Cet album se fait donc l’écho d’une ultime tournée mondiale, d’Oslo au Brésil, en passant par le Chili (21 pays et 63 villes), et généralement triomphale encore, des Norvégiens, elle-même organisée en appui de l’album Fool on the Mountain, et de la compilation 25. Cela dit, méfions-nous des tournées d’adieu, même si la séparation semble ici cordiale et sereine : Les Compagnons de la Chanson n’ont-ils pas poursuivi la leur près d’une décennie durant ?
Le programme de cet album inclut donc seize parmi les plus gros succès du trio, toutes chansons figurant peu ou prou au programme de la compilation mentionnée ci-dessus. Naturellement, le son, propre jusqu’à l’hygiénique, ne souffre que très modérément du caractère public de la performance, et ne porte pas atteinte à la nature profonde des titres. Qui semblent tous fondus dans le même moule, nourris de mid-tempos et de vocaux ondoyants et délicatement romantiques, et galopant tous en quête d’une évidente séduction.
Les fans seront par conséquent navrés de la séparation, et ravis de cet ultime tour de piste. Les autres, tous les autres, s’ennuieront profondément, face à ce salmigondis de clichés, et se souviendront que, de Spandau Ballet à Duran Duran, et en passant par A-Ha donc, il faut toujours se méfier des garçons-coiffeurs qui se mettent en tête de faire de la musique. Ainsi, écouter « Take on Me », final convenu et obligé de l’opus, et plus massif hit du groupe, après près de trente années d’abstinence, confirme de manière éclatante le diagnostic : on vivait parfaitement bien sans cela.
Et l’ensemble incite à se remémorer l’hommage en creux de Pierre Desproges : lorsque Georges Brassens est mort, j’ai été ému ; lorsque Tino Rossi est mort, j’ai repris des moules. Pour A-Ha, même combat, mais on peut rajouter des frites.
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story