Avant de collaborer avec le génial Nicolas Repac (car oui, il faut le dire, ce monsieur à beaucoup de talent, que ce soit en solo, en tant qu'accompagnateur d'Arthur H ou en binôme de la diva africaine ici évoquée, fin de l'intermède « fan de »), Mamani Keita avait commit cet album avec le producteur/compositeur/ex-rocker Marc Minelli.
Le moins que l'on puisse dire c'est que cet Electro Bamako porte bien son titre. Réunis par le plus grand des hasards, alors que - de leur aveu propre - l'univers musical de l'autre leur était tout à fait étranger, Minelli et Keita y réussissent le tour de force de concocter un son où s'interpénètrent les origines et influences de chacun sans jamais ne paraitre forcé.
Outre le chant de Mamani (évoquant forcément son Mali natal), c'est à une musique entre jazz, electro, musique traditionnelle malienne et trip-hop qui nous est servie. Le résultat aurait pu n'être qu'une bancale entreprise mais les deux univers se rencontrent harmonieusement et s'enrichissent l'un l'autre du fait d'un savant dosage parfaitement maîtrisé. Le chant de Mamani épice ainsi ce qu'il faut les beats (souvent langoureux) et les mélodies jazzées de Minelli.
Evidemment, la formule fonctionne mieux quand l'africanité de Mamani s'impose pleinement - secondée qu'elle est par la guitare Dielly Moussa - mais l'ensemble appelle à de nombreuses écoutes de cette création pas vraiment comme les autres et jamais indigeste...
Les amateurs de « world cocktail » apprécieront.
personnel:
- Mamani Keita: chant, paroles, musiques
- Marc Minelli: production, arrangements, musiques
- Dielly Moussa, Patrick Castille: guitare
- Moriba Koïta: n'goni
- Laure King: violoncelle
- Stan Steiner: violon
- Elie Chemali: piano, claviers
- Pascal Simoni: piano
- Daniel Paboeuf: saxophone, clarinette
- Ludovic Louis: trompette
- Olsa: choeurs
- Laurent Jaïs: basse, treatments