Commentaires client les plus utiles
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35 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
N'oubliez jamais !, 8 avril 2007
Sarah a dix ans lorsque le 16 juillet 1942 elle et son petit frère Michel sont brutalement tirés du sommeil par des martèlements violents contre la porte d'entrée. C'est la police française, le début de l'enfer, il faut faire vite, préparer ses affaires à la hâte. Dans cette panique, Sarah ne pense qu'à une seule chose, protéger son petit frère en l'enfermant dans le placard secret de leur chambre avec la promesse de revenir le chercher quand tout ceci sera fini. Mais l'horreur continue, Sarah et ses parents se retrouvent enfermés au vélodrome d'hiver, parqués comme des bêtes, pires que des bêtes, puisque sous une chaleur insoutenable, dans des conditions effroyables, ils sont, depuis plusieurs jours, sans eau et sans nourriture avant d'être déportés dans le camp de transit de Beaune-la-Rolande où les enfants seront sauvagement arrachés à leurs parents.
60 ans plus tard, Julia, journaliste américaine, installée en France depuis vingt ans, est chargée par son hebdomadaire américain de couvrir la soixantième commémoration du Vel' d'Hiv' où plus de 4000 enfants juifs, âgés pour la plupart de 2 à 12 ans, et leurs parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Embarrassée par cette demande, elle se rend compte qu'elle ne sait absolument rien de cet évènement et qu'elle n'est pas la seule à être dans l'ignorance. Ses recherches s'avèrent difficiles, c'est un sujet tabou, un secret bien enfoui que personne n'a voulu déterrer.
Plongée dans les archives, au fur et à mesure de son enquête, elle est effondrée par ce qu'elle découvre : le zèle odieux de la police française qui a orchestré cette rafle, le sort de ses familles dont la plupart des enfants étaient nés en France, la maltraitance dans les camps de Beaune-la-Rolande et Drancy...Étrangement, sur ce douloureux chemin de la mémoire, les deux histoires vont se rejoindre, Julia remarque qu'il existe un lien entre le destin de la petite Sarah et sa belle-famille, elle veut donc tout savoir, arracher le masque sur cette face cachée. En ouvrant la boîte de Pandore, elle va réveiller ce lourd et douloureux passé qui ressurgit entre les murs de l'appartement des grands parents de son mari, rue de Saintonge dans le marais, qui était celui de Sarah et où Julia va bientôt emménager.
Ce merveilleux roman à deux voies qui alterne entre les deux époques, est poignant, plusieurs passages sont déchirants, et en même temps il y a cette note d'espoir qui vient mettre un peu de soleil sur les dernières pages. J'ai dû attendre un peu avant de pouvoir en parler, car même une fois refermé l'émotion était toujours présente. C'est un magnifique livre à lire sans hésiter !
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45 internautes sur 48 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une leçon d'amour et d'absolu, pour ne jamais oublier, 1 mars 2007
Au début du roman, on rencontre une petite fille juive, seule avec sa mère et le petit frère, lorsque la police française tambourine à leur porte pour les exhorter à les suivre sur le champ. La fillette décide de cacher son petit frère dans un placard secret dont elle ferme la porte à clé en lui promettant de revenir plus tard. Promis. L'enfant ignore qu'elle part pour ne jamais revenir.. et quand elle le découvre, évidemment c'est l'horreur, l'angoisse, le sentiment de culpabilité et le début d'une lente agonie. Son petit frère, âgé de 4 ans, seul dans sa cachette, avec rien d'autre pour survivre que l'attente d'une promesse faite.
En 2002, Julia, journaliste américaine, prépare un dossier sur la Shoah. Son enquête va évidemment la conduire vers la petite Sarah, et plus encore. C'est admirablement rendu par la narration et le tempo donné par l'auteur. Tatiana de Rosnay a su imposer son roman "choc" sur un sujet aussi sensible. Il y a une émotion incroyable qui s'en dégage, des secrets vont sortir des placards (quel pauvre jeu de mots !). Si vous avez déjà lu "La Mémoire des murs", vous pouvez comprendre que ce roman a été nourri de celui-ci ("Elle s'appelait Sarah" a été écrit vers 2003). Il est donc important et nécessaire de LIRE ce roman très bien documenté, qui est aussi une leçon de mémoire et de devoir. C'est vraiment très fort et percutant, écrit avec une réelle sensibilité, un sentiment d'implication et de tendresse.
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20 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une oeuvre magistrale dont la lecture tatouera à tout jamais son empreinte dans les esprits, 1 mars 2007
Difficile de dire si c'est moi qui ai dévoré ce roman ou l'inverse, voire les deux à la fois, tant je me sens habitée par la petite Sarah. Un bouleversant récit sur cette période sombre de l'histoire qui constitue une mise en accusation de l'oubli, participe avec une émotion à fleur de plume au recouvrement de la mémoire, au devoir de se souvenir, de témoigner. Face à la barbarie dont les hommes peuvent être hélas capables - et ce judéocide en est un triste exemple - ce récit invite à garder l'esprit en alerte sur tout risque de dérapage. Plus qu'un témoignage sur le passé, il est donc aussi une invitation à la vigilance au présent.
Déchirant. Poignant. Magnifique.
De la première à la dernière ligne, la tension est permanente avec une montée en puissance au fur et à mesure de notre attachement aux personnages. L'auteure décrit les situations, l'ambiance des lieux, la psychologie des individus avec une acuité et une justesse si grandes, que l'on se fond dans le récit au point d'en oublier qu'il s'agit d'une fiction. Ce roman ne se lit pas, il se VIT. Ses personnages ne sont pas prisonniers des pages, ils vous HABITENT. Vous n'êtes plus un lecteur mais un TEMOIN.
Un style d'une remarquable fluidité, avec des phrases courtes, un rythme soutenu, où chaque mot fait mouche.Une construction aussi habile qu'imaginative où présent et passé alternent avant de se fondre et se confondre pour bâtir ensemble un avenir.
Tatiana de Rosnay nous offre un morceau de bravoure.
Je ne peux que vous inciter à vous précipiter sur ce roman que j'ai lu en apnée, la gorge nouée et les yeux embués de larmes.
Il y a véritablement un avant et un après cette lecture.
S'il m'avait fallu résumer ce commentaire dithyrambique (à la mesure de mon coup de foudre) en quelques mots, je les aurais empruntés à C.Bobin "Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent, c'est pour toujours. Des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas. On entre et on ne reviendra plus en arrière".
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