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38 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Incontournable, 11 janvier 2004
Par Un client
Pour moi l'Emile est, encore aujourd'hui, l'un des meilleurs livres qui ait jamais été écrit. Quand on l'a lu, on ne voit plus les choses comme avant : c'est comme si toute notre vision du monde, et notamment celle de l'éducation, était bouleversée. Pendant 600 pages, Rousseau déploie toute sa force de persuasion, et écrit en lettres de feu l'un des ouvrages les plus importants et les plus beaux de l'Histoire. Tour à tour violent, romantique, visionnaire - page 252 : "Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions" - éloquent, lyrique, ironique, et bien sûr philosophe et théoricien, il traite de toutes les grandes questions de pédagogie, et pose les fondements de l'éducation naturelle et moderne. Tout au long des cinq livres qui constituent l'ouvrage, le lecteur s'enrichit ainsi de celle qu'il donne à son élève imaginaire - Emile - et le suit, de la naissance à 25 ans, dans toutes les grandes étapes de l'éducation. L'importance de l'allaitement maternel, les caprices de l'enfant, l'éducation sensorielle, physique, professionnelle, morale, religieuse et conjugale, tels sont certains des grands thèmes qui sont abordés. Mais là sans doute n'est pas le principal : la force de Rousseau, c'est de redonner à l'enfant - et à celui que nous avons été, et que nous sommes toujours peut-être - la place qui est vraiment la sienne : à chaque âge, en fait, correspond sa leçon, ou plutôt son exercice... A sa publication, l'Emile - et notamment la Profession de foi du vicaire savoyard, que certains fanatiques et dogmatiques aujourd'hui devraient relire - s'attire les foudres de tous les gens en place : aristocrates, religieux, médecins, parlementaires, philosophes,... Le livre est condamné à être lacéré et brûlé, l'auteur est brûlé en effigie, et décrété de prise de corps. Celui qui inspirera Goethe, Laclos, Chateaubriand, Beethoven, Stendhal et Tolstoï, pour ne citer que ceux-là, commence alors sa vie de proscrit, et se réfugie où il peut... Pourtant, Marie-Antoinette suivra très tôt ses principes, et ne sera pas la seule. Aujourd'hui, presque 250 ans plus tard, le temps semble s'être arrêté, et l'Emile reste encore d'actualité. "Vivre est le métier que je lui veux apprendre" écrit Rousseau au début de son livre, en parlant de l'éducation qu'il va donner à son élève. Et l'amour d'Emile et Sophie - comme celui de Saint-Preux et Julie - résonne encore dans le coeur de ceux qui savent l'écouter.
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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un grand et bel ouvrage, 15 décembre 2002
Emile ou de l'éducation est un long mais passionnant traité qui prouve la capacité de Rousseau de parler avec profondeur des événements simples. Du fait de son objet, qui est de suivre Emile au fur et à mesure de son enfance, l'oeuvre est fort ample et embrasse tous les champs - l'on sait que c'est en son sein que l'on trouve la célèbre profession de foi du vicaire savoyard. Un grand traité philosophique, aisément accessible par sa forme et son écriture, comme la plupart de l'oeuvre de Rousseau, mais ne manquant jamais de densité, qualités qui font de ce dernier l'un de ceux qui initient le mieux à la philosophie.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Les délires d'un philosophe utopique ?, 24 décembre 2010
Emile est un ouvrage très agréable à lire qui renverse totalement l'image préconçue que l'on peut porter sur l'éducation. Des réflexions très pertinentes et une écriture magnifique, un lyrisme propre à Rousseau. Néanmoins, les défauts majeurs de cette oeuvre magistrale (surpassant de loin le contrat social) sont sa profonde utopie et sa grande naïveté. Rousseau part sur des bases très discutables : "l'homme est un être innocent par nature mais est corrompu par la société". Puis il cherche à préserver naïvement cette innocence chez l'enfant grandissant, enfant toujours docile et attentif. Bien sûr il explique sa démarche pédagogique par des arguments convaincants. Mais malgré la cohérence des idées, celles-ci relèvent plus de l'idéal fictif que d'une pédagogie sérieuse et applicable. Rousseau préfère fantasmer sur une éducation parfaite qui va dans le sens de sa pensée philosophique, où les résultats seront du même ordre. Peut-on attribuer cela à la naïveté de sa philosophie ou simplement à la volonté d'établir un modèle de perfection inatteignable ? Quoiqu'il en soit, cet ouvrage demeure une référence dans l'étude pédagogique, et je le conseille à tous car très accessible et très intéressant.
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