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5.0 étoiles sur 5
Voyage au bout de l'enfer, 24 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ennemis intimes (DVD)
Le documentaire commence de manière terrifiante : Klaus Kinski sur ce qui pourrait être une cérémonie des césars Allemands accapare le micro et se lance dans un délire paranoïaque, le regard halluciné, l'écume à la bouche se présentant comme le nouveau Christ !
En voyant cela, les excentricités de Marlon Brando, les caprices de James Dean, la dangerosité de De Niro et de Nicholson sont ridiculisés.
Werner Herzog pour qui il a donné tout son talent décrit l'étrange relation sadomasochiste qui l'a uni à Kinski pour leurs collaborations .
Herzog qui vient de signer un nanar monumental produit par David Lynch ( " My son , What have you done ? ") apparait tout au long du documentaire comme "le gentil" du couple , analysant de manière lucide , pondérée , intelligente la personnalité fantasque de son alter ego , quitte à lui faire porter le chapeau des ambiances détestables sur ses plateaux.
C'est quand même un peu oublier que les tournages avec Herzog n'étaient pas de tout repos , que les acteurs de Fitzcaraldo ont vraiment dû hisser un bateau à dos d'hommes en haut d'une colline amazonienne , qu'un technicien a été mordu par un serpent mortel , que des acteurs ont emportés par un tourbillon dans Aguirre , que le canon d'Aguirre a failli emporter ses porteurs dans sa chute.
Dès lors, on peut se demander quelle responsabilité porte Herzog sur la folie de son acteur et si Kinski n' pas finalement été manipulé par son metteur en scène.
Il n'empêche, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vu les films d'Herzog pour apprécier Ennemis Intimes, portrait fascinant d'un acteur à la présence unique, conscient de son propre génie , capable de l'impensable , comme de piquer une crise de jalousie lorsque tous les regards de l'équipe d'Aguirre étaient médusés par un cameraman s'amputant la jambe à coup de machette pour éviter de mourir d'une morsure de serpent ! Herzog explique froidement que Kinski ne supportait pas qu'on ne fasse plus attention à lui !
Caractériel, mégalomane, poseur, violent (les coups qu'il donne aux indiens de Fitzcaraldo étaient réels , à tel point que ceux-ci envisagèrent sérieusement de l'assassiner !!!), Kinski n'a pas vraiment de quoi attirer la sympathie !
Et pourtant ! Comment oublier sa beauté diabolique, son regard halluciné dans Aguire, dernier survivant d'un radeau ruiné par sa folie et investi par des capucins? Comment nier que chacune de ses apparitions à l'écran pourrait entrer dans les anthologies du cinéma ? Mick Jagger, à la présence autrement diabolique devait incarner Fitzcaraldo , l'homme qui voulut construire un opéra en pleine Amazonie ! Lorsque Herzog superpose les scènes tournés par Jagger avec celle de Kinski, le résultat est sans appel et cruel pour le chanteur des Stones ...
Curieusement les femmes avec qui il tourna gardent le souvenir d'un homme sensible, attentionné et d'une énergie peu commune. Le film se termine sur bouleversante séquence muette où Kinski, comme libéré provisoirement de ses démons , apparait avec un sourire lumineux , jouant avec un papillon avec beaucoup de délicatesse. .
L'acteur aux cheveux de feu n'a surement pas été un cadeau pour son entourage et sa fille, mais le cinéma a perdu à sa mort un personnage haut en couleurs unique.
Aujourd'hui notre époque préfère des acteurs propres, responsables et citoyens ... et terriblement fades (l'horrible Clooney qui se prend pour Cary Grant, Brad Pitt pour Robert Redford , Sean Penn qui a sombré du côté obscur en donnant à Entre les murs une palme d'or .... ). Avec ces gus, le monde n'en est pas plus meilleur et le cinéma pas plus grandi....
Ennemis intimes est un film fascinant sur les affres de la création artistique, le portait émouvant d'un homme qui ne pouvait canaliser sa folie que via le cinéma à qui il aura tout donné jusqu'à en crever.
Adieu Monsieur et merci ...
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4.0 étoiles sur 5
Kinski vu par Herzog, 31 mars 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ennemis intimes (DVD)
forcément, on vous racontera les relations orageuses entre le comédien et son réalisateur.
Mais au-delà de cet amour-haine, du torrent Kinski et de la hargne "naturaliste" de Herzog quant au choix technique dans l'élaboration de ses films (je pense à fitzcarraldo et aguirre, faits sur les lieux réels des scénarios des films (par ailleurs rattachés à l'histoire) quand aujourd'hui nous aurions droit à l'image de synthèse et aux grands bassins hollywoodiens) c'est aussi l'histoire souvent commune de deux hommes dans le monde du cinéma. Un parallèle dont il ne faudra regretter que le point de vue Herzog, Kinski étant décédé quand Herzog réalisa ce documentaire, mais cela ne saurait se passer d'un hommage à celui qui restera sans doute la colère de dieu la plus impressionnante sur pellicule.
à la même époque, Arte diffusa une soirée Kinski, avec des films bien sûr, ce documentaire également, mais aussi le premier "talk show" allemand qu'on aurait aimé avoir en supplément sur le dvd. où Kinski s'en donne à coeur joie devant un présentateur qui rappelle bien les déboires télévisés français d'aujourd'hui, à savoir le racollage massif et l'absence de tout fil directeur et de consistance qui amènent Kinski à un "one man show" de circonstance, ce qu'après tout voulaient sans doute les producteurs de ce spectacle télévisé en forme de sonate funèbre à toute la pédagogie qu'étaient censées contenir les programmes dits culturels.
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