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Commentaires client les plus utiles
22 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un Prokofiev historique et moderne,
Par Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Erich Leinsdorf dirige Prokofiev (Coffret 6 CD) (CD)
Nouvelle bonne idée de RCA : regrouper en un coffret économique les enregistrements Prokofiev d'Erich Leinsdorf lorsqu'il était à la tête de l'Orchestre Symphonique de Boston, de 1962 à 1969. Un leg pour l'essentiel déjà édité il y a quelques années chez Testament, mais dont on regrettera à nouveau l'absence de la Suite Scythe (1966) et de la Symphonie Concertante pour violoncelle (1963, avec Samuel Mayes), jamais édités en CD (c'était pourtant l'occasion !).L'intégrale des Concertos pour piano est la première qui fut gravée au disque, entre 1965 et 1969. Le pianiste américain John Browning fait sensation dans ce répertoire, avec un jeu athlétique et percutant servi par une technique remarquable et un sens inné de l'articulation. Un Prokofiev impulsif et viril, impétueux et même audacieux, mais aussi sincère et généreux. L'entente est parfaite entre le soliste et un orchestre qui se montre plein de fougue, sous la baguette énergique du chef d'origine autrichienne. On peut évidemment aller chercher ailleurs des références incontournables pour chaque concerto pris individuellement; mais avec une telle force et une telle cohésion, cette première intégrale n'a manifestement pas quitté les sommets de la discographie depuis quarante ans. Le 1er concerto pour violon, capté en avril 1964, permet de retrouver le trop rare Erik Friedman; âgé ici d'à peine 24 ans, ce disciple de Milstein et Heifetz (avec qui il enregistra le double concerto de Bach en 1960) nous fait une démonstration d'archet coloré et de virtuosité élégante teintée d'un vibrant lyrisme. Le second concerto pour violon, capté en décembre 1966 (et autrefois couplé aux deux sonates pour violon et piano avec Ashkenazy), s'impose par l'archet lumineux d'Itzhak Perlman; la noblesse fragile imposée par le soliste est mise en relief avec une densité remarquable par un orchestre au diapason. Les Symphonies n°2 op.40, n°3 op.44, n°5 op.100 et n°6 op.111, sont captées entre 1964 et 1968. Un Prokofiev fièvreux, vigoureux et parfois même brutal, mais aussi chaleureux et lyrique, surprenant et moderne. Pleines de contrastes et de tension, souvent éminentes de méticulosité, ces interprétrations symphoniques de Leinsdorf sont faites de verre, de granit et d'acier. Enfin, un dernier CD nous propose une sélection du ballet Romeo et Juliette, ansi que la suite Lieutenant Kijé dans sa version avec baryton (ici David Clatworthy); des enregistrements toujours excellents, robustes et brillants, même si ils laissent ici un goût de trop peu. Des Concertos aux sommets, des Symphonies remarquables dont on soulignera une 2ème et 3ème particulièrement réussies; au total un Prokofiev à la fois historique et moderne, dont on pourra éventuellement regretter par moment une certaine sécheresse ou un manque d'âme russe, mais qui n'a rien perdu de son intérêt et de sa force. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Superbe coffret,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Erich Leinsdorf dirige Prokofiev (Coffret 6 CD) (CD)
Je viens d'écouter toutes les oeuvres présentes dans ce coffret et je suis saisi à la fois par le très grande qualité de l'interprêtation et la qualité d'enregistrement (non attendue en raison des dates). Je le recommande. C'est se faire un super cadeau à bas prix!
