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Eloge de l'Oisiveté [Broché]

Bertrand Russell
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Descriptions du produit

Revue de presse

Avec ce livre écrit en 1930, l’éditeur poursuit son propre éloge de la paresse, pour installer une véritable collection. Et dans ce livre comme dans les autres, c’est «la morale du travail de l’Etat esclavagiste» qui est stigmatisée, l’oisiveté étant supposée nous en libérer. Bien sûr, cette volonté éditoriale est à mettre en perspective avec les changements que créent les trente-cinq heures. C’est-à-dire un monde dans lequel l’on ne cesse de prédire l’avènement de la société du loisir. Alors, la paresse, une idée révolutionnaire ? Pas si simple.
Ce que ne voyait pas Russel, c’était que travail et loisir formaient un système. Le temps social d’avant la fabrique, par exemple, était un temps poreux, ouvert à l’interruption fortuite ou récréative. Le temps du manœuvre, discontinu et souvent inscrit dans une logique domestique, ne connaissait ainsi ni le travail, ni le loisir. Avec la Révolution industrielle est apparu un nouvel usage social du temps, dont le travail devint le référent absolu. Le temps libre, hors fabrique, s’est ainsi organisé sur son modèle. De fait, la mouvance socialiste, tout comme la bourgeoisie réactionnaire, ont défendu une même conception du loisir ouvrier, comme temps disponible à l’éducation. Il faudra attendre les années 1950 pour que s’affirme une conception ludique des loisirs, toujours suspecte d’être débilitante. La notice du traducteur de Russel renvoie à la même problématique. S’inquiétant de l’inexactitude du terme de loisir, auquel il préfère la notion antique d’otium, il ne fait que réactualiser la suspicion du XIXe siècle à l’égard du divertissement non cultivé. Russel ne fait pas exception. S’il combat la morale du travail, c’est au nom d’une morale aristocratique qui vante les valeurs de la distinction, source de l’épanouissement de soi. --Joël Jégouzo. -- Urbuz.com

Quatrième de couverture

Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment.

BERTRAND RUSSELL


Détails sur le produit

  • Broché
  • Editeur : Allia (26 janvier 2002)
  • Collection : Petite Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2844850839
  • ISBN-13: 978-2844850836
  • Dimensions du produit: 16,6 x 9,4 x 0,6 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.6 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
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Commentaires en ligne 

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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un monde à réinventer... 17 août 2012
Par Darko TOP 50 COMMENTATEURS
Format:Broché
Cela faisait longtemps que j'avais envie d'écrire un commentaire de cet opuscule, mais comment faire l'éloge de l'oisiveté alors que tant de gens sont au chômage, à la recherche d'un emploi ou en semi-activité forcée ? Pourtant la contradiction n'est qu'apparente, comme le soutient lui-même Bertrand Russell:

"Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment".

Nous avons cru un temps, avec la chute du communisme, que le capitalisme avait définitivement triomphé, que la fin de l'histoire et le temps de la félicité étaient advenus. Nous avions juste oublié que le collectivisme et le capitalisme étaient deux modes de gestion distincts d'un même phénomène économique, le productivisme, et que la chute de l'un annonçait inévitablement la chute de l'autre.

Aucun économiste sérieux ne nie aujourd'hui le fait que le productivisme constitue un modèle en fin de vie et qu'il faut dès à présent en construire un nouveau. Pourtant, signe des temps, on n'a jamais vu produire autant de biens inutiles, épuisant chaque jour d'avantage les précieuses ressources de la planète, ni prises autant de décisions économiques irrationnelles sous le joug de la finance de marché. Et que dire des rémunérations hallucinantes de certains sportifs et grands patrons, octroyées en dehors de toute logique économique et de toute utilité sociale ? Bertrand Russell n'aurait jamais pu imaginé, même dans ses pires cauchemars, un tel niveau de bétise et de cupidité...

L'écrivain britannique imaginait déjà en 1932 que " grâce à la technique moderne, il serait possible de répartir le loisir (et donc le travail) de façon équitable sans porter préjudice à la civilisation". Et c'est un fait qu'une part importante des gains de productivité furent affectés, tout au long du XXème siècle, à la réduction du temps de travail et aux congés payés dans les pays industrialisés; une évolution qui semble aujourd'hui remise en cause au profit d'un enrichissement des plus riches (parfois au détriment même de l'investissement) et d'une explosion des inégalités. Mais, Russell n'avait certainement pas imaginé que le monde connaitrait une croissance démographique exponentielle, passant d'environ 2 milliards d'individus en 1932 à 7 milliards en 2012. Or, si les idées de l'écrivain semblaient concevables dans un monde en faible expansion, elles deviennent hautement problématiques sur une planète surpeuplée, car le surpeuplement a lui aussi absorbé une part croissante des gains de productivité en générant des besoins sans générer un niveau d'activité équivalent. Mais parler de la surpopulation comme un problème demeure tabou depuis que Malthus posa le problème dans de mauvais termes à la fin du XVIIIème siècle. Pourtant il faudra bien répondre à deux questions essentielles : comment allons nous nourrir demain 9 milliards d'êtres humains alors que nous n'arrivons pas aujourd'hui à en nourrir 7 ? Quel est le nombre optimal d'habitants pour que la planète demeure vivable à terme ?

