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Catherine Kitty Genovese n’aurait pas dû sortir seule ce soir de mars 1964 du bar où elle travaillait, une nuit de grand froid, dans le Queens, à New York. Sa mort a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle. » On arrête peu de temps après le meurtrier, monstre froid et père de famille. Rien de plus. Une fin anonyme pour cette jeune femme drôle et jolie. Mais sait-on que le martyre de Kitty Genovese a duré plus d’une demi-heure, et surtout que trente-huit témoins, bien au chaud derrière leurs fenêtres, ont vu ou entendu la mise à mort ? Aucun n’est intervenu. Qui est le plus coupable ? Le criminel ou l’indifférent ? Récit saisissant de réalisme et réflexion sur la lâcheté humaine, le roman de Didier Decoin se lit dans un frisson.
Un roman dur et poignant, plein de doutes et d’humanité. Le Monde.
Scénariste et écrivain, Didier Decoin est notamment l’auteur de John l’Enfer (Seuil, prix Goncourt 1977), La Femme de chambre du Titanic (Seuil, 1991), Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (Grasset, 2009), et, chez Stock, de Henri ou Henry, le roman de mon père (2006), Une Anglaise à bicyclette (2011). Il est membre de l’académie Goncourt et président des Écrivains de marine.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Choquant par les faits, mitigé sur la forme,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (au cinéma : 38 témoins) (Broché)
Tiré d'un fait réel, ce roman retrace un fait divers survenu en 1964 en plein coeur du Queens à New-York.Une jeune femme sans histoire Kity Genovese est sauvagement tuée à coups de coteau en pleine nuit, dans la rue. Un fait tragique mais le plus aberrant est que plusieurs voisins ont été témoins de l'agression et n'ont rien fait. Le meurtrier Moserley Winston est déjà l'auteur de plusieurs agressions sur des femmes mais aussi de cambriolages et c'est lors de l'un d'eux qu'il est arrêté. Cette histoire a fait "naître" en psychologie le syndrome de Kity Genovese expliquant que plus les témoins d'un fait tragique sont nombreux moins les chances sont grandes pour qu'on lui porte secours, chacun des témoins se reposant sur l'autre pour porter secours en se disant que l'autre fera le premier pas. J'ai pris connaissance de ce syndrome grâce à ce livre. Cette histoire et choquante et nous renvoie à nous même. Qu'aurions-nous fait dans cette situation, comment aurions-nous réagi? Bien-sur qu'on lui aurait porté secours!mais tant que la situation ne se présente pas nous ne saurons jamais réellement ce que nous ferions. Malgré tout, j'ai trouvé le début du livre et certains passages sans grand intérêt. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Le procès de l'indifférence,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (au cinéma : 38 témoins) (Broché)
Les psychologues ont caractérisé un « syndrome Kitty Genovese » autrement appelé « effet du témoin » à partir d'un fait divers survenu à New York le 13 mars 1964. Une jeune femme de 28 ans -Kitty Genovese- est poignardée à mort dans la nuit au bas de son immeuble puis violée, dans le Queens, à New York. Malgré ses appels au secours, qui réveillent les voisins, aucun n'intervient. Les psychologues en tirent un sorte de loi selon laquelle la probabilité d'intervention du témoin d'un crime est inversement proportionnelle au nombre des témoins présents. On peut évidemment discuter de cette prétendue règle et faire une analyse un peu différente des faits. Le propos de Didier Decoin n'est pas là, même s'il utilise cet éclairage. Il s'agit pour lui de faire revivre cet épisode tragique, à la manière romanesque et documentée de Truman Capote, mais avec plus encore de savoir faire. Chacun des personnage est mis en scène par la truchement du narrateur, qui, grand pêcher de truites fariots, n'a pas assisté aux faits, mais habite l'immeuble et les reconstitue un peu à la manière de notre mauvaise conscience. Il fait un portrait sensible de la victime, jeune et jolie immigrée italienne courageuse et émancipée, dans une société qui tolère mal la différence. Il dresse le portrait minutieux et effrayant de l'agresseur, Winston Mosley, tranquille père de famille le jour et tueur en série la nuit, Docteur Jeckyll et Mister Hyde. La mise en place du décor, la caractérisation des personnages, la progression de l'action sont conduits dans un style d'écriture très américain et d'une grande efficacité. On y apprend aussi beaucoup sur cette société paradoxale : le traitement magistral du fait divers par la presse, l'étrange posture d'un juge hostile à la peine de mort qui la prononce néanmoins, l'absence d'incrimination en droit américain de la non assistance à personne en danger , l'hypocrite contrôle social sur les conduites jugées non conformistes ( Kitty vivait avec une compagne), les impondérables d'une procédure pénale qui a permis au coupable d'échapper à la peine de mort et d'être prochainement libérable en 2010, à 72 ans, sans avoir véritablement regretté son acte autrement que comme ayant pu « présenter des inconvénients pour les membres de la famille de la victime».... Par la reprise des minutes du procès, par la reconstitution minutieuse des circonstances, c'est le procès d'assises du criminel et de l'indifférence que met en scène dans toute son horreur et son absurdité ce récit saisissant.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Poignant,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (Broché)
L'histoire de cette femme poignardée par un malade mental, agonisant seule dans la rue par une nuit d'hiver, quasiment sous les yeux de tout le voisinage ne peut que prendre aux tripes. Il est vrai que la polémique faisant rage, histoire vraie relatée avec fidélité ou totalement romancée et remaniée par l'auteur, a tendance à amoindrir la force de l'ouvrage. Il n'en demeure pas moins une vraie base de réflexion sur la lacheté humaine et sur le fonctionnement d'un groupe d'individus. Quand bien même le roman ne serait que pure fiction, on ne peut s'empêcher de se demander: qu'aurions-nous fait?
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