Je suis Eshu. Je suis un orisha, un dieu métis africain et américain. Je suis enfant et aussi vieillard, je suce mon pouce et je fume la pipe et j'ai le droit de le faire même quand tous les autres ne l'ont pas. J'aime bien faire des farces, j'aime bien faire l'amour mais je n'ai pas d'enfant et j'ai toujours faim. Si tu veux parler aux esprits et connaître ton avenir, passe par moi : il faut lancer les cauris et dire les proverbes. Je suis né au marché d'Ifé, au Nigéria mais je suis aussi au Brésil, à Cuba et en Haïti, parce que j'ai suivi les miens quand on les a faits esclaves. Ils ne m'ont pas oublié. Je suis toujours au seuil de leurs maisons et aux carrefours et je sais que je suis bien servi, qu'avec eux je ne manque de rien. Dans le vaudou, je suis un loa, Papalegba. Mais je suis toujours aussi là-bas, chez les Yorubas, au Nigéria ou au Bénin. Erwan Dianteill et Michèle Chouchan ont écrit tout cela et beaucoup d'autres histoires dans leur livre, pas trop gros, pas trop petit. Ils me connaissent bien, lisez leur livre, et vous comprendrez pourquoi les miens me sont restés fidèles même quand ils ont appris la religion des Blancs. Erwan et Michèle m'ont suivi aussi chez les artistes : Wifredo Lam m'a mis partout dans ses peintures, avec ma tête ronde et mes yeux tout ronds, Jorge Amado dans ses romans et Fela dans ses chansons et beaucoup d'autres musiciens comme Fats Domino dans son jazz ou Michael Jackson dans ses clips. Je suis toujours là, à tous les carrefours, moi « Eshu, dieu d'Afrique et du Nouveau Monde ».