Retour gagnant
Je dois faire partie des rares auditeurs à avoir franchement aimé Taxi Europa (Stephan Eicher avouant lui même avoir fait un disque pour la scène...), et je me posais vraiment la question du prochain album... Un artiste à l'étiquette collante « 80's », après quelques chef-d'aeuvres parmi lesquels Carcassonne, Engelberg, ou... Taxi Europa... : comment notre chanteur allait-il faire un disque, en plein dans les années 2000 ? Allait-il nous refourguer ses titres en langue allemande (qui me font tous zapper, sans exception), allait-il être has been, définitivement, ne plus être rock... ?
Le single me donnait des frissons : « rendez-vous » est à la limite du j'aime et du j'aime pas, à la limite de la soupe et du titre qui fait pleurer pour de vrai. J'avais peur, parce que je savais que Philippe Djian n'était plus le seul le navigateur de l'avion Eicher.
Peur que Raphael ou le chanteur de Mickey 3D le fasse perdre dans le nouveau triangle des Bermudes de la musique contemporaine... Peur de la mode des producteurs à la mode...
Et puis... et puis non : Cet album est magique, entre folk, country (à la Neil Young, genre Harvest Moon, vous voyez), la trompette du gars de Calexico est juste magique (« Rendez Vous »), décalage ironique magique (« Dimanche... »), trip hop déroutant (« I cry at the commercials »), ...
Et puis, il y a, toujours, ces titres, époustouflants. Ces collaborations magiques, uniques, qui vous font verser les larmes avec une facilité étonnante, malgré nos muscles, notre barbe, notre t shirt noir. Ces paroles que seuls quelques uns savent faire vibrer, Stephan Eicher est l'un d'eux. Philippe Djian est son poisson pilote. On reconnaît les textes aux premier vers (parce que oui, c'est de la poésie).
Ces textes qui racontent toujours la même chose, que ça fait mal parce qu'elle n'est plus là.
Ces titres là sont mes préférés, je veux parler de « Voyage », « Confettis », « Eldorado » et surtout « Solitaires », le titre le plus lumineux de l'album.
Alors au final, cet album est magnifique, Eicher parvient même à se renouveler (« I cry at the commercials »), et même ses titres allemands sont bons !