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Enquête sur l'entendement humain
 
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Enquête sur l'entendement humain [Broché]

David Hume , André Leroy , Michelle Beyssade
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Le philosophe écossais David Hume (1711-1776) est, par sa critique sceptique des fondements de la connaissance, l?une des références fondatrices de l?épistémologie moderne, et l?une des sources du criticisme kantien. L?Enquête sur l?entendement humain (1748), son ouvrage le plus célèbre, met au jour la dépendance du savoir à l?égard de l?expérience, mais aussi de l?imagination et de l?habitude ; son anti-dogmatisme prépare ainsi la voie à une compréhension plus fine de la science moderne, ouverte et révisable. Qu?il traite de la causalité, de la liberté ou de la providence, Hume, ce «géographe de la raison humaine» (Kant), se révèle à chaque instant un maître exceptionnel du questionnement philosophique. --Ce texte fait référence à l'édition Poche .

Détails sur le produit

  • Broché: 252 pages
  • Editeur : Flammarion (18 août 2006)
  • Collection : GF
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2080713051
  • ISBN-13: 978-2080713056
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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62 internautes sur 68 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 remarques sur un moment essentiel de la pensée, 28 juillet 2002
Par 
Folliot Philippe (Normandie, près de Rouen) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enquête sur l'entendement humain (Poche)
Ce livre est un moment essentiel de la pensée. Il fait naître le positivisme, et Kant n'aurait jamais développé son épistémologie sans ce livre. Il est beaucoup plus abordable que le fameux traité de la nature humaine, et toute personne s'intéressant à l'histoire de la pensée, de la philosophie, de l'épistémologie, doit lire ce livre que tous les auteurs, tous les scientifiques, aujourd'hui, ne cessent de citer. C'est un des cinq livres que j'emporterais sur une île déserte. De plus, il est très lisible, et n'a pas grand chose à voir avec le langage complexe et confus des métaphysiciens français et allemands. A recommander absolument!!!!!!! Pour ceux qui ne connaissent pas la philo. et s'imaginent (à tort) qu'ils ne peuvent pas la comprendre, ce bouquin est LE BOUQUIN qu'il faut lire. Des questions abstruses s'éclairent alors, comme par miracle!!! Tout devient simple!!!
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26 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un drôle de monument, incontournable et irrécupérable, 6 mai 2007
Par 
fawnes (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enquête sur l'entendement humain (Broché)
On l'oublie trop souvent, Hume a été un homme des Lumières, à l'instar de Voltaire et de Diderot, et plus que Rousseau, dont il fut l'ami avant d'en devenir (c'est sa face sombre) l'un des persécuteurs. Attaché à l'ambassade d'Angleterre à Paris, cet Ecossais totalement intégré aux débats intellectuels de la France d'alors, mais aussi de cette grande capitale intellectuelle que fut Edimbourg ("l'Athènes du Nord", disait-on avec quelques raisons) a développé un système sceptique et même irrationaliste particulièrement radical et dévastateur. L'échec immérité de son grand livre "Traité de la Nature humaine" quelques années plus tôt l'a conduit à adopter le genre plus populaire, en tout cas moins aride, de l'"Enquête". Moins doctrinal que le précédent, ce livre d'une très grande lisibilité - apparente - est derrière sa bonhomie un monument de scepticisme dévastateur. Lecteurs, ne croyez pas un mot des protestations de "modération" émises par l'auteur: on est là devant un texte-limite, où une rigueur impitoyable sous sa modération affectée aboutit au démantèlement de toutes les idéologies rationalistes, jusques et y compris dans le sacro-saint domaine des sciences dites exactes. Kant ne s'y était pas mépris, qui avait cherché à répondre au "défi sceptique" de Hume. Il ne devait y réussir que partiellement... Ce texte immense et fin est en effet un défi; il est aussi une salutaire leçon de modestie.
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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'expérience comme fondement de toute philosophie, 5 février 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enquête sur l'entendement humain (Broché)
Au dix-huitième siècle, en Angleterre, dans le sillage des avancées scientifiques amenées par Newton, un courant de pensée pragmatique investit le champ de la philosophie. Ses représentants avaient acquis la conviction que dans le domaine des idées pas plus qu'en science, il n'existe de raisonnement sérieux capable de s'affranchir de la réalité tangible. Ils bannirent de leur discours tout a priori, toute croyance non fondée, tout principe inné et firent de l'expérience l'unique terreau de leur pensée.
David Hume (1711-1776) illustra ce point de vue de manière magistrale dans des ouvrages très accessibles et encore très actuels. L'enquête sur l'entendement humain en constitue une pièce maîtresse. Il l'écrivit initialement sous la forme d'un traité, qui se heurta à l'indifférence générale. Il retravailla patiemment ce texte jusqu'à lui conférer l'humilité d'une enquête et la rigueur d'une synthèse.

