Oubliez ce qui a même pu être écrit dans le feu de l'action, par Patrick Eudeline par exemple, car c'est ici que ça se passe. Même si ce livre a été rédigé bien des années après 1977, il n'en a pas moins et pour autant retenu l'essentiel sinon l'essence. Son auteur, Jon Savage, n'est pas non plus le premier venu puisqu'on lui doit entre autre un fanzine punk culte crée en amont, en 1975 : "London's Outrage". Ce dont nous fait rétrospectivement bénéficié là Jon Savage, c'est d'une expérience vécue et acquise dans les colonnes de Sounds et du Melody Maker, expérience passée à côtoyer les groupes et les leaders du mouvement punk. Jon Savage rappelle en termes choisis (le style est aussi flamboyant que l'analyse est fine) ce qu'a représenté le punk par rapport à la génération précédente, le bras d'honneur salvateur qu'il aura incarné. Incontestablement "England's Dreaming" est le meilleur ouvrage sur le punk. Comme l'indique son sous-titre, on y parle surtout d'Angleterre et des Sex Pistols. Sur l'Amérique, chez le même éditeur et la la même période historique, on se procurera le génial "Please kill me". Et sur ce qui allait suivre on lira absolument "Rip it up and start again" de Simon Reynolds et "Post-Punk, No Wave, Indus & Noise", l'in anglo-saxon l'autre français, mais tous deux nés des flammes d'un après-punk non moins radical et, surtout, subversif.