonce "La femme qui tremble", dernier ouvrage de S. Hustvedt.