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Commentaires client les plus utiles
18 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Mitigé,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail (Broché)
Bien écrit, peut-être, bien traduit permettez moi d'en douter. On imagine plutôt là - ô ironie - l'œuvre d'un traducteur automatique, tellement peu sûr que des termes originaux sont rappelés à de nombreuses reprise en italique et entre parenthèse ! Et avec surtout cette propension systématique à remplacer le terme récurrent "self-esteem" par "auto-estime" (sic), là ou "estime de soi" ou "amour propre" auraient suffit. Passons sur la traduction littérale des termes de mécanique : on peut être traducteur et ne pas savoir ce qu'est une culasse ou un cache-culbuteurs, mais voilà exactement l'illustration de ce que dénonce l'auteur lorsqu'il parle de la rédaction des manuels d'atelier. Bref, si le fond de l'ouvrage est intéressant, sur sa dénonciation du "tout jetable" de la société de consommation ou de l'inanité de toute tentative d'évaluation objective des performances individuelles et collectives dans les organisations non productives, pourtant vantées par les managers de tout poil - publics et privés, reste que le contraste entre les chapitres philosophico-économiques bourrés de références, et les parties de vulgarisation qui ne parleront vraiment qu'aux férus de culture automobile américaine, amateurs de hot-rod et de customisation, ce constrase donc fait qu'on reste un peu sur sa faim. Gentil travailleur manuel intuitif et débrouillard contre travailleur intellectuel hyper-spécialisé déconnecté des réalités et incapable de déboucher son évier. Bof. L'ironie serait de trouver cet ouvrage au rayon "développement personnel" aux côté des manuels de management...
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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
A la recherche du sens du travail,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail (Broché)
Voici une livre rare, bien écrit, bien traduit et qui, avec un humour qui affleure à l'occasion, donne matière à réfléchir et à comprendre certaines composantes du malaise ressenti dans le monde du travail aujourd'hui.
L'auteur philosophe de formation, découvre après quelques mois d'activité l'inanité de sa fonction de directeur d'un think tank à Washington et s'en va s'épanouir dans un atelier de réparation de motos. Cet ouvrage relate son expérience et décortique les vertus de travail manuel. Car son analyse ne se limite pas à une apologie des compétences requises pour ce type d'activité, il met en évidence la complexité des processus cognitifs ainsi sollicités, mais aussi les dimensions morale et politique qui leur sont associées. La matière résiste. La défaillance d'une vis, nous conduit à 3 possibilités : jeter l'objet, ce à quoi nous incite la société de consommation, le confier à un réparateur ou entrer dans la logique de la conception de cet objet, en comprendre la structure pour pouvoir poser un diagnostic et réaliser la réparation. Dans cette troisième manière de faire, le rapport à l'objet s'en trouve changé, il n'est plus extérieur à soi, mais apprivoisé et intériorisé. Il y a un bonheur à trouver les causes de la panne et la bonne manière d'y remédier proche de ce Mihaly Csikszentmihalyi appelle le flow. Matthew B Crawford met l'accent sur le sens de la responsabilité qui est ainsi cultivé, responsabilité de l'objet et de son bon fonctionnement, responsabilité envers soi et envers ceux qui auront à l'utiliser. Ce souci de comprendre l'objet pour pouvoir le produire ou le réparer au mieux fait entrer dans une communauté d'expertise dans laquelle les échanges de tuyaux sur les manières de faire font office de formation voire de processus initiatique. L'auteur critique les fondements de l'organisation de notre société, d'une division du travail qui conduit à une confiscation par un petit nombre de la vision complète du processus de production. Celui qui produit est séparé de l'acheteur et ne peut mesurer les bienfaits réels pour ce dernier de son labeur. Marx, avec le concept d'aliénation, et Alasdair MacIntyre, accompagnent la réflexion de l'auteur, dont on apprécie qu'elle soit en permanence nourrie par ce qu'il vit. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Une introduction pratique au sujet,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail (Broché)
Avec une 4e de couverture attirante (sujet riche par un abordage non pompeux), je me suis laissé tenté par ce livre qui est pourtant une traduction des éditions Penguin, dont je me méfie par la disparité de qualité des ouvrages : souvent des essais originaux, pas trop mal étayés, mais qui dans un souci de vulgarisation ne se jettent pas assez à l'eau, ou du moins pas assez profondément.
Je pourrai dire que celui-ci ne déroge pas à la règle, et pourtant ce livre m'a laissé de très bonnes impressions. Et d'autres moins bonnes. - La thèse (la plus importante) selon laquelle le travail d'artisanat pris dans un sens général est déprécié à tort est convaincante. -Il est vrai que les passages sur la mécanique trahissent la passion de l'auteur, et peuvent attirer les mécaniciens (je pense à certains de mes proches réticents à la lecture mais passionnés des moteurs) dans un souci "pédagogique" de philosophie du métier, mais ce serait prendre les choses avec beaucoup de condescendance. Les prendre comme illustration d'une pensée me parait cependant un peu poussé. Ils sont de fait dispensables. - La réflexion sur le travail est contemporaine, actualisée, mais n'est pas fondamentalement différente des analyses marxistes et plus récemment des travaux de socio-psychologie du travail. Le style de ces passages est étrangement clair au début, puis plus technique vers la fin (j'ai cru par moments lire du JC Michéa : un condensé d'idée qu'il faut travailler et méditer). - La vision du capitalisme ravira les amateurs d'essais sur l'absurdité du monde libéral contemporain. Dans la droite lignée de Christopher Lash, JC Michéa, etc. - La traduction est effectivement assez mauvaise, les termes anglais conservés n'ont aucune utilité vu l'absence d'ambiguïté des concepts. - L'auteur est séduisant : on sent une volonté humble de partager sa passion, une vision critique du monde, un calme et une pondération élégante. Au final, le dilettante trouvera un agréable ouvrage propice à la réflexion sur le travail, une thèse convaincante et précise. L'étudiant une bonne réflexion sur son orientation, vraiment saine à mon avis. L'amateur de mécanique (plus que de moto) un ouvrage qui met en valeur son métier. Les professionnels de la réflexion sur le travail un ouvrage de plus pour leur bibliothèque dans le genre : thèse intéressante, introduction pratique au sujet. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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