"Oxygène" était le disque de l'air, "Equinoxe" est celui de l'eau... Le premier était lumineux, celui-ci plutôt clair obscur...
Des courants le traversent, comme une rivière qui coule, pour finir par se jeter dans la mer, au loin...
La nuit s'éloigne mais c'est une journée tourmentée qui s'annonce ... le ciel est comme le métal, recouvert par endroits de gros nuages sombres; des gouttes de pluie sur la vitre... un rivage désert, une grande falaise noire, et le ressac incessant des vagues... des arbres dans la tempête... quelques éclaircies percent entre les averses, et puis c'est l'arrivée du crépuscule majestueux, avant que la nuit ne recouvre à nouveau toutes choses, alors que l'on est bien au chaud et qu'on imagine les éléments qui se déchaînent au-dehors......
Jean-Michel Jarre réussit à me faire rêver, planer, me transporte grâce à son génie des synthétiseurs (nombreux et variés), mélange de sons évoquant les éléments naturels (vent, pluie, courant...) et de sonorités plus abstraites, aux airs mémorables et sublimes (comme un Brahms électronique), dans un flux qui m'emporte avec délice... Une densité et une force descriptive musicale étonnantes.
On n'a qu'à mettre le casque sur les oreilles et fermer les yeux : on est transporté sur la planète Equinoxe !
Une oeuvre remarquablement fluide, admirablement équilibrée, construite et interprétée, romantique sans être mélancolique, rythmique aussi, et prenante du début à la fin.
Un pur chef-d'oeuvre de la musique électronique, que le temps qui passe n'a en rien altéré, comme les marées des océans éternels...
Tout simplement l'un de mes trois ou quatre albums préférés, tous genres confondus.