« « N'oublions pas que les chrétiens ont fait des Croisades ! » A ce moment, c'est moi qui me suis fâchée, car j'en ai assez d'entendre présenter les Croisés comme des assassins sordides, et Saladin le Féroce comme un gentilhomme en frac. J'en ai assez d'entendre citer les Croisades pour justifier les abus, les insolences, les égorgements, les décapitations. Mais qui les a commencées, ces Croisades ? Qui a pris le Saint-Sépulcre, pour commencer ? Qui a envahi la moitié de l'Europe sous le signe du croissant, qui a conquis la moitié du monde à coups de cimeterre ? Qui se comporte aujourd'hui en patron chez nous ? L'Histoire est donc elle aussi une question d'opinion ?!? »
Cet extrait de la page 60 donne bien le ton enragé utilisé par Oriana Fallaci, qui en a ras-le-bol de la mollesse de l'Europe, qu'elle voit progressivement se transformer en Eurabie, à cause notamment de l'Union européenne qui a renié ses valeurs (référence à la Constitution européenne qui ne mentionne pas son histoire chrétienne comme son fondement culturel). Ras-le-bol du cancer moral qui ronge l'Occident et qui refuse de prendre ses responsabilités : « Nous sommes en guerre. C'est une guerre que nous n'avons pas souhaitée, que nous continuerons de ne pas souhaiter, mais que l'ennemi nous a déclarée, nous devons donc nous battre. C'est une guerre qui s'étend chaque jour, qui menace chaque jour de nous anéantir... »
Elle-même rongée par le cancer, Oriana Fallaci livre ici son dernier témoignage, complété par un ajout de taille : son « Apocalypse ». Le monstre à sept têtes et dix cornes décrit par Jean l'Evangéliste, Oriana Fallaci l'identifie clairement au terrorisme islamiste, responsable entre autres de la mort de 150 enfants à Beslan, en 2004. Elle qui se définit comme athée chrétienne termine son livre par le passage où Jean l'Evangéliste prophétise la défaite du Monstre : « Alors, je vis descendre du ciel un ange qui tenait dans sa main la clé du monde souterrain et une longue chaîne. Et l'Ange saisit le Monstre, le jeta dans le monde souterrain et en referma les portes à clé. Il scella ces portes pour que le Monstre ne puisse plus jamais abuser quiconque. Puis je vis s'asseoir sur le trône ceux que Dieu avait choisis pour juger les serviteurs du Monstre, les complices du Monstre. Ces juges, c'étaient les âmes des décapités, les âmes des gens que le Monstre avait tués parce qu'ils étaient du côté du Bien... »
Une fin vraiment apocalyptique. RIP Oriana.