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4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Quelques chefs d'œuvre de Prokofiev sous la baguette d'Erich Leinsdorf,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Erich Leinsdorf dirige Prokofiev (Coffret 6 CD) (CD)
Entre 1963 et 1969, Erich Leindorf, chef d'orchestre autrichien, à la tête du Boston Symphony Orchestra, grava plusieurs des œuvres orchestrales de Prokofiev. Sony, dans sa collection Master, sous le label RCA a eu l'excellente idée de réunir ces enregistrements en un coffret de six CD. La présentation en est réduite au strict minimum : aucun livret, le détail des pistes au dos de chaque pochette cartonnée, avec le minimum d'informations sur les dates et lieux d'enregistrement. Il est vrai que le prix en est très attractif et, surtout, que le contenu en est très alléchant : l'intégrale des concertos pour piano, les deux concertos pour violon, les symphonies n° 2, 3, 5 et 6, des extraits de Romeo et Juliette, Lieutenant Kijé.Il faut reconnaître que les symphonies sont d'une grande réussite. Leinsdorf parvient à restituer parfaitement le sens génial de l'orchestration de Prokofiev. En particulier, on retrouve avec un rendu saisissant la violence de cette étrange 2e symphonie, avec ses deux mouvements, qui surprit tant le public Parisien lors de sa première (on était pourtant à l'époque du Sacre du printemps, de la Suite Scythe, et de Pacific 231 qui semble avoir beaucoup intéressé Prokofiev), et un souci réjouissant du détail (écouter la 5e variation du second mouvement). On se régale aussi à l'écoute de la symphonie n° 3, avec le lyrisme sombre de son premier mouvement et la violence glaçante du final. Les deux concertos pour violon, où c'est cette fois le génie mélodique du compositeur qui est mis en valeur, sont également excellents. Erick Friedman fait des merveilles dans le premier, et Ithzak Perlman dans le second. En ce qui concerne Lieutenant Kijé, c'est une version chantée, avec le baryton David Clatworthy, que le chef a choisi d'enregistrer. J'avoue pour ma part avoir une préférence pour la version purement orchestrale. Mais on n'en retrouve pas moins toute l'ironie douce amère qui se dégage de l'histoire de ce Lieutenant purement fictif né de la plume d'un fonctionnaire distrait et dont furent organisées, pour cacher l'erreur à l'empereur, les noces et les obsèques (d'après une nouvelle de Iouri Tynianov inspirée d'un fait véridique). Quant à Romeo et Juliette, il s'agit donc d'extraits, c'est-à-dire de plusieurs pièces tirées des différents actes du ballet. Parfois, ce sont même des extraits de certaines pièces, comme pour la dance des chevaliers qui a été réduite environ de moitié. C'est un choix que d'autres dirigeants ont faits, plutôt que de se tourner vers l'une des suites tirées du ballet par le compositeur lui-même, ce qui leur permet de parcourir l'intrigue du ballet jusqu'au bout. Là encore, l'interprétation en est parfaitement réussie, qu'il s'agisse de la fraicheur de l'évocation de Juliette jeune fille, du bal, avec ces chevaliers quelque peu menaçants, du combat épique entre Roméo et Mercutio, ou de la tragique mort de Juliette. Toute la finesse de l'orchestration et des matériaux mélodiques, tout à l'opposé de la 2e symphonie, est rendue avec bonheur. Je reste en revanche plus dubitatif à l'égard des concertos pour piano qui me paraissent affectés de deux défauts qui s'accumulent par moment. Le premier tient au jeu du soliste, John Browning, qui me semble d'une certaine lourdeur. Lourdeur elle-même accentuée par une prise de son, et c'est le second défaut, déséquilibrée entre l'instrument et l'orchestre, si bien que dans le premier mouvement du concerto n° 3, le piano s'en trouve saturé et comme écrasé. Mais même en dehors de ce passage, le pianiste paraît trop présent et trop plaqué dans les passages où il devrait être plus discret. Je n'arrive pas à retrouver dans ces interprétations les relations particulièrement subtiles que Prokofiev avait établies entre l'orchestre et le piano. C'est certainement une question de goût, mais pour ma part j'éprouve une nette préférence pour les intégrales de Michel Beroff avec Kurt Masur ou de Vladimir Ashkénazy avec André Previn. Ces quelques réserves n'enlèvent rien néanmoins à tout l'intérêt de ce beau coffret que l'on peut vivement recommander. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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