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5.0 étoiles sur 5
j'irai dormir plus loin que ton sommeil..., 5 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Emile Jacotey (CD)
Pour ce quatrième album réalisé en 1975, Christian Decamps et sa bande (c'est-à-dire à l'époque Francis Decamps aux claviers, Daniel Haas à la basse, Jean-Michel Brézovar aux guitares et Guénolé Biger, dont cela devait constituer l'unique prestation au sein du groupe, à la batterie) sont allés puiser leur inspiration dans la campagne de leur Franche-Comté natale, et ont rencontré un vieux maréchal-ferrand qui leur a conté au coin du feu des histoires et des légendes à l'origine de ces chansons très prenantes et envoûtantes.
Une inspiration moins moyen-âgeuse que sur l'album précédent, et un ton (et un son) un peu plus dur aussi, comme sur "Bêle, bêle petite chèvre" ou "Ego et Deus" et même "Le nain de Stanislas" et son solo de guitare final très rock. Mais on retrouve également des climats acoustiques enchanteurs comme sur les sublimes "Sur la trace des fées" et "Jour après jour", enrichis des claviers magiques de Francis Decamps (en particulier les synthétiseurs) aux sonorités aussi subtiles qu'imaginatives et qui n'appartiennent qu'à lui.
"Aurélia" (l'une de mes chansons préférées du groupe) est une pure merveille, qui commence doucement puis qui s'élève très haut (avant de finir comme elle a commencé), avec des paroles qui touchent au génie ("Aurélia, à tes pieds de rivière, je m'abreuve doucement" (...) "Ta nuit dirige mon âme, à frôler ton échine / Qui reste la seule route, atteignant l'Eternel !" Incroyable) et un pont constitué d'un fantastique solo de synthétiseur; "Le marchand de planètes" est un joyau tant au niveau des textes que de la musique, étrangement cosmique dans ce contexte plutôt terrien, et "J'irai dormir plus loin que ton sommeil" est étrange à souhaît, avec son atmosphère inquiétante de cimetierre surréaliste... Enfin, "Ode à Emile" est certainement l'une des meilleures chansons du groupe, une belle envolée épique dotée d'un court mais grandiose solo de guitare électrique.
Un album de Ange particulièrement coloré et attachant, sans le côté glacial de "Caricatures" et du "Cimetière des arlequins", mais également beaucoup plus dense musicalement voire violent même parfois qu'"Au-delà du délire".
Mon album préféré des francs-comtois avec "Par les fils de Mandrin" (également les deux meilleurs avec "Guet-Apens" selon moi), aux peintures et illustrations de Philippe Huart particulièrement réussies (voir le vinyl). Juste derrière, je place "Au-delà du délire" et "Le cimetière des arlequins" ex-aeco (pour ne citer que les disques des seventies, tous indispensables).
A quand des rééditions en paper-sleeve de tous ces albums merveilleux ???
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Groupe merveilleux et envoutant, 3 août 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Emile Jacotey (CD)
Groupe merveilleux, c'est le cas de le dire. Mon père écoutait cet album dans sa jeunesse, mais aujourd'hui je reprend la relève. Certes Sir Decamps à pris un coup de vieux mais ce n'est pas le cas pour Ange.
Ce disque nous emporte en un monde magique, ancestrale, un album envoûtant, magique... à la rencontre de légendes rurales ("Les gens avaient peur de la chèvre..."), de notre enfance oubliée ("Sur La Trace Des Fées", qui au passage est doté d'un arpège magnifique !)...
Un album qui restera un classique de la scène française...
A découvrir et à redécouvrir donc !
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un des meilleurs d'Ange, 15 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Emile Jacotey (CD)
Emile Jacotey, paru en 1975, est le quatrième album studio du groupe de rock progressif français Ange. Le titre de l'album, en hommage à un maréchal-ferrant, est un élément-clé pour la compréhension du disque : si les albums précédents d'Ange étaient des collections de chansons indépendantes, Emile Jacotey, lui, a tout ou presque de l'album conceptuel, le genre d'albums que l'on retrouve souvent dans le rock progressif (The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis, Animals de Pink Floyd, Tales From Topographic Oceans de Yes...). Au moment de l'enregistrement de cet album, Ange est constitué du chanteur/claviériste Christian Décamps, de son frangin Francis (orgue, claviers divers), du batteur et percussionniste Guenole Biger (aussi guitariste), du bassiste Daniel Haas et du guitariste Jean-Michel Brézovar.
Emile Jacotey ne marque pas vraiment un pas en avant comparé à Au-Delà Du Délire (le précédent album). On y retrouve les mêmes ingrédients : paroles poétiques (qui, parfois, sont un peu beaucoup kitsch : Bêle, Bêle, Petite Chèvre me fait rire, c'est embarrassant), musique progressive et souvent d'ambiance médiévale, comme le Genesis de la période 1970-1973...Le Nain De Stanislas se finit à peu près pareil que Si J'Etais Le Messie (de l'album précédent), par une déclamation, et pas mal de titres de l'album ramènent à l'ambiance magico-médiévale, assez heroïc-fantasy tout compte fait, comme dans Aujourd'Hui, C'Est La Fête De L'Apprenti-Sorcier (sur l'album Le Cimetière Des Arlequins) : Sur La Route Des Fées (magique), Le Marchand Des Planètes...
La face B était occupée dans sa quasi-totalité (17 minutes sur les 21 ou 22 minutes qu'elle durait) par une suite intitulée Ego Et Deus. Cette suite a été scindée, en CD, en 4 parties (rendant son écoute plus pratique, mais tuant un petit peu sa fonction, justement, de suite musicale). Si la troisième partie, Aurealia, est décevante, Les Noces et J'Irai Dormir Plus Loin Que Ton Sommeil sont de très bons moments. Mais bon, dans l'ensemble, le meilleur de cet album est sur la face A : Ode A Emile, Jour Après Jour, Sur La Route Des Fées sont franchement parmi les meilleurs titres d'Ange. Un groupe dont je ne suis vraiment pas fanatique, soit dit en passant, mais Emile Jacotey est, avec Par Les Fils De Mandrin, un des rares albums d'Ange que j'aime. Un disque quasiment conceptuel sur la paysannerie et le terroir, par ailleurs !
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