Pour Hume, l'expérience constitue le fondement de toute construction de l'esprit. Elle est conditionnée avant tout par la perception qu'on a des choses. Il établit une différence fondamentale entre celle-ci, qu'il appelle « impression », et l'idée qu'on peut s'en faire, qui n'est qu'une sorte de « copie » atténuée de la première. Il n'est que de comparer la douleur qu'on ressent en se brûlant avec l'idée qu'on en a, pour mesurer la distance qui les sépare.
Toutefois, l'idée même de brûlure n'a de sens pour l'esprit humain que si le corps en a fait l'expérience. Il en est ainsi de toute chose. Les idées qui sont le substrat de l'imagination reposent donc toutes sur des « impressions ».
Par voie de conséquence, il paraît essentiel de se défier des constructions abstraites que le cerveau est capable d'engendrer, et de s'attacher à conserver une logique lorsqu'on associe les idées entre elles. Face à tout concept paraissant abstrus, Hume recommande de rechercher « de quelle impression dérive cette idée supposée ». « Si l'on ne peut en désigner une, cela servira à confirmer que le concept en question est dénué de sens. »

Hume est parfaitement conscient qu'il est difficile de transposer la rigueur scientifique à certains concepts humains : « L'isocèle et le scalène se distinguent par des frontières plus précises que le vice et la vertu, le vrai et le faux. »
Mais il impute une bonne partie de ces difficultés à l'imprécision des notions dont on parle : « Le principal obstacle à notre perfectionnement dans les sciences morales ou métaphysiques est donc l'obscurité des idées et l'ambiguïté des termes. » Il met en cause également le besoin de surnaturel qu'a l'être humain qui le pousse trop souvent à « recourir à quelque principe invisible et intelligent comme cause immédiate de l'évènement (deus ex machina)». Or, « L'expérience nous apprend seulement comment un événement en suit constamment un autre, sans nous instruire sur la connexion cachée qui les lie l'un à l'autre et les rend inséparables. »

Le Philosophe, qui n'était pas l'ennemi de l'idée de Dieu, rappelle que cette dernière fait en général mauvais ménage avec la recherche raisonnable de la connaissance : « Si l'esprit de religion se joint à l'amour du merveilleux, c'est la fin du sens commun et, dans ces circonstances, le témoignage humain perd toute prétention à l'autorité. »
« Un esprit religieux peut être un enthousiaste et s'imaginer voir ce qui n'a aucune réalité; il peut savoir que son récit est faux et pourtant y persévérer avec les meilleures intentions du monde dans le but de promouvoir une cause aussi sainte. »
Au passage il égratigne les théories reliant trop directement Dieu avec les évènements qui agitent le monde, celles qui voient en toute chose la main divine. S'il en était ainsi, il serait impossible de juger aucune action humaine. Pour chaque crime, il faudrait par le jeu des causes et des effets, en rendre responsable Dieu créateur de tout, ce qui est absurde, car cela reviendrait à nier la nature criminelle des actes en question.

Pour éviter tout excès dans les raisonnements, il invite à garder le sens de la mesure : « Quand nous inférons une cause particulière d'un effet, il nous faut proportionner l'un à l'autre, et l'on ne peut nous accorder d'attribuer à la cause que les qualités qui suffisent exactement à produire l'effet. L'élévation, sur l'un des plateaux, d'un corps de dix onces peut servir de preuve que le poids antagoniste dépasse dix onces; elle ne peut jamais apporter une raison qu'il dépasse cent onces. »
Ces sages recommandations conduisent naturellement à se méfier de tous les postulats infondés, de toutes les idéologies, de tous les principes immanents auxquels tant d'êtres humains sont prêts à se soumettre, ou à soumettre les autres, sans chercher de preuve d'efficacité, sans évaluation, sans réfutation.
Il termine enfin sur ce conseil visant à apprécier à sa juste valeur tout ouvrage de philosophie : « Quand nous parcourons les bibliothèques, que nous faut-il détruire? Si nous prenons en main un volume de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous: Contient-il des raisonnements abstraits sur la quantité ou le nombre? Non. Contient-il des raisonnements expérimentaux sur des questions de fait et d'existence? Non. Alors, mettez-le au feu, car il ne contient que sophismes et illusions. »
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