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Frustré par l'ambiance clinique des studios, le plus nomade des Helvètes (faute à ses origines gitanes ?) résout le problème en faisant installer magnétos et musiciens dans le vénérable casino d'une station de montagne, hors saison. Outre le titre de son cinquième album, il en tire une ambiance boisée et intimiste, qui sied à merveille à ses chansons polyglottes (français, anglais, allemand). Pour la deuxième fois, il bénéficie de la collaboration du romancier Philippe Djian ("37°2 le matin"), qui lui écrit trois textes, dont ceux de "Déjeuner en paix" et "Pas d'ami (comme toi)", tubes mérités. Sans crainte des rapprochements étonnants, il encadre ainsi une reprise bouleversante de "I'm So Lonesome I Could Cry" de Hank Williams, étoile filante de la country des années 50, par "Jésus que ma joie demeure" de Jean-Sébastien Bach. Une pleine réussite, où la sérénité le dispute à une discrète mélancolie.
--Thierry Chatain
Critique
Pour enregistrer
Engelberg, Stephan Eicher décide de se retirer dans le petit village suisse qui donne son nom à l’album. L’hôtel *S, tenu par le frère de son manager/producteur et ami Martin Hess, est choisi pour accueillir les séances. L’équipe du disque traduit immédiatement les ambitions de l’artiste, Dominique Blanc Francard à la réalisation et aux claviers, Pino Palladino à la basse, Manu Katché à la batterie et bien sûr les complices privilégiés de Stephan : Claudia Schifferlé et Philippe Djian aux textes.
Engelberg est un album très personnel, à l’ambiance un brin étrange ; pourtant sur un seul titre Stephan va faire la différence et emporter l’adhésion complète du public.
« Déjeuner en paix » a capté parfaitement l’état d’esprit ambiant : la France est alors tétanisée par l’invasion du Koweït et les bombardements de l’Irak en direct sur CNN. Le titre en cristallisant les angoisses de chacun provoque une frénésie d’achats sur l’album.
Cet énorme succès ne doit pas faire oublier la qualité d’ensemble de l’album : c’est un véritable aboutissement que propose Stephan, un équilibre parfait entre ambiances acoustiques et électriques, folkloriques et rock.
« Pas d’ami (comme toi) »,
« Hemmige »,
« Wicked Ways », deviennent des titres de référence du répertoire d’Eicher.
Engelberg marque la fin de la première partie de la carrière de Stephan Eicher, qui est désormais amplement reconnu et respecté mais va devoir assumer un statut de star, de vendeur de millions d’album, que sa nature solitaire et réservée n’apprécie pas forcément.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story