Professeurs fatigués de vos cours, ne regardez pas ce film, il vous rappellera les mauvais moments sans vous apporter des plages de repos ni d'espérance... !
Et d'abord, on n'a jamais vu un collège "sensible" où les élèves portent des vêtements aussi propres et se tiennent aussi sages en classe, malgré quelques crises d'agitation de temps à autre. Le professeur, quant à lui, ne sait plus s'il doit punir ou protéger : que fait-il là, on se le demande. Il se dandine tout le long du film, comme un mannequin lors d'un défilé de mode. Les élèves, eux, ont bien entendu des difficultés diverses et ne semblent pas convaincus par les richesses de la langue française. Bien entendu, nous sommes en banlieue, comme si la banlieue excusait tout et mettait tout élève au ban de la société !
Le personnel enseignant est à peu près crédible, celui qui m'a le plus convaincue est le Principal du Collège, bien reconnaissable à ses tournures de phrases, son accent, et ses initiatives. Les petits problèmes ridicules sont aussi abordés avec la machine à café qui coûte cher - c'est cela, l'Education Nationale.
On ne croit pas à ce film d'un bout à l'autre : dans la réalité, la violence des élèves et leur impertinence est bien plus élevée que celle qui est proposée dans ce film. A-t-on voulu montrer une classe édulcorée, avec ses bons (ou médiocres) petits élèves tout gentils et bien mignons ? Sans aucun doute, l'archangélisme triomphe, et surtout en ces temps où l'on veut que tout le monde soit beau, intelligent et gentil.
Aucun coup de théâtre, aucune émotion, aucune surprise. Le professeur se croit l'élément central, et le niveau est plutôt bas, comme de bien entendu. On s'ennuie d'un bout à l'autre, on espère, il n'arrive rien. Rien.
Les différentes péripéties : projet de renvoi d'une famille (dont on ne connait pas l'issue, d'ailleurs), exclusion d'un élève qui a blessé une jeune fille, mais qui passe pour un Saint, bien entendu, dans la bouche de sa mère, enfin, ô comble ! découverte, par une Esméralda qui n'a rien de l'héroïne de Victor Hugo, de la République de Platon, qui apparaît comme une apothéose ! L'élève a lu le livre de sa soeur et on dirait que cette initiative sauve le film tout entier ! Le fond est atteint, on a attendu pour rien qu'il se passe quelque chose d'intelligent, et il ne s'est rien passé : pire, dans les classes ordinaires, de la vie réelle, il se passe autre chose.
Un film récompensé parce que c'est la mode, désormais, de récompenser les films archangéliques, comme pour dire : "vous voyez, en France, dans les Collèges, ça va très bien. Les vilains sont punis et les paresseux nous étonnent, car ils lisent Platon ! Prenez-en de la graine, hein ! "
N'importe quoi, décidément !!! Honte au Festival de Cannes ! Honte ! Et je passe sous silence le livre, encore plus nul que le film !