Dans ce disque nous avons la 4e partie de la fresque symphonique "les voyages d'Ulysse" dont les 3 premiers sont enregistrés sur l'autre disque CPO.
La 4e partie est encore plus étendue (28 mn) et renferme les qualités et le défauts des autres épisodes. Une orchestration colorée, dense, inventive, de style tres romantique mais une teneur mélodique un peu limitée et peu mémorable. De fait, ce mouvement traine un peu en longueur et aurait gagné à être plus condensé. Mais comme les autres épisodes font 17 à 19 minutes, il y aurait eu peut être un déséquilibre. Néanmoins ce projet symphonique ambitieux d'une jeune compositeur tient bien ses promesses et le retour triomphal d'Ulysse couronne majestueusement cette oeuvre ambitieuse.
Deux autres morceaux sont au programme: un poème symphonique Taormina et un "épilogue symphonique à une tragédie".
Taormina est le fruit d'un voyage en Sicile: on y retrouve une orchestration encore plus aboutie que dans "Les voyages d'Ulysse" (l'oeuvre est postérieure). Lever de soleil impressionniste, chant de pélerins rappelant Tannhauser,paysages sauvages, coucher de soleil avec cloches dans le lointain. C'est plutot réussi et on peut l'écouter sur you tube
L'épilogue symphonique est beaucoup moins personnel. Un disque bien rempli et on peut remercier donc CPO de nous faire découvrir des oeuvres inconnues du répertoire symphonique romantique du début du 20e siècle
Ernest Boehe n'est pas un compositeur "génial" oublié mais un honnête compositeur qui a vécu dans l'ombre de géants et dont le style romantique a pu paraître tres vite dépassé en 1909-1910 de sorte que Boehe a semble t il arreté la composition pour se consacrer à la direction d'orchestre (notes excellentes et détaillées du livret en francais)