Eli and the 13th Confession fut le premier album enregistré chez Columbia par Laura Nyro, chanteuse raffinée et atypique, curieuse de tout, du jazz de Miles Davis et John Coltrane à la folk de Bob Dylan et Joan Baez, en passant par la soul de Smokey Robinson ou de The Impressions.
Ceci dit, malgré ces influences plurielles et des hommages évidents à de multiples artistes, la musique de Laura Nyro ne ressemble véritablement à aucune autre. Le plus marquant étant cette grande variété de nuances dans la voix, et ce goût pour les changements de tempo ( voir "Sweet Blindness" ou "December's Boudoir" ).
Tous les titres du disque ont été écrits par la pétillante jeune femme ( elle n'avait que 21 ans lors de la réalisation de ce disque enregistré en 1968 ), et un certain nombre d'entre eux résonnent immédiatement comme des classiques, tel le réjouissant "Lu", ou l'enflammé "Eli's Coming" petit bijou pop-soul au charme étrange.
A noter aussi que ce premier album est plus frais et ensoleillé que le mélancolique ( mais tout aussi recommendable ) New York Tendaberry qui suivra peu après.
On en décèle cependant les prémices avec "Lonely Women", qui fait penser aux chansons les plus épurées de Joni Mitchell, ou ce "Poverty Train" aux couleurs grises, superbe ballade atmosphérique qui mèle élégamment guitares folk, piano et flute, et impose des ruptures de ton surprenantes.
On apprécie également le contenant, puisque la superbe réédition estampillée Legacy contient de très belles photos, d'abondantes notes de pochettes, et trois bonus-tracks ( des démos de "Lu", "Stoned Soul Picnic" et "Emmie" ).
N.B. Les amateurs pourront se tourner les yeux fermés vers New-York Tendaberry ou encore Christmas and the Beads of Sweat.