Erotisme d'antan? Vous pensez... Les années 70. Pour ne pas dire un siècle aujourd'hui où, lorsqu'on se retourne en arrière - les années 80 -,on a l'impression d'une vraie plongée dans l'histoire.
Dans cet opus, première réalisation de Jean Van Hamme, l'érotisme est, non pas dans la description gynécologique, mais entre les bulles. Les héros et surtout les héroïnes de Cuvelier sont tout en courbes, en désirs, en caresses. Les sourires ne sont pas de circonstance - nous ne sommes pas dans le porno - mais dans le rêve allégorique et dans l'alléchante envie de toucher, enfin, un corps agréable. Le scénario est, déjà, solide - désolé pour ceux qui pensent le contraire, Van Hamme savait déjà à l'époque trousser (pardon) une histoire. La quête de cette jeune femme dans une séduisante Antiquité grecque vaut autant que les plongées actuelles dans l'Héroïc Fantasy.
Quant à Paul Cuvelier, il met ici en oeuvre son envie de croquer les jolies nymphes, proches des Lolita - cf les aventures de Line. Il y réussit parfaitement car son trait est toujours à la limite de la rupture. Tout est donc déjà judicieux et croquignolet, évidemment à mille lieux de l'érotisme capitaliste contemporain. Mais est-ce vraiment un mal?