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30 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
UNE ESPERANCE DE TOLERANCE,
Par BAGRATION "GEKKO MODO, L'AMI DES BETES" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Erasme (Poche)
Erasme, inspirateur de Luther (qui lui reprochera furieusement de ne pas l'avoir rallié en lui disant "tu n'es pas pieux"), Erasme fidèle à sa foi qu'il voulait intériorisée, apaisée, épurée de ses scories passionnelles, mais surtout Erasme "créateur" d'un concept nouveau, la Tolérance (pour paraphraser Saint Just : " la tolérance, une idée neuve en Europe"), c'est cet Erasme là que nous raconte Stefan Zweig. Né pauvre, élevé à la dure dans un siècle dur, il deviendra Conseiller des Princes et donnera à la foi chrétienne une impulsion qu'elle gardera jusqu'à Vatican II (naissance du Protestantisme, contre-Réforme soclée par les décisions du Concile de Trente, violences intereligieuses liées aux abus fanatiques ni voulus, ni espérés ni soutenus par Erasme).Cette biographie, outre son intérêt propre, est une précieuse introduction aux travaux d'historiens, traitant du XVI ème siècle religieux, et faisant autorité tels que Lucien Febvre, Hugh Trevor-Roper, Pierre Chaunu, Elie Barnavi pour ne citer qu'eux. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Erasme celui qui a joué avec le feu...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Erasme (Poche)
Stefan Zweig à travers la biographie d'Érasme (1469-1536), nous plonge en plein dans l'atmosphère de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance en Europe.Cette biographie est un bouillon de culture passionnant et enrichissant (parfois pour comprendre les personnages cités gardez votre encyclopédie sur votre table de chevet). Il est vrai que l'on peut reprocher à Zweig de réécrire une histoire de l'intolérance religieuse montante à sa manière -ce qui biaise un peu la réalité historique de son temps- mais comment lui reprocher vraiment, lui qui a connu la montée des totalitarismes en Europe. Certains disent qu'il s'agit d'une autobiographie masquée de Zweig, personnellement je trouve que son ouvrage sur Montaigne est réellement son autobiographie secrète. En somme, ce livre nous montre un Érasme plein de bonnes intentions "Humanistes", qui en critiquant certains points de la doctrine de l'Église, va laisser une brèche dans laquelle Luther avec beaucoup plus de violence amènera la rupture, puis la guerre. Chose que notre triste Érasme regretta amèrement... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Erasme, le maître de l'humanisme,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Erasme (Poche)
1935. Stefan Zweig s'est exilé à Londres, fuyant l'antisémitisme exacerbé en Autriche. Il a publié un an plus tôt le remarquable ouvrage "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme". Il n'ose totalement envisager la reprise du combat qu'il avait mené avec quelques intellectuels dont Romain Rolland, pendant la Première Guerre Mondiale, pour réinstaurer un humanisme en Europe (cf. "Le Monde d'hier"). le déchaînement de la violence en Allemagne et en Autriche révèlent de manière certaine les marques de la barbarie, une pénible régression en Europe. Annoncent-ils la prochaine guerre ?C'est dans ce contexte de prise de conscience dramatique que l'humaniste Stefan Zweig écrit la biographie d'un philosophe, maître de l'humanisme de la Renaissance, Erasme, connu des étudiants pour son chef d'oeuvre "Éloge de la folie" - qu'il me faut relire. Erasme de Rotterdam (1466 ou 1469 - 1536), enfant bâtard d'un prêtre, très jeune orphelin, recueilli par l'Eglise, devint prêtre, fonction qu'il n'assura jamais, ayant été autorisé à vivre en laïc. Grand lettré, philosophe, il fut admiré des plus grands esprits et politiques en Europe. Il était LA référence intellectuelle de son temps, brillant, oeuvrant pour les progrès de la civilisation : "Erasme et les siens croyaient la civilisation capable d'améliorer les hommes et ils espéraient que la vulgarisation de l'étude, des belles-lettres, de la science, de la culture développerait les facultés morales de l'individu en même temps que celles des peuples." Erasme est un chrétien pacifiste ("christianisme n'est pour lui que le synonyme de haute et humaine morale"), très exigeant envers lui-même comme il le déclarait : "où que tu rencontres la vérité, tiens-la pour chrétienne". Il est gouverné par les deux lois de "la bonne volonté et de la liberté de conscience". C'est l'homme de la concorde, de la tolérance. Le grand adversaire de Erasme survient dans sa cinquantième année, brutalement, en révolutionnaire : Martin Luther. "Luther, c'est en quelque sorte l'explosion à travers le monde de tout ce qui est allemand". Luther, dont l'honnêteté est soulignée par Zweig, est portraituré comme un guerrier. "Dans la lutte, le très éminent docteur en théologie devient aussitôt un lansquenet : 'Quand j'arrive, je cogne à coups de massue'; une grossièreté inouïe, une véritable frénésie s'emparent de lui, il saisit indistinctement toutes les armes qui lui tombent sous la main, l'épée étincelante de la dialectique et la fourche pleine de fumier et d'ordures (...)" Face à l'irruption de l'intolérance, de l'intransigeance, et pire encore, du dévoiement du débat théologique dans le peuple ignorant et brutal, Erasme compose, veut apaiser sans prendre le parti d'un camp ou de l'autre. Erasme est faible. Il craint tellement la confrontation qu'il la fuit. Il ne saura, hélas, jamais s'exposer physiquement pour défendre la position de concorde, de tolérance, qu'il exprime à travers ses nombreux écrits. Aurait-il pu éviter les guerres de religion, les bains de sang s'il était venu à la Diète d'Augsbourg ? "Rien ne démontre plus clairement que ce n'est pas le blâme d'un abus qui est décisif au point de vue historique, mais bien l'expression donnée à ce blâme." Stefan Zweig, avec son rare talent de peintre des ombres et lumières de la psychologie humaine, passionné de philosophie, de littérature, d'histoire, saisit sans complaisance le portrait d'un grand humaniste, apôtre de la tolérance, qui ne sut passer aux actes dans les moments critiques de l'Histoire. Zweig nous livre une analyse profonde, à méditer, dont nous retrouverons la teneur chez Marc Bloch ("L'Etrange Défaite") : "C'est justement l'attitude des humanistes à l'égard du peuple, leur insouciance des réalités qui a enlevé dès l'origine toute possibilité de durée à l'empire d'Erasme et qui a arrêté la force d'action de ses idées ; leur faute fut de vouloir instruire le peuple de haut, au lieu d'essayer de le comprendre et de se laisser enseigner par lui." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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