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Personnage clef de la scène électronique britannique depuis les années 80, Gerald Simpson est assez avare en enregistrements. Cinq années séparent en effet ce superbe
Essence de son emblématique
Black Street Technology. Simpson, qui avance plus volontiers sous le masque de A Guy Called Gerald (GCG pour les intimes), réussit à lier musique électronique et songwriting plus classique. Là réside la force de ce disque gorgé de soul. Les options choisies ont beau naviguer entre drum'n'bass soft, deep house sensuelle et mousse de dub, GCG ne se vautre jamais dans la rabâchée musique atmosphérique, idéale pour faire pousser les tomates.
Essence propose de vraies chansons électroniques et non une simple bande-son pour salon d'esthètes (de noeud). Pour ça, il s'est entouré d'une cour de voix féminines de toute beauté : Louise Rhodes des anecdotiques Lamb, Lady Miss Kier échappée de feu Deee Lite (avec qui GCG travailla en 1997), et la chanteuse/songwriter Wendy Page, apportent toutes âme et profondeur. Après avoir surfé sur la bonne vieille house de Chicago, la techno cérébrale de Detroit, l'acid-house typiquement britannique, la jungle et la drum'n'bass, Simpson mériterait enfin de ramasser plus que l'habituel succès d'estime underground auquel il est abonné depuis la fin des années 80. Des Scratchbeat Masters à A Guy Called Gerald en passant par son passage éclair, mais majeur, chez 808 State, ses remixes pour Tricky, Bowie, Can, les Stone Roses et consorts, Gerald Simpson poursuit son parcours sans faute.
--Marc Zisman
Critique
Certains artistes ont la créativité chevillée au corps. C'est le cas de A Guy Called Gerald, nourri aux sound systems, éduqué au hip-hop et dépucelé à la house music. Cette culture de base, riche et diversifiée, en fait un des acteurs les plus ouverts de la scène electro.
D'abord pionnier de l'acid house et de la jungle à Manchester, A Guy Called Gerald est parti en 1997 se reposer à New York. Se reposer, peut être pas, se relaxer certainement étant donné la teneur de
Essence, premier album de son séjour new-yorkais.
A Guy Called Gerald, se tourne avec bonheur vers l'ambient, un ambient stylé au détour duquel se glissent quelques réminiscences drum & bass (
« Multiplies »). Ici pas de loungeries faciles, pas de samples de jazz pour faire joli, pas de fausses langueurs latino, A Guy called Gerald construit une vraie musique introspective à la beauté tenace.
Essence est fait de textures ciselées, de notes éparses, de voix filtrées, d'espace à remplir.
« Glow » est une fenêtre ouverte sur un soleil voilé,
« Landed » est un atterissage progressif sur une planète étrange.
Avec
Essence, A Guy Called Gerald montre qu'il est un réel musicien et que sa longévité ne doit surtout rien au hasard.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story