Quelle que soient les raisons qui ont empêché la poursuite d'une répartition équitable du travail et des loisirs dans la population (surpopulation, cupidité des capitalistes...), force est de constater que la maintien dans l'oisiveté forcée d'une part croissante de celle ci produit toujours deux effets très couteux pour la société. D'une part, sur le plan économique, il oriente un nombre toujours plus grand d'individus vers les activités illicites, voire criminelles (mais le gangstérisme n'est-il une forme dévoyée d'esprit d'entreprise ?). D'autre part, sur le plan politique, il incite une masse croissante de citoyens à se rallier aux solutions brutales prônées par les partis extrêmes. Et lorsque les gangsters se mettent à faire de la politique cela donne Hitler et Staline....

Toute la question aujourd'hui consiste donc à savoir, non pas si le modèle productiviste possède encore un avenir radieux, comme certains voudraient le faire croire grâce à un nouveau et miraculeux "saut technologique", mais si la transition vers le nouveau modèle, plus respectueux des hommes et de l'environnement, s'effectuera de manière pacifique, par des voies démocratiques, ou dans la violence nationaliste ou révolutionnaire.

Je lisais récemment un texte de Raymond Aron, écrit avant-guerre, en 1933, sur la montée du nazisme. Voici ce qu'il disait :

" Les masses allemandes, depuis des années, désirent des mesures socialistes. Les troupes national-socialistes seraient, je crois, favorables à toutes les reformes économiques qui réduiraient la dictature des entrepreneurs et profiteraient à la collectivité...Sommes-nous en présence d'une révolte d'esclaves qui a réussi ou le fascisme est-il la vérité politique du XXème siècle ?"

Plus loin il ajoutait :

" Revolution de petit-bourgeois, la révolution nationale est aussi, davantage peut-être, celle des jeunes contre les vieux. Les générations d'après-guerre se sont emparées par la violence des places qu'on leur refusait. Après avoir, pendant des années, protesté contre la servitude des traités, elles prétendent aujourd'hui fonder une Allemagne libre et forte. les jeunes gens n'ont connu que l'amertume de la défaite, le désespoir et la misère. Ils ont sincèrement conscience d'inaugurer une ère nouvelle. la république de la défaite est morte. L'appétit de dévouement, la volonté de rénovation entraine la majorité de la jeunesse derrière le Führer..."

Nous en sommes là. Combien de temps faudra t-il dans les conditions actuelles pour qu'une nouvelle catastrophe survienne ? L'Allemagne nazie aurait pu choisir la voie du socialisme démocratique, elle lui a préféré celle de l'ultra-nationalisme racial et a précipité sa jeunesse dans la guerre totale. Nous ne sommes pas obligés de faire la même erreur. Des reformes drastiques s'imposent, à l'échelon mondial, qui pourraient être acceptées si elles bénéficient au plus grand nombre, en particulier à la jeunesse, et tant pis si cela doit bousculer quelques conservatismes et rentes de situation (le sacro-saint remboursement de la dette...). Un socialisme digne de ce nom devrait signifier avant tout un emploi correct, un logement décent pour la majorité des gens et une perspective d'avenir pour les plus jeunes. Or, ce n'est plus le cas depuis bien longtemps au risque de voir un nombre grandissant de la population, notamment la jeunesse, militer, partout dans le monde, pour des solutions radicales et violentes de transformation de la société, transformation de toute manière inéluctable à terme en raison de l'épuisement même du modèle productiviste.

Bertrand Russell proposait, de manière un peu naïve, de ne faire travailler les gens que quatre heures par jour, pour le reste du temps les laisser vaquer à leurs occupations et notamment à des occupations sociales. Cette repartition harmonieuse et généralisée des temps de travail et de loisirs est naturellement impensable dans le cadre d'une économie capitaliste et compte tenu de l'organisation actuelle des territoires et des longs déplacements domicile-travail. Mais il y aura là une idée à creuser lorsque le capitalisme financier aura sombré : en desintoxiquant l'humanité (ou du moins la partie d'entre elle gravement intoxiquée) de la production et de la consommation à outrance, peut-être arriverons nous à construire pacifiquement un modèle de société un peu plus vivable pour tout le monde ?

Personnellement j'en doute....
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la philosophie heureuse 28 août 2011
Format:Broché
Mince, très bien écrit, l'éloge de l'oisiveté est très vite lu mais comme un bon vin, est "long en tête". A conseiller à tous ceux qui travaillent... et à ceux qui ont travaillé.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un des pilliers de la philosophie moderne. 19 mai 2012
Format:Broché
J'ai acheter ce livre dans le cadre d'un travail scolaire, et les théories qui y sont explicité et démontré, sont vraiment excellentes !
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