c'est un film qui se consacre au petit Paul dès 1937 -il a 7ans- à la libération, Paul est sensible, esseulé, mal-aimé, gentils, il se laisse vivre étrangement passivement, il cherche une sorte de reconnaissance et de la tendresse -ses parents divorcent rapidement, son père disparaît, sa mère ne le voit que comme une source de problèmes et elle préfère mille fois sa soeur "brillante"- ... ami des occupants, ami des résistants, ami des libérateurs, il devient presque par accident un "gigolo" de messiers d'âge mûre, occasionnellement de femme, ainsi, sans drames et sans grand plaisir Mais avec la joie d'être considéré comme une jolie poupée si douce et si ductile... un film camaïeu de gris-bleu, tout en ellipses -on suit l'avancée de la guerre qu'à travers le parcours et les yeux de Paul- tout en pudeur -sur les relations sexuelles de Paul, on ne nous montre rien, mais tout est évident par des gestes, des paroles- qui avance lentement au rythme de la vie de Paul qui sourit à tout, qui souffre presque en silence sans jamais vraiment montrer sa révolte ; pour moi la scène la plus violente du film est celle d'une de ses femmes qui ont couché avec des allemands, trainée nue dans les rues, crâne rasé, croix gammée dessinée sur le front dans l'euphorie de la libération au milieu des ricanements Et Paul qui se sent solidaire de cette femme honnie et moquée, lorsqu'elle se retrouvera enfin seule en larmes, il l'approchera, il la touchera.... J'ai bien aimé.