Difficile de résumer Elantris sans en dire trop ou pas assez. L'histoire contient déjà tous les thèmes chéris par Brian Sanderson, la servitude, l'injustice des puissants, leur aveuglement, les prêtres et moines fanatiques, la magie infusée mais peu présente, finalement, l'intelligence de l'héroïne, l'honnêteté pleine et entière du héros, le groupe d'amis qui se regroupe pour conspirer.
L'histoire raconte comment Elantris, une ville habitée par des demi-dieux beaux et puissants, a chuté du jour au lendemain, ne laissant de ces dieux que des morts-vivants, affamés, perclus de douleur. Le mal qui ronge Elantris capture de temps-en-temps un humain ou deux, la nuit, humains qui se réveillent morts-vivants le matin, et qui se voient jetés dans Elantris. Le livre s'ouvre sur le Prince Raoden, qui est pris par le mal Elantrien une semaine avant son mariage et se voit exilé dans la ville morte - il refusera son sort, il refusera de baisser les bras. L'un des aspect fort agréable de l'histoire est aussi la présence d'un "méchant éthique", qui, s'il a clairement des intentions funestes, n'en reste pas moins plein de principes de justice auxquels il se tient, on en vient à l'apprécier très vite, ce qui est suffisamment rare pour être souligné ! La fin, si elle n'est pas étonnante en elle-même, reste haletante, et vous rappellera Mistborn par certains aspects.
La société créée par l'auteur est originale, sans faille. Ce qui est étonnant chez Sanderson c'est que chaque histoire nous emmène dans un monde différent, avec des principes différents, une magie différente et, s'il y a des similitudes entre les livres, on reste estomaqué par la grande imagination de ces récits et le voyage dans lequel ils nous emmènent à chaque fois. Ce livre est assumé comme unique, ne faisant pas partie d'une trilogie ou plus, mais il pose des bases pour une suite éventuelle, et je ne serais pas étonné de retrouver Raoden affrontant Wyrn directement un de ces jours.