La recette est classique : un petit milieu bourgeois dont les apparences périclitent au fur et à mesure de l’avancée des vacances. Il y a là en plus l’humour anglais et le ton décapant de Joseph Connoly, qui passe au peigne fin une micro-société qui n’en peut plus de se regarder le nombril. Alors évidemment, quand le royaume s’effondre, c’est la jubilation, le grand n’importe quoi. Les mensonges et les adultères n’en finissent plus, la jalousie et la vénalité dictent les actions avant tout autre principe. Et cette révolution se déroule au cœur même d’une station balnéaire, où tout n’est pourtant que luxe et volupté. Le délire des personnages est ici nécessaire, pour certains, à se débarrasser du vernis menteur que leur appose la société et à devenir vraiment eux-mêmes, tandis que les autres découvrent le mensonge pour mieux écraser leurs semblables et briller tout en haut de l’échelle sociale. On pourrait se dire qu’il n’y a vraiment pas de quoi rire. Et pourtant, misanthrope et philanthrope à la fois, cette comédie de mœurs est avant tout hilarante.