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Commentaires client les plus utiles
16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
En avance sur son temps ?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge des frontières (Broché)
Flux et reflux, va-et-viens ... Ces temps-ci la mode semble être à l'ouverture, à la transparence absolue, à la disparition de toute médiation, de toute frontière en somme. Rien de plus dépassé que l'idée de frontière, des écoles de commerces aux plateaux télés. L'Esprit du temps ne saurait s'auto-limiter, se borner ... se dépasser.Au nom de la xénophilie; abolir les séparations n'est-il pas un signe d'intérêt porté à autrui ? Au nom de la paix; le nationalisme n'est-il pas la guerre ? Au nom de la vérité absolue; les médiations ne portent-elles pas en elles l'hypocrisie et donc le mensonge ? Pourtant qu'est ce qui définit l'étranger, l'extérieur, le dehors si désirable ? L'existence d'un compatriote, d'un intérieur, d'un dedans. Notre époque a décrété l'abolition des frontières et redécouvre le régionalisme. L'Etat et la citoyenneté ont cédé la place à la société où l'ethnique, le racial et le communautaire tiennent lieu de nouvelles frontières. Aliénation. Les médiations bannies, le tutoiement généralisé, la familiarité institutionnalisée, on a redécouvert la barbarie quotidienne: l'incivilité. Obscénité. L'homme ne peut échapper à la frontière. Elle lui est naturelle et nécessaire. Bien sentie et définie elle lui permet de s'élever, elle lui permet l'introspection, le dépassement, l'enrichissement grâce à la découverte du dehors, de l'étranger, de l'autre, de celui qui se situe de l'autre coté de la frontière. Dans ce texte prononcé devant un public japonais ou japonisant, Regis Debray vient nous rappeler ce que la civilisation doit à l'existence de frontières. Nous découvrons tous les jours qu'un monde "sans-frontières" est un monde d'une violence économique sans freins, de guerres d'ingérences, d'une sous-culture mondialisée écrasant la diversité, bannissant la profondeur. C'est également un monde d'incivilités, de petites violence quotidiennes, d'invasions de notre monde intérieur. "On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure." Déjà en 1947, Bernanos dans "La France contre les robots" avait compris que l'esprit de notre temps était à l'abolition des frontières à commencer par la plus sacrée d'entre toutes. Fin d'un cycle ? Début d'un nouveau mouvement ? Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
remarquable,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge des frontières (Broché)
Je me souviens en 1985 d'un échange avec un collègue à propos de l'avenir de l'Europe.Je disais que nous allions voir resurgir les Régions et leurs cultures (Basques - Catalans, etc...) Réponse : C'est impossible, complètement dépassé !Donc revigorante cette analyse du concept "des frontières" à l'heure de la mondialisation et de la globalisation. Je suis persuadée qu'il nous reste à découvrir une nouvelle organisation mondiale qui accepte le partage du monde et le respect des cultures.Il existe partout dans le monde une multitude de signes avant-coureurs d'un nouvel éveil des consciences face à cette espèce de prédétermination dans laquelle les "Marchés" nous enferment. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
éloge du bon sens !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eloge des frontières (Broché)
Langue raffinée et culture en rapport pour présenter l'inanité de la destruction des frontières et désapprouver le "sans-frontiérisme" frénétique en vigueur qui ne produit rien de grand ni de sûr : une maison sans murs protège qui ? le monde comme un hall de gare ?Court et brillantissime exposé de Régis Debray devant un public japonais qui, lui, est particulièrement en mesure de comprendre cette réflexion vu la quasi-imperméabilité de sa civilisation. Courage et hardiesse de la pensée de RD dans ce contexte de pensée molle réclamant toujours plus de mollesse, donc de déliquescence des peuples. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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