Dumézil est une figure singulière dans la sphère académique française. Ni historien, ni linguiste. Il se donne lui même le titre de comparatiste. Une intuition atypique l'amène à se démarquer du parcours jusque là classique qui était le sien. Il songe à une origine commune pour des peuples allant aujourd'hui de l'Europe à l'Inde. Une vie entière passée à décortiquer des textes de toutes sortes vont lui montrer la présence des restes de cette civilisation qui était alors objet d'une grande spéculation. Il travaille le texte dans sa langue, l'apprenant du même coup, en sauve d'autre : l'oubykh (prononcé "oubour"), se passionne pour la Turquie, le quechua, etc.
On découvre un homme de grande modestie, un esprit vif et puissant qui met en lumière des vérités oubliées, traversant le siècle en traçant sa route. Au loin des tumultes de l'époque il croise, entre autres, Lévi-Strauss, Michel Foucault et Didier Éribon.