Il y a des acteurs qui n'ont pas besoin de jouer pour remplir l'écran de leur présence. Ils irradient un tel charisme, une telle intensité, une telle force intérieure qu'il leur suffit d'être eux-mêmes. C'était le cas de
Bruce Lee. A chaque fois que je visionne un de ses films, je suis sidérée par le magnétisme qu'il dégage. Avec son regard de panthère à l'affût, son laconisme éloquent et sa musculature inouïe de finesse, il avait quelque chose d'un volcan toujours sur le point d'entrer en éruption.
Ce film, malheureusement, est le dernier qu'il termina avant de mourir à l'âge de 32 ans, en 1973. L'histoire, relativement simple, fusionne de manière habile deux traditions: le film d'action à l'américaine et le film d'arts martiaux oriental. Lee, jeune Shaolin particulièrement doué, est chargé d'une mission délicate: s'introduire, sous couvert de participer à un concours, sur l'île d'un dénommé Han, lui-même ancien Shaolin "reconverti" dans le trafic de drogue et la traite des blanches, et cela afin de mettre un terme à ses activités criminelles...
Pas de temps morts dans le scénario, les combats se succèdent rapidement, entrecoupés de scènes parfois drôles, parfois émouvantes, et même de clins d'oeil à James Bond, comme le méchant qui caresse un chat blanc! La réalisation de Robert Clouse, classiquement efficace, trouve dans la bande-son très "seventies" de Lalo Schifrin une alliée de poids, mais c'est bien sûr la prestation de Bruce Lee qui porte le film. Toujours aussi impressionnant, le "petit dragon" terrasse ses adversaires avec une facilité déconcertante, à coups de pied, de poing, de bambou, de nunchaku, ponctuant chacune de ses attaques foudroyantes par un de ses fameux "miaulements"...
Petite curiosité: Jackie Chan, dont le nom ne figure pas au générique, apparaît ici environ deux secondes, c'est-à-dire le temps de se faire briser la nuque par le Maître! Mais c'est quand même sympa de voir ces deux légendes des arts martiaux se croiser à l'écran, même fugitivement... En tout cas, voilà un film fort sympathique et qui, tel un bon vin, vieillit avec